internetRéouverture du site Coco : une enquête ouverte sur Cocoland

Par têtu· avec AFP le 29/04/2026
Le chat Coco est devenu Cocoland.

Les autorités enquêtent sur la réapparition, sous la forme du site Cocoland, du tchat Coco. Cité dans le procès Pelicot ainsi que dans de nombreuses affaires de guets-apens homophobes, ce dernier avait été fermé par la justice en 2024.

"Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur la réouverture du site internet, confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie nationale." Le ministère public a confirmé ce mardi 28 avril à l'Agence France-presse (AFP) se pencher sur la réapparition du tchat Coco, fermé en 2024 après avoir été accusé d'avoir facilité la commission d'agressions sexuelles, notamment dans l'affaire Pelicot, et de guets-apens homophobes.

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Mi-avril, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, avait alerté sur la résurgence de ce site internet, après les révélations de Ouest France sur l'apparition du site Cocoland, avec une nouvelle adresse URL. Un "retour du site Coco" qu'elle a qualifié de "gifle" et de "faillite collective face à l'une des violences les plus graves : la pédocriminalité". "Il y a des procédures qui sont lancées, elles permettront de les faire fermer, on les traquera, on les harcèlera, on ne leur laissera pas de répit", avait alors promis Sarah El Haïry. Invitée d'Apolline Matin sur RMC ce mercredi, la haute-commissaire à l'Enfance a en outre annoncé le signalement de deux autres sites internet, Chaat.fr et Legarcon.net, soupçonnés de mettre en contact des pédocriminels, précisant qu'une troisième plateforme, Chatiw, était aussi dans le viseur des autorités.

Le "tchat coco vraiment gratuit"

À l'annonce de la nouvelle enquête sur Cocoland, l'association Face à l'inceste a salué "une avancée", tout en dénonçant "l'insuffisance de la réponse publique" : "Malgré l'ouverture d'une enquête, le site reste actif, accessible, sans vérification d'âge, sans modération, en toute impunité", déplore-t-elle dans un communiqué. Sous l'adresse URL "cocoland.info", Cocoland est en effet accessible, se présentant comme le "tchat coco vraiment gratuit" et reprenant les codes de l'ancien site, notamment son design kitsch avec ses noix de coco en fond d'écran.

"Mon client est totalement étranger à l’ouverture du site internet en cause", a assuré à l'AFP Me Julien Zanatta, avocat de l'Italien Isaac Steidl, fondateur du site Coco, tout en continuant d'estimer que "les poursuites dirigées contre M. Steidl sont aussi injustes que juridiquement infondées". L'homme a été mis en examen en janvier 2025 à Paris notamment pour complicité de trafic de stupéfiants, de détention et diffusion d'images pédopornographiques, de corruption de mineur via Internet et association de malfaiteurs.

Jusqu’à cette réapparition, les investigations sur la plateforme Coco, fermée par la justice en 2024, étaient "bien avancées", d'après une source proche du dossier citée par l'AFP. L'enquête avait été ouverte en décembre 2023 sur des faits courent de 2018 à 2024. Selon le parquet de Paris, entre le janvier 2021 et le mai 2024, "pas moins de 23.051 procédures judiciaires en lien avec la plateforme Coco" avaient été ouvertes. Quelque 70 parquets "sur l'ensemble du territoire national" avaient par ailleurs transmis des procédures impliquant ce site, au préjudice de 480 victimes. Le tchat a notamment été au centre du retentissant procès des viols de Mazan : pendant dix ans Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de réclusion, a violé son épouse Gisèle avec des dizaines d'hommes recrutés via coco.fr.

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Crédit photo : Simon Wohlfahrt / AFP