grèveL'appel de 9 associations contre l'homophobie en manif

Par tetu le 14/01/2020
Homophobie

TRIBUNE. Trois grévistes ont été convoqués hier par la RATP, après des insultes homophobes à l'encontre d'un chauffeur de bus, obtenant le soutien de plusieurs responsables politiques et syndicaux. 9 associations de lutte contre les discriminations les appellent à ne plus laisser passer ce type de propos dans les manifs.

Homophobie ordinaire au sein de la contestation contre la réforme des retraites : les associations de lutte contre les actes antiLGBTQI+ lancent un appel aux responsables syndicaux et politiques Depuis le début des contestations contre le projet de réforme des retraites, nous sommes confrontés à des vidéos choquantes, où, de manière décomplexée et naturelle, en public, des individus tiennent des propos homophobes. Ces incidents sont une nouvelle démonstration de l’ancrage de l’homophobie ordinaire dans le langage courant.

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Des insultes qui ont un impact

En plus d’être injurieux, ces propos n’affectent pas seulement les individus qu’ils visent. Leur portée et leur impact sont bien plus larges. D’abord, ils atteignent les personnes LGBTQI+ qui se perçoivent à travers eux, les intériorisent, générant de la honte et nuisant à la perception qu’elles ont d’elles-mêmes. En effet “l’insulte homophobe constitue la partie visible de l’interpellation plus profonde que les structures sociales, mentales et sexuelles préexistantes ont déjà opérée” sur celui qui la reçoit (Didier ERIBON, Réflexion sur la question gay, 1999).

Ensuite, ils participent aux préjugés, qui accentuent les discriminations, qui elles-mêmes encouragent les violences dont sont victimes les personnes LGBTQI+ (pour rappel, en 2018, les agressions physiques LGBTphobes signalées à SOS homophobie étaient en augmentation de 66 %).

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La lutte ne légitime pas l'homophobie

Pourtant, dans les différentes vidéos qui ont été tournées lors de ces dérapages homophobes, on constate l’absence de réaction des personnes présentes, quand ce ne sont pas des rires de responsables politiques alors qu’on s’attendrait à ce qu’ils combattent ces discriminations.

Lutter pour un projet de société ne peut se faire au détriment des personnes LGBTQI+, du respect qui leur est dû, ainsi que de celui de leurs droits.  Quelle que soit l’appréciation que l’on ait de ce mouvement social, la lutte et la grogne ne sauraient légitimer de telles attitudes ni atténuer la gravité de ces faits, qui viennent en outre polluer le message de fond.

Une position claire

Comme le montre le soutien de responsables politiques et syndicaux exprimé à l'égard des grévistes convoqués pour injures homophobes, cette homophobie ordinaire est trop souvent minimisée et mise de côté. Comme si les mots employés n’avaient pas de sens ni d’impact. Nous regrettons que les insultes homophobes soient tolérées alors qu’elles devraient être systématiquement condamnées.

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C’est pourquoi, nous, associations de défense des droits des personnes LGBTQI+ appelons l’ensemble des responsables syndicaux et politiques, toutes obédiences confondues, à tenir une position claire et à condamner sans réserve les incidents homophobes ayant eu lieu lors des mobilisations précédentes, à donner aux manifestants des instructions publiques non-équivoques pour les prochaines manifestations, ainsi qu’à mettre en place des sensibilisations de leurs militant.e.s.

 

Les associations signataires : Association Mousse, Familles LGBT, Flag, France·tv pour tou·te·s, Le Refuge, Rouge Direct, SOS Homophobie, STOP Homophobie, Urgence Homophobie. 

 

Crédit photo : Wikimedia Commons