artiste queerGayC/DC : le cover band qui détourne les chansons d'AC/DC en version queer !

Par Marion Chatelin le 22/07/2018
GayC/DC

« GayC/DC ». Voilà un nom du groupe qui annonce la couleur ! Ils sont 5 musiciens, tous homosexuels, et sont passés maîtres dans l'art de détourner les morceaux du légendaire groupe de rock australien, AC/DC, à la sauce queer. Pour le fun, bien sûr. Mais aussi pour nous faire réfléchir. Explications !

Le riff est le même, les guitares quasi-identiques et si on ferme les yeux et on s'y croirait presque... Dès les premières secondes du morceau Let There Be Rock on se retrouve catapultés en 1977, année de la sortie du 4ème album du mythique groupe de hard rock australien, AC/DC.
Sauf qu'en tendant mieux l'oreille, quelque chose nous turlupine... Dès le début du morceau, les paroles nous intriguent : « Let there be light, there was light. Let there be drums, there was drums. Let there be guitar, there was guitar. Oh, Let there be cock ! » (« Que le lumière soit, Et la lumière fut, Que la batterie soit, Et la batterie fut, Que la guitare soit, Et la guitare fut, Que la bite soit, Et la bite fut ! »)
Ce n'est pas AC/DC que l'on est en train d'écouter, mais GayC/DC, un cover band californien du genre très queer, puisqu'il reprend les morceaux du groupe de hard et les détourne, pour les rendre plus gay-friendly.

« Big Balls »

A la base de ce projet, cinq musiciens, tous gays, et fans du groupe d'Angus Young. Tous partagent le même but: injecter une bonne dose de queer attitude dans les chansons macho d'AC/DC. Ainsi « Problem Child » (« enfant à problèmes ») devient « Bottom Child » (« enfant passif ») et « Bad Boy Boogie » (« le boogie du mauvais garçon ») devient « Gay Boy Boogie » (« le bougie du gay »).
Pas de problème pour le morceau, dans lequel Bon Scott, premier chanteur d'AC/DC, chantait : « Everybody says I've got great balls of fire. Oh I've got big balls !»tout le monde dit que j'ai de grosses boules de feu. Oh, j'ai des grosses boules! » ). Vous l'aurez compris, la chanson « Big Balls » reste bien évidemment inchangée.
Dans une interview donnée à Classic Rock Magazine Chris Freemann, le chanteur du groupe, explique : « Si quelqu'un du groupe se retrouve en jupe et portant une tiare sur scène plutôt qu'en jean et t-shirt, le contexte du concert fait que la signification de la chanson (« Big Balls ») est complètement différente. » 

AC/DC version Queer

Plus qu'une parodie gay des créateurs de Highway to Hell, GayC/DC s'inscrit dans une dynamique très queer. Kilt écossais, robes à paillettes, costumes de prêtre, chaussettes arc-en-ciel... En se travestissant, GayC/DC a la volonté d'accrocher l'oeil du spectateur, de l'amuser mais aussi de le titiller. Un projet né d'une frustration : celle de ne pas se reconnaitre dans les paroles viriles et machistes d'AC/DC.

« J'ai grandi en écoutant AC/DC, ils font partie de mon ADN », lance Brian Welch, batteur de GayC/DC, avant de poursuivre, «  Mais je voulais que les chansons me parlent, c'est la raison pour laquelle on a démarré ce groupe. Désormais ces chansons iconiques peuvent s'adresser à ceux qui ressentent la même chose que nous. »

Le chanteur, ancien bassiste du légendaire groupe de QueercorePansy Division, enfonce le clou : « AC/DC est emprunt d'hétérosexualité, de machisme et c'était très difficile pour moi de m'y retrouver. » Le groupe qui totalise seulement 3000 likes sur sa page Facebook, commence doucement à faire parler de lui.
Avant que GAYC/DC ne se produise, un jour peut-être, en France, on a le temps de (ré)apprendre les paroles du morceau « If You Want Blood ». Remplacez « Blood »  (« sang ») par « Cum » (littéralement: « sperme ») et vous aurez la version queer ! Allez, tous en choeur !


Crédit Photo : compte Facebook de GayC/DC.