Un graffiti homophobe vieux de 19 siècles retrouvé dans des vestiges de Pompéi

Une fouille archéologique a découvert une échoppe de "street food" du Ier siècle. Gravé sur une fresque, on peut lire une insulte homophobe, certainement à l'adresse du patron...

On savait que l'homophobie ne datait pas d'hier. Un tag homophobe vieux de 19 siècles a été découvert dans un thermopolium, l'équivalent d'un fast food, à Pompéi.

"Nicia cinaede cacator", peut-on lire sur une (magnifique) fresque incroyablement intacte, selon un communiqué du site archéologique. Cette inscription a vraisemblablement été écrite par un client ou un serviteur. Il s'adresse à Nicia, probablement un affranchi grec qui tenait l'établissement. Il le traite de "chieur débauché".

Les historiens s'écharpent sur le terme "cacator" qui réfère à une relation pédophile avec un garçon. D'autres avancent que cela signifie une relation homosexuelle de deux adolescents, note 360, l'un des média LGBT+ en Suisse. Cette découverte met en lumière l'homophobie de la société romaine.

Un culte de la virilité

La société romaine était patriarcale et vouait un culte à la virilité. Cependant, un homme pouvait avoir des relations sexuelles avec un autre homme tant qu'il restait dominant et pénétrant. La passivité sexuelle était par contre stigmatisée. Le développement du christianisme a ensuite été un désastre : les homosexuels pouvaient alors être condamnés à mort.

Des auteurs de l'Antiquité romaines étaient connus pour avoir écrit des poèmes sur d'autres hommes, des femmes ont également écrit sur des femmes. Il pourrait même y avoir eu des cérémonies de mariages de couples de même sexe, remarque Pinknews.

Une incroyable fouille à Pompéi

Ce n'est pas la seule mise à jour de cette fouille archéologique démarrée en 2019. Le thermopolium est orné de motifs polychromes dans un état de conservation exceptionnel. Le comptoir a été figé par la cendre volcanique dans un quartier très fréquenté au Ier siècle. Les chercheurs ont ainsi retrouvé des peintures vives d'animaux, notamment de volailles, qui devaient être consommés sur place avec du vin et des boissons chaudes.

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Dans des creusements de la table, des reliefs alimentaires ont éclairé les habitudes des Romains à l'époque de l'éruption du Vésuve en 79 après JC. Des restes d'un os de canard, de porc, de chèvre, de poisson et même d'escargots ont été retrouvés dans plusieurs pots de terre cuite. Les ingrédients étaient cuisinés ensemble. Les thermopolium étaient très prisés du monde romain. Pompéi en comptait pas moins de 80.

Un environnement complet pour renseigner sur les pratiques

"En plus d'être un témoignage sur la vie quotidienne à Pompéi, les possibilités d'analyse de ce thermopolium sont exceptionnelles, parce que pour la première fois on a exhumé un environnement entier", s'est enthousiasmé Massimo Osanna, le directeur général du parc archéologique de Pompéi.

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"L'échoppe semble avoir été fermée à toute hâte et abandonnée par ses propriétaires, mais il est possible que quelqu'un, peut-être l'homme le plus âgé, soit resté et ait péri au cours de la première phase de l'éruption, dans l'effondrement du grenier", a ajouté Massimo Osanna. Un second corps pourrait être celui d'un voleur "surpris par les vapeurs ardentes avec la main sur le couvercle du pot qu'il venait d'ouvrir", remarque le directeur.

Crédit photo : pompeiisites.org


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