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Cette ex-pornstar gay dénonce les pratiques racistes du milieu du porno

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, Race Cooper a dénoncé les mécanismes racistes de l'industrie porno et appelle les studios à faire quelque chose.

Depuis la mort de George Floyd aux mains de la police le 25 mai dernier, le mouvement antiraciste Black Lives Matter connaît un regain d'intérêt salvateur. Grâce à lui, les langues se délient et bon nombre de personnes noires dénoncent les comportements discriminatoires qu'ils ont dû subir dans leur environnement de travail. C'est dans cette perspective-là que Race Cooper, un ancien acteur porno pour le studio Raging Stallion, a pris la parole dans les colonnes de PinkNews, condamnant le racisme systémique qui gangrène l'industrie du sexe.

Au fil de son interview, Race Cooper revient sur son arrivée dans le milieu, détaillant qu'il était en 2010 le seul employé noir à bosser à temps plein chez Raging Stallion. Il précise que les acteurs du studio étaient invités à noter leurs préférences raciales, c'est à dire le type d'hommes avec qui ils ne voulaient pas tourner. L'ex-pornstar souligne que ce racisme banalisé était "monnaie courante" dans le porno. Sans surprise donc, il souligne l'écart salarial entre les acteurs blancs et lui-même, se remémorant la fois où un acteur blanc novice qui n'avait jamais filmé une seule scène de sexe a été payé 200 dollars de plus que lui. Malheureusement, ça ne s'arrête pas là.

Entre discrimination et fétichisation

"On m'a fait sentir comme si je ne méritais pas de louange, de validation, comme si je valais moins que tous les acteurs blancs", a-t-il confié. Au-delà de son expérience personnelle dans le porno, Race Cooper s'est aussi désolé de la façon dont les hommes noirs comme lui sont fétichisés, en témoigne la catégorie "big black cock" populaire sur les sites pour adultes.

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"Quand on fétichise une personne, on déshumanise cette personne et on la voit comme une chose, explique l'ancienne pornstar. Les fétichismes comme le fist ou le sling n'ont rien à avoir avec la race ou la couleur de peau. N'importe qui peut y participer. Mais quand ton fétichisme est un 'homme noir' interchangeable, tu enlèves la composante humaine de la chose et tu le traites comme un objet en fonction de sa couleur de peau. [...] Un être humain avec une âme est réduit à un gode noir comme ceux qu'on achète et qu'on cache jusqu'à ce qu'on se sente seul et qu'on ait envie de sexe".

L'heure des réparations

En prenant ainsi la parole sur ce sujet délicat, Race Cooper espère que d'autres vont suivre sa voie et que l'industrie pornographique va changer pour le mieux. Il aimerait, d'une part, que les studios en faute reconnaissent leurs erreurs et licencient les acteurs ayant tenu des propos racistes, comme ce fut le cas avec Billy Santoro dernièrement. Il estime également que le secteur du porno gay devrait avoir des directeurs de casting davantage impliqués dans la lutte contre le racisme et appelle en parallèle à moins de discrimination envers les pornstars séropositives.

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Tim Valenti, PDG du studio Falcon/Naked Sword (avec lequel Raging Stallion a fusionné il y a quelques années de ça), s'est exprimé à ce sujet. "J'ai fait le nécessaire pour avoir plus de diversité au sein de nos modèles chez Falcon, répond-il. Bien qu'on ait fait quelques pas dans la bonne direction, on a évidemment beaucoup de travail devant nous". Concrètement, il assure que les pornstars du studio n'auront jamais à préciser leurs éventuelles "préférences raciales", mais il affirme également que tout acteur qui refusera de tourner avec un acteur à cause de sa couleur de peau ne sera pas embauché. "Bien qu'on ne puisse pas changer le passé, on peut le reconnaître et se promettre un meilleur avenir", conclut-il.

Crédit photo : Race Cooper via Instagram


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