Le Parlement slovaque a voté ce vendredi en faveur d'une série d'amendements constitutionnels pour empêcher les transitions de genre, interdire l'adoption aux couples homosexuels ou encore restreindre l'éducation à la sexualité.
Après avoir reporté le vote à plusieurs reprises, le Parlement de Slovaquie a finalement adopté, ce vendredi 26 septembre, une série d'amendements constitutionnels anti-LGBTQI+. Cette modification grave dans le texte fondamental l'impossibilité de changer de genre, limite l'adoption aux couples hétérosexuels et restreint l'éducation à la sexualité. En parallèle, elle inscrit la primauté du droit national sur le droit international sur ces "questions culturelles et éthiques", en opposition avec les engagements internationaux de la Slovaquie.
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Le texte a été approuvé par 90 députés sur 150, soit l'exacte supermajorité nécessaire pour l'adopter, l'opposition n'ayant pas pris part au vote. Après la publication en janvier de son projet, Robert Fico, le président du gouvernement nationaliste, avait invoqué "les traditions, l'héritage culturel et spirituel de [ses] ancêtres" afin de construire "un barrage constitutionnel face au progressisme" au nom du "bon sens".
Transition de genre, adoption, assos LGBT…
"Le sexe ne peut être modifié que pour des raisons sérieuses, selon des modalités qui seront fixées par la loi", affirme le texte. Il limite par ailleurs l'adoption (sauf rares exceptions) aux couples mariés, donc hétérosexuels puisque les homos ne peuvent pas se marier dans ce pays qui a rejoint l'Union européenne en 2004. En 2014, lors d'un précédent mandat, Robert Fico avait en effet fait inscrire dans la Constitution que le mariage est "l'union exclusive entre un homme et une femme" puis organisé, l'année suivante, un référendum sur le sujet qui a été invalidé faute de participation.
En outre, le texte prévoit que les cours d'éducation à la vie sexuelle soient désormais conditionnés à l'accord des parents, dans un pays secoué, il y a trois ans, par l'assassinat de deux hommes devant un bar gay de Bratislava, la capitale, par un "adolescent radicalisé", et fils d'un membre important du parti d'extrême droite Vlast.
Le gouvernement, au pouvoir depuis octobre 2023, a déjà annoncé la fin des subventions aux associations de défense des droits LGBTQI+. Depuis son arrivée au pouvoir, le parti de Robert Fico, qui se présente comme social-démocrate mais qui est en réalité proche de la Russie de Vladimir Poutine (anti-LGBT+, nationaliste et xénophobe) a été exclu du Parti socialiste européen.
Une attaque contre les valeurs de l'UE
"Le gouvernement slovaque a choisi de suivre les pays qui, comme la Hongrie, mettent en œuvre des politiques qui érodent les droits humains", déplore Amnesty International Slovaquie dans un communiqué transmis à têtu·. "C'est une attaque contre l'égalité et les droits fondamentaux des personnes LGBT+. Une attaque contre l'État de droit et les valeurs fondamentales de l'Union européenne", regrette l'ambassadeur français en charge des sujets LGBTQI+, Jean-Marc Berthon, également joint par têtu·.
En juin dernier, le Commissaire aux droits humains du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, avait déclaré que les parlementaires slovaques ne devraient pas faire adopter dans la Constitution des amendements qui porteraient atteinte aux protections générales des droits humains ou affaibliraient ceux de groupes spécifiques de la société. On connaît la chanson...
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Crédit photo : Conseil européen, CC via Flickr