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Après la mort de Guillaume, sa famille va déposer plainte contre X pour « violences volontaires »

La famille de Guillaume compte déposer plainte contre X pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le jeune homme s'est donné la mort après avoir témoigné sur Twitter de faits de viol concernant un élu parisien et son compagnon.

Trois semaines après avoir dénoncé des faits de viol concernant Maxime Cochard, un élu parisien et son conjoint, Guillaume s'est donné la mort dans sa chambre universitaire à Nanterre. Ce 21 janvier, Guillaume avait 20 ans, et sa prise de parole avait initié le mouvement #MeTooGay. Aujourd'hui, sa famille annonce déposer plainte contre X pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

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"Guillaume n'avait pas encore décidé de porter plainte, mais déjà, une menace de procès en diffamation avait été brandie (...) Il était déterminé, combatif et prêt à s'expliquer devant la justice", assure son avocate, maître Élodie Tuaillon-Hibon dans un communiqué. Son conseil rappelle que rien ne peut expliquer le geste de Guillaume, qui n'a pas laissé de courrier.

Une "accusation totalement fausse"

La famille du jeune étudiant regrette que "les personnes mises en cause ont répliqué non pas par la voie judiciaire (...) mais par la voie médiatique". Quelques minutes après avoir été accusé, Maxime Cochard avait en effet, rapidement dénoncé une "accusation totalement fausse".

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"Nous contestons de toutes nos forces les accusations de viol. Twitter n'est pas le lieu pour gérer ce genre d'accusations. Ce genre d'affaire ne permet pas des raccourcis en quelques phrases", disait leur avocate à TÊTU. Elle assurait que le couple souhaitait qu'une procédure judiciaire aboutisse.

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Malgré la fragilité de Guillaume, "certains journalistes et certains médias ont fait le choix de traiter cette affaire comme un banal fait divers, sans aucun contradictoire", ajoute l'avocate de Guillaume. Me Tuaillon-Hibon indique que la famille est "très éprouvée et souhaite préserver sa vie privée".

Auprès de TÊTU, elle avait décrit la difficulté pour Guillaume de s'engager dans un parcours judiciaire. "Comme beaucoup de victimes de violences sexuelles, on sait que c'est un système extrêmement violent pour les victimes. La société est beaucoup plus avancée que le Code Pénal", assurait-elle.

Pas de lien établi entre #MeTooGay et la mort de Guillaume

Le 9 février dernier, le parquet de Nanterre a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les causes de la mort du jeune homme. Le parquet a précisé qu'à ce stade, aucun lien entre les accusation de Guillaume et son décès n'était établi. Les enquêteurs ont saisi l'ordinateur et le téléphone de Guillaume, dans l'espoir de trouver des indices pour expliquer son suicide.

 

Si vous avez été victime de violences sexuelles, vous pouvez contacter le 3919 ou tchatter anonymement avec des écoutant.e.s formé.e.s à recevoir la parole des personnes LGBT+ sur https://commentonsaime.fr/

En cas d'idées noires, Suicide écoute est disponible 24h/24 7/j7 : 01 45 39 40 00. 

 

Crédit photo : Capture d'écran Twitter / Mathilde Panot


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