justiceAgressions devant un bar gay à Saint-Étienne : le mobile homophobe non retenu

Par Romain Siraut le 24/08/2026
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Deux hommes ont été condamnés pour des agressions sur des clients du ZanzyBar, établissement LGBT connu du centre-ville de Saint-Étienne, sans que le motif homophobe ne soit finalement retenu.

En juillet dernier, deux suspects avaient été arrêtés après l’agression de plusieurs clients devant le ZanzyBar, établissement LGBT-friendly de Saint-Étienne (Loire). Ce vendredi 21 août, les deux hommes comparaissaient pour violences commises en réunion, avec circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle des victimes. Celle-ci n’a finalement pas été retenue par le tribunal correctionnel, qui a condamné les prévenus à 6 et 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu’au versement de dommages et intérêts.

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Les faits remontent au 11 juillet. Il est un peu plus d’1h du matin lorsque, devant l'établissement, des clients du Zanzybar demandent à un véhicule de ralentir. Mécontents, ses occupants descendent et frappent plusieurs personnes présentes tout en proférant, selon les témoins, des insultes homophobes. Trois clients sont sérieusement blessés et pris en charge par les secours. Une enquête est ouverte pour "violences aggravées, en réunion et en raison de l’orientation sexuelle des victimes". Dans un communiqué, la ville appelle à un rassemblement "en soutien aux victimes et pour affirmer collectivement que la violence, la haine et l'homophobie ne trouveront jamais leur place dans notre ville".

"C'est quoi un pédé, je ne sais pas moi"

Au procès, les victimes maintiennent que des insultes homophobes ont bien accompagné les coups. Leur avocate, Me Rosine Insalaco, défend l’idée d’une "expédition punitive", indiquant par ailleurs que l’un de ses clients, le serveur en poste ce soir-là, "ne parvient plus, depuis les faits, à reprendre son travail".

Face à eux, les accusés nient toute homophobie. "J’ai un ami transgenre", fait valoir le plus jeune, âgé de 19 ans, tout en répétant n’avoir jamais su que l’établissement était un lieu LGBT. "C'est quoi un pédé, je ne sais pas moi", rétorque l’autre, âgé de 29 ans, souffrant d’un handicap mental et qui raisonnerait, selon les expertises médicales, "comme un enfant de 13 ans".

Le tribunal a finalement estimé que les insultes homophobes "ne constituaient pas le mobile des faits de violence". L’homophobie n’est donc pas retenue comme circonstance aggravante. Condamnés pour "violences en réunion", les deux hommes écopent de six mois de prison avec sursis pour l’un, 18 mois pour l’autre, ainsi qu’à verser solidairement 1.400 euros d’indemnités aux victimes. "Le statut de victime a été reconnu, ce qui était le plus important", a réagi auprès de Stop homophobie le patron du ZanzyBar, Hervé Divet, jugeant néanmoins "purement scandaleux" que la justice n’ait pas retenu le caractère homophobe des faits, dans un contexte de recrudescence nationale des violences anti-LGBT.

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Crédit photo : capture d'écran Google Maps