Avec Fragile Beauté, le musée du Jeu de Paume, à Paris, dévoile plus de 300 photographies collectionnées depuis plus de trente ans par Elton John et son mari David Furnish. Une exposition qui parcourt l'histoire de la photographie contemporaine autant qu'elle esquisse un portrait intime du chanteur.
Quelles sont les images qui touchent Elton John en plein cœur ? Du 12 juin au 27 septembre 2026, le Jeu de Paume, à Paris, accueille l'exposition Fragile Beauté, qui réunit les photographies acquises depuis plus de trente ans par le chanteur britannique et son mari, le cinéaste David Furnish. On y découvre plus de 300 œuvres, datées de 1950 à nos jours, signées par plus de 90 photographes de renom et classées en quatre grands thèmes : la mode, la célébrité, le désir et le photojournalisme.
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L'histoire commence en 1991. Fraîchement sorti de cure de désintoxication, Elton John découvre la photographie presque par hasard, lorsqu'un galeriste lui montre des tirages de mode en noir et blanc. Le coup de foudre est immédiat. Celui qui a passé sa vie devant les objectifs se passionne soudain pour les artistes qui se trouvent derrière l'appareil. Les premiers clichés qu'il collectionne occupent une place importante dans l'exposition : les compositions élégantes d'Irving Penn, les corps sculpturaux d'Herb Ritts ou encore les célèbres photographies de Melvin Sokolsky, qui mettent en scène des mannequins flottant dans une bulle au-dessus de Paris ou de New York.
Elton John par ses clichés
Fragile Beauté n’est pas qu’une simple histoire de photographie.Les œuvres choisies racontent les obsessions d'Elton John, ses combats et parfois même certains épisodes de sa vie. La section consacrée à la célébrité en est un bon exemple. Loin des images glamour, elle montre des artistes au travail, fatigués ou vulnérables. Les portraits de Marilyn Monroe sans maquillage ou absorbée par ses répétitions témoignent d'un intérêt pour ce qui se cache derrière la légende. Une approche qui fait écho au parcours d'une star qui connaît le poids de la célébrité.
La section consacrée au désir est irriguée par l’identité gay du collectionneur. Une large place y est ainsi accordée à la photographie queer, des corps idéalisés d'Herb Ritts aux mises en scène de Pierre et Gilles, en passant par les images de Tom Bianchi à Fire Island. Une place toute particulière est réservée aux artistes fétiches du chanteur : Robert Mapplethorpe, mais aussi Nan Goldin, dont un ensemble de 149 photographies, intitulé Thanksgiving, est présenté pour la première fois en France. On comprend pourquoi Elton John confie y avoir reconnu "une grande partie de [son] passé". Les fêtes à rallonge, les amours cabossées, l'addiction, les amitiés fusionnelles, les disparus : c'est tout un monde de l'intime communautaire qui survit dans ces images.
Enfin, l'engagement militant d'Elton John se ressent dans la dernière section de l'exposition, consacrée au photojournalisme. S'y côtoient la lutte pour les droits civiques, les archives d'Act Up et les clichés de territoires ravagés par la guerre. En refermant le parcours, une évidence s'impose : cette collection ne raconte pas seulement l'histoire de la photographie contemporaine. Elle dessine aussi le portrait d'un homme fasciné par les artistes qui ont vécu en marge, défié les normes ou survécu à leur époque.
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Crédit photo : David LaChapelle / Jeu de Paume