Comme lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, l'application de rencontre gay Grindr a annoncé le blocage de ses fonctions de géolocalisation dans le village olympique de Milan-Cortina afin de protéger les athlètes participant aux Jeux olympiques d'hiver d'un outing pouvant les mettre en danger.
Si 44 athlètes ouvertement LGBT participent aux Jeux olympiques (JO) d'hiver 2026, d'autres ne sont pas out. C'est dans le but de garantir leur sécurité, sachant que 60 pays criminalisent toujours l'homosexualité, que Grindr a annoncé, ce 2 février via son blog, la restriction de ses fonctionnalités dans le village olympique. "Lorsque les Jeux olympiques approchent, les athlètes font l'objet d'une attention mondiale sans pareille, tant sur le podium qu'en dehors. Pour les athlètes homosexuels, en particulier ceux qui n'ont pas révélé leur orientation sexuelle ou qui viennent de pays où l'homosexualité est dangereuse ou illégale, cette visibilité crée de réels risques pour leur sécurité", explique l'application de rencontre gay.
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Concrètement, les athlètes pourront toujours utiliser l'application, mais les fonctionnalités "Roam" et "Explorer", qui permettent aux utilisateurs de consulter des profils dans des zones géographiques précises, sont désactivées à l'intérieur des limites du village. Ainsi, personne en dehors de celui-ci ne pourra venir fouiner pour identifier les profils présents ou leur envoyer des messages. De même, la fonctionnalité "Afficher la distance" y est également désactivée par défaut.
Grindr, JO et outing
Durant toute la période des jeux, Grindr a par ailleurs décidé d'offrir aux athlètes l'accès à des fonctionnalités habituellement payantes : les messages éphémères, automatiquement supprimés après avoir été lus, ainsi que la fonction "Annuler l'envoi" qui supprime les messages des deux côtés d'une conversation, et enfin le blocage des captures d'écran.
Les options de sécurité sont également renforcées avec la gratuité de la fonction "Signaler une conversation récente", qui permet aux utilisateurs de signaler une conversation jusqu'à 24 heures après sa fin. Grindr affirme encore qu'elle multipliera les messages de prévention à l'égard des athlètes, avec des rappels hebdomadaires sur les risques spécifiques à l'environnement olympique, des liens vers ses guides multilingues sur la sécurité et la confidentialité, et des ressources de sécurité fournies par le Comité international olympique (CIO). Enfin, les utilisateurs présents dans le village olympique seront ciblés, en lieu et place des publicités, par les messages de Grindr for Equality, axés sur la santé et la sécurité.
Des mesures similaires avaient déjà été prises lors des Jeux de Pékin en 2022 puis des Jeux de Paris en 2024, et s'expliquent par des mises en cause de Grindr dans des outings d'athlètes. Ainsi, durant les Jeux de Rio, en 2016, le média américain The Daily Beast avait trouvé malin de publier un article intitulé "J'ai eu trois rendez-vous Grindr en une heure au village olympique" dans lequel le journaliste – hétéro – racontait comment il avait utilisé l'appli pour partir à la chasse aux athlètes gays, livrant au passage des détails susceptibles de révéler leur identité. Lors des Jeux de Tokyo, en 2021, des utilisateurs de Tik Tok s'étaient amusés à géolocaliser des sportifs présents dans le village olympique et à dévoiler des captures d'écran. "À tous les athlètes pionniers qui se rendent en Italie : nous sommes fiers de vous soutenir et nous avons hâte de vous voir briller", conclut Grindr, réaffirmant son soutien aux athlètes LGBT+.
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Crédit photo : Grindr