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"Transgenre", "diversité", "fœtus"... Les 7 mots que Trump veut radier de la santé publique


Le dernier fait d’armes de l’administration Trump inquiète quant à la mainmise idéologique du président américain sur le domaine de la santé.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), qui forment ensemble la principale agence gouvernementale américaine en matière de santé publique, ont été briefés par l’administration Trump en vue du vote du budget 2019.

7 termes dans le viseur

Lors d’une réunion interne tenue jeudi 14 décembre, les experts des CDC ont pris connaissance d’une liste de sept termes à bannir du document officiel qui circulera au Congrès avant d’être voté par l’US Office of Management and Budget. Ces formules soi-disant « controversées » révèlent en creux la posture conservatrice de Donald Trump, à l’instar de « transgenre », « fœtus », « diversité », « vulnérable » et « droit »; d’autres inquiètent plus précisément la discipline, comme « fondé sur la science » ou « fondé sur les faits », auxquels il faudra désormais préférer la formule : « le CDC fonde ses recommandations sur la science en considération des souhaits et normes de la communauté.«  Quelle communauté ? Le Washington Post ne le dit pas. Le journal a révélé cette information le 15 décembre après avoir interviewé plusieurs membres des CDC, mais le département de la Santé et des Services sociaux (HHS), dont ces derniers dépendent, nie l’information. « C’est une déformation totale des discussions, insiste un porte-parole, le département va continuer à utiliser les meilleures connaissances scientifiques pour améliorer la santé des Américains. » Le Washington Post ajoute qu’au mois de mars, ce même département avait éludé les questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre de deux enquêtes sur les personnes âgées, et qu’il a également supprimé de son site internet des informations utiles pour les familles LGBT, notamment des documents d’aide à l’adoption.

Scandale

« C’est l’une des décisions les plus effrayantes de l’administration Trump », a réagi une chercheuse américaine sur Twitter à la nouvelle des interdictions langagières. Nombre de ses confrères et des militants des droits humains s’inquiètent de cette censure et de ses conséquences sur la manière d’aborder les orientations sexuelles, les identités de genre et le droit à l’avortement. Le Washington Post pose la question : comment évoquer les efforts de prévention en direction des personnes trans au sein du Centre national pour la prévention du VIH, des IST et de la tuberculose ? Comment parler des malformations de naissance causées par le virus Zika ? « Cette décision méprisable est une tentative d’effacement des personnes LGBT du vocabulaire des CDC comme des programmes décisifs qui soutiennent la communauté », s’est encore offusqué Human Rights Campaign.

D’après Le Monde, les programmes de recherche qui ne respectent pas ces prérogatives pourraient tout simplement perdre leur financement.

Au New York Times, un ancien agent fédéral se veut rassurant : « C’est stupide et orwellien, mais il ne s’agit pas de bannir ces mots des rapports, des articles, des publications scientifiques ou de toute autre action des CDC. (…) C’est une stratégie budgétaire afin d’être financé » et d’obtenir l’approbation des Républicains.

La guerre des mots

Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump tente de supprimer les personnes LGBT de l’agenda gouvernemental. Le jour même de son investiture, le 45e président des États-Unis avait fait disparaître la mention des droits LGBT du site internet de la Maison Blanche, de même que celle du réchauffement climatique.

Donald Trump site de la Maison Blanche
Capture d’écran whitehouse.gouv (23 janvier 2017)

 

Plus récemment, Chris Johnson et April Ryan, les deux seuls journalistes correspondants à la Maison Blanche pour des médias centrés sur les communautés LGBT et afro-américaines, n’ont pas vu leur invitation à la White House Christmas Party renouvelée…

 

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Couverture : montage à partir d’une photo de Gage Skidmore/Flickr

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