justiceLe meurtrier d'un septuagénaire gay condamné à 25 ans de prison

Par Tessa Lanney le 06/03/2026
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Un homme de 25 ans a été condamné pour l'assassinat d'un septuagénaire gay qu'il avait rencontré sur le site Coco.

Il prétendait vouloir "débarrasser la terre d'un pédophile dégoûtant". La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné, ce jeudi 5 mars, un jeune homme à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat en 2023 d’un homme de 70 ans à Marseille. Les jurés ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans après sa libération, "tant la dangerosité du jeune accusé a occupé les débats". L’avocat général avait requis trente ans de réclusion, au nom du "risque de réitération".

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La victime, un septuagénaire gay, avait rencontré en août 2023 son meurtrier, alors âgé de 18 ans, par le biais du site de chat anonyme Coco, fermé l'année suivante par la justice. Ils ont eu des relations sexuelles tarifées. Trois jours plus tard, le jeune homme est revenu au domicile de la victime avec son frère cadet, âgé de 14 ans. D'après l'enquête, les deux adolescents ont alors immédiatement porté à l’homme de multiples coups de couteau avant de l’égorger dans sa baignoire. Un médecin légiste a évoqué au procès une "quasi-décapitation". Les deux frères sont ensuite repartis avec le téléphone de la victime, les clés de son appartement et de l’argent. Malgré ces éléments, l’accusation a écarté l’hypothèse d’un mobile principalement crapuleux.

Un environnement viriliste

Le frère mineur a été jugé séparément en mai 2025. La chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle, avec application de l’excuse de minorité. Devant la cour d’assises, le procès de l’aîné s’est concentré sur le mobile du crime. Pour le ministère public, l’accusé s'était investi de la mission de punir un homme qu’il soupçonnait de pédophilie.

Lors de l’audience, l’avocat général a souligné que l’accusé "revendiquait son acte" et "se présentait comme une espèce de justicier face à la décadence de la société". Il en a profité pour rappeler que "la justice se rend dans les prétoires". L’instruction avait déjà relevé plusieurs déclarations préoccupantes, notamment lorsque l’homme aujourd'hui âgé de 25 ans a évoqué son "désir de voir ce que ça faisait d’ôter la vie". Au cours de sa scolarité, plusieurs enseignants avaient signalé son intérêt marqué pour les armes, passion transmise par son père, ainsi que ses dessins représentant des scènes de décapitation, éléments discutés au procès pour éclairer sa personnalité.

Les débats ont aussi porté sur son environnement familial et sa situation personnelle. Ont été évoquées une socialisation décrite comme viriliste, une familiarité avec les armes et une homosexualité présentée comme impossible à assumer. Un expert psychiatre a indiqué que le jeune homme présentait un trouble du spectre autistique, caractérisé notamment par l’isolement et des difficultés à décoder les émotions d’autrui. Pour la défense, les jurés ont "pris la mesure de toute la complexité de ce drame" et sont "allés au-delà de l’horreur du crime" pour comprendre les circonstances qui ont conduit "un gamin de 18 ans, jamais condamné", à commettre cet acte.

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