monde"Actes contre nature" : nouvelle vague d'arrestations au Sénégal

Par têtu· avec AFP le 10/02/2026
Manifestation anti-homosexualité à Dakar en 2021.

Les autorités du Sénégal, où la répression de l'homosexualité se durcit depuis plusieurs années, ont annoncé l'arrestation de douze hommes, dont plusieurs séropositifs, accusés d'"d'actes contre nature" et de "transmission volontaire du VIH sida".

L'affaire défraie la chronique au Sénégal, où la presse se fait volontiers l'écho de l'homophobie d'État. La gendarmerie a annoncé ce samedi 7 février avoir arrêté douze hommes accusés d'"association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d'autrui". Parmi les mis en cause se trouvent deux célébrités nationales : Pape Cheikh Diallo, animateur radio et télévision, ainsi que le chanteur Djiby Dramé.

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Une première interpellation d'un homme, soupçonné de "s'adonner à des actes contre nature" en dépit de sa séropositivité, a mené à l'interpellation des 11 autres, a indiqué la gendarmerie sénégalaise, précisant qu'au moins six des 12 interpellés avaient été testées séropositifs au VIH, et les accusant d'avoir "continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec d'autres partenaires, tous des hommes".

Éruptions d'homophobie au Sénégal

"STOP Homophobie exprime son inquiétude face à ces arrestations", a réagi auprès de l'Agence France-Presse (AFP) Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l'association française qui aide régulièrement des Sénégalais victimes de discrimination dans leur pays. Et de souligner : "Cette affaire rappelle qu'au Sénégal, les relations sexuelles entre adultes consentants restent criminalisées, exposant les personnes LGBTQIA+ à des arrestations arbitraires et à la stigmatisation." En effet, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, la loi réprime l'homosexualité d'un à cinq ans d'emprisonnement, et les arrestations sont régulières sous le chef d'accusation d'acte "contre nature avec un individu de son sexe".

Ces dernières années, se développe notamment dans le pays un discours consistant à faire de l'homosexualité une valeur occidentale incompatible avec celles d'une société majoritairement musulmane et très pratiquante. À l'appel d'associations religieuses, plusieurs manifestations ont eu lieu pour réclamer le durcissement des peines encourues. En octobre 2023, des images ont montré la profanation en place publique de la dépouille d'un homme présenté comme homosexuel, déterrée pour être brûlée. Des événements similaires ont eu lieu à plusieurs reprises dans le pays.

À la tête du gouvernement depuis 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko a aussitôt prévenu les Occidentaux que leur activisme en faveur de la protection des personnes LGBT pouvait devenir un "nouveau casus belli". En 2021, le Sénégal avait déjà été retiré de la liste des pays d'origine sûrs par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), en raison des risques liés à l'orientation sexuelle.

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Crédit photo d'illustration : Seyllou / AFP

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