Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a promulgué la nouvelle loi homophobe qui double les peines de prison pour homosexualité dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Le Sénégal s'enfonce délibérément dans l'obscurantisme. Quelques jours avant sa fête nationale, qui commémore le 4 avril l'indépendance du pays de Léopold Sédar Senghor acquise en 1960, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué la loi qui durcit la répression de l'homosexualité.
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Signée le 27 mars mais publiée ce lundi au Journal officiel du Sénégal, la loi punit de 5 à 10 ans de prison les actes "contre nature", à savoir l'homosexualité, la nécrophilie et la zoophilie. Le texte prévoit par ailleurs 3 à 7 ans de prison pour "l'apologie d'un acte contre nature", soit tout procédé "tendant à promouvoir l'homosexualité, la bisexualité, la transsexualité, la zoophilie, la nécrophilie ou toute autre pratique assimilée".
Le Sénégal homophobe depuis 1966
Introduite en 1966 dans le Code pénal sénégalais, la persécution légale des homosexuels a été durcie le 11 mars par une écrasante majorité de l'Assemblée nationale : 135 voix pour, aucune contre et trois absentions. "Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays", avait alors lancé la députée Diaraye Bâ du haut de la tribune, sous les applaudissements de certains de ses collègues.
Cela fait plusieurs années que des associations religieuses de ce pays très majoritairement musulman réclament la "criminalisation" de l'homosexualité, au nom de la lutte contre les valeurs occidentales. Ces dernières semaines, dans la foulée du vote au Parlement, s'intensifie le climat de chasse aux homos au Sénégal, où l'on rapporte quotidiennement des arrestations de personnes supposées homosexuelles et de multiplications des attaques en ligne.
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Crédit photo : John Wessels / AFP