Espagne"Maladie : homosexuelle"… une Espagnole victime de lesbophobie chez son gynéco

Par Tessa Lanney le 08/10/2021
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Alors qu'elle consultait un gynécologue dans un hôpital du sud de l'Espagne, une jeune patiente lesbienne a découvert que le médecin avait rapporté dans son dossier un "diagnostic" d'un autre âge : "Maladie actuelle : homosexuelle".

Se rendre chez le gynécologue quand on est une femme qui relationne avec des femmes peut s'apparenter à un parcours du combattant. Un fait qui s'est à nouveau illustré ce 4 octobre à Murcie, dans le sud de l'Espagne, quand une jeune femme de 19 ans qui consultait un gynéco pour un problème menstruel a été "diagnostiquée"… "homosexuelle". Sa famille, épaulée par un collectif LGBTQI+ local, a déposé une plainte auprès du gouvernement régional, du ministère régional de la Santé et du service régional de santé.

C'est à l'hôpital Reina Sofía de la ville de Murcie que l'incident lesbophobe a eu lieu. La jeune femme est examinée puis on lui remet un papier sur lequel est annoté "Maladie actuelle : homosexuelle". Sa mère, outrée, déclare au média elDario.es que le gynécologue a demandé à sa fille si son orientation sexuelle pouvait apparaître dans son rapport. "Au début, je trouvais ça drôle, explique la jeune femme aux journalistes, mais ce n'est tout simplement pas le cas."

Un diagnostic "alarmant, inacceptable et intolérable"

Le collectif LGBTQI+ local Galactyco, auprès duquel s'est tournée la famille, souhaite obtenir des explications mais aussi des excuses sur la manière dont a été traitée la patiente. Dans un communiqué, il s'insurge : "L'Organisation mondiale de la santé a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990, et pourtant, 31 ans plus tard, il y a encore des professionnels des services de santé de Murcie qui considèrent l'orientation sexuelle comme une maladie."

Galactyco affirme également que l'affaire était loin d'être un cas isolé. "Notre association a reçu d'innombrables rapports de traitements dégradants en raison de l'orientation sexuelle ou de genre", indique le collectif avant d'ajouter : "Nous trouvons alarmant, inacceptable et intolérable qu'il y ait aujourd'hui des professionnels qui soient responsables de notre santé, mais qui ignorent les réalités des personnes LGBTQI+."

Un porte-parole du service de santé régional a déclaré que "toutes les mesures nécessaires seraient prises pour établir correctement les faits et procéder en conséquence". Il a plaidé une erreur de l'hôpital qui devra présenter ses excuse à la patiente.

Crédit photo : Barcex via Wikimedia Commons