LGBTphobieSOS homophobie et chiffres de la criminalité anti-LGBT : dernier bilan avant 2027

Par Romain Siraut le 15/05/2026

Comme à chaque 17 mai, Journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies (Idahot), l'association SOS homophobie publie son rapport annuel et le ministère de l'Intérieur ses dernières données concernant la criminalité homophobe, lesbophobe et transphobe.

En ce dernier 17 mai avant l'élection présidentielle de 2027, les chiffres ne sont toujours pas bons sur le plan des violences LGBTphobes. Dans son trentième rapport annuel, SOS homophobie rapporte encore 1.771 témoignages de victimes recueillis au cours de l'année 2025 via ses dispositifs d'écoute téléphonique et de tchat en ligne, tandis que le ministère de l’Intérieur recense, pour la même période, 4.900 infractions anti-LGBT+ (+2%), dont 64% de crimes et délits (+4%).

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Si les données de la police et de la gendarmerie semblent se stabiliser, c'est au terme d'une progression de +172% des actes enregistrés depuis 2016 (1.800 infractions anti-LGBT à l'époque), ce qui maintient les violences anti-LGBT+ à un niveau historiquement haut. Les données de SOS homophobie repartent d'ailleurs à la hausse, après une accalmie l'an dernier (1.571 témoignages en 2024) qui elle-même suivait la forte augmentation enregistrée en 2023

La jeunesse, victime et bourreau

Selon les données du ministère de l'Intérieur, 71% des 3.200 victimes de crimes et délits anti-LGBT+ recensées en 2025 étaient des hommes, "une part stable depuis 2016". Dans le bilan de l'association, les récits de gayphobie demeurent en effet majoritaires (57%), devant ceux de transphobie (27%) et de lesbophobie (15%), puis de biphobie (3%).

Déjà signalée depuis plusieurs années, la surreprésentation des jeunes parmi les mis en cause pour violences physiques anti-LGBT% – toujours en majorité des hommes (83%) – demeure préoccupante. Les 18-29 ans en forment toujours la part la plus importante (27%), et les 13-17% représentent 25% des auteurs présumés alors qu'ils ne comptent que pour 6% de la population. On retrouve cette tendance du côté des victimes, dont 48% ont moins de 30 ans alors que cette tranche d'âge ne représente que 35% de la population.

Numérique et guets-apens

L'autre tendance qui se confirme, c'est la part croissante du numérique dans les infractions anti-LGBT+, qui augmente encore de 9%. "La plupart de ces faits ont été commis sur les réseaux sociaux ou ils y ont démarré", explique le ministère de l'Intérieur. Et si les faits en question relèvent essentiellement du harcèlement en ligne, c'est aussi là, signalent les autorités, que naissent "des actes aussi graves que la séquestration ou les menaces de mort", soit le schéma des guets-apens homophobes.

Sur ce fléau qui fait plus d'une victime chaque semaine en France, l'État a annoncé ce printemps dans têtu· la signature d'une charte entre la Dilcrah (Délégation interministérielle chargée de la lutte contre la haine anti-LGBT) et quatre applis de rencontres (Grindr, Tinder, Happn et Bumble) afin de renforcer la prévention mais aussi la détection et le signalement des comptes cherchant à cibler des hommes gays. "Nous espérons que ce premier pas vers une préventions des guets-apens homophobes portera ses fruits", salue SOS homophobie, qui prend rendez-vous : "C'est avec une grande attention que nous nous intéresserons aux bilans annuels de la Dilcrah sur le sujet." D'ici là, les partis qui comptent peser dans la séquence électorale de 2027 ont désormais moins d'un an pour convaincre qu'ils peuvent faire mieux pour enrayer la progression des violences anti-LGBT.

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Crédit photo d'illustration : Unsplash