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En Chine, des comptes LGBT+ censurés par le réseau social WeChat

Dans la soirée du mardi 6 juillet, plusieurs comptes féministes et LGBT+ ont été exclus du réseau social chinois WeChat. Des utilisateurs ont appelé à protester en ligne contre cette censure.

"Ce soir, nous sommes tous des comptes sans nom." Mardi 6 juillet, dans la soirée, de nombreux comptes officiels tenus par des organisations étudiantes LGBTQI+ ont été bloqués par WeChat. La mention "compte sans nom", flanquée d'une phrase explicative, remplaçant la page d'utilisateur initiale. "Suite aux plaintes, tous les contenus ont été supprimés", a justifié le réseau social, sans préciser quelle violation du règlement avait motivé le blocage des comptes.

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Les comptes d'organisations LGBT+ visés

Parmi les pages supprimées figurent notamment "ColorsWorld", administrée par les étudiants de l'Université de Pékin ; "Gay Pride", tenue par ceux de l'Université des sciences et technologies Huazhong (Wuhan) ; ou encore "Purple", gérée par les associations étudiantes LGBTQI+ de l'Université Tsinghua (Pékin). La "Société Zhihe", une organisation étudiante de l'Université Fudan (Shanghai), a également confirmé la suppression de sa page WeChat sur Weibo (autre réseau social très prisé en Chine). "A l'évidence, il n'y a aucune possibilité de voir le compte originel de Zhihe renaître de ses cendres à court terme", a déclaré l'association dans un communiqué.

Des utilisateurs de WeChat ont par la suite appelé à protester en ligne contre la censure, en divulguant des listes de comptes exclus du réseau social. Des messages qui ont à leur tour été supprimés mercredi.

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L'homosexualité encore taboue dans les médias et réseaux sociaux chinois

Très utilisée en Chine pour son service de messagerie ou pour procéder aux paiements, l'application WeChat compte plus de 1,2 milliard d'utilisateurs actifs par mois (en comparaison, Instagram en comptabilise 1,08 milliard). Propriété de l'entreprise Tencent qui détient également QQ.com, l'un des plus importants portails web en Chine, le réseau social s'applique lui-même à contrôler les contenus, et à opérer des censures lorsqu'ils contreviennent aux idées politiques du gouvernement communiste. Des censures encore courantes en Chine, et qui visent régulièrement les contenus relatifs à l'homosexualité.

Bien que l'homosexualité ait été dépénalisée en 1997 et retirée de la liste des maladies mentales en 2001, le sujet reste toujours tabou en Chine. Et notamment sur les écrans, alors que la communauté LGBTQI+ souffre d'un manque de visibilité dans les médias officiels, à la télévision et au cinéma. En 2016, une circulaire officielle transmise aux médias audiovisuels déclarait ainsi : "Aucune série télévisée ne doit montrer de relations sexuelles et de comportements anormaux, comme l'inceste, des relations entre personnes de même sexe, des perversions sexuelles, du harcèlement sexuel, des agressions ou des violences sexuelles".

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