États-UnisBelle percée LGBT dans la vague bleue anti-Trump

Par Romain Siraut le 04/11/2026
Chris Pappas premier homme gay au Senat New Hampshire

Alors que les démocrates reprennent le contrôle des deux chambres du Congrès, les élections de mi-mandat aux États-Unis ont aussi été marquées par plusieurs victoires pour la représentation LGBT, notamment celle de Chris Pappas, qui devient le premier sénateur gay de l'histoire du pays.

"Je vous demande de faire comme si j'étais sur le bulletin de vote", avait lancé Donald Trump à ses partisans avant les élections de mi-mandat de ce mardi 3 novembre. Les électeurs l'ont pris au mot : les républicains perdent le contrôle des deux chambres du Congrès, essuyant à la Chambre des représentants leur plus lourde défaite depuis 1974. Au Sénat, le Parti démocrate reprend au moins sept sièges aux républicains, notamment dans des bastions conservateurs comme le Texas, qui n'avait plus élu de sénateur démocrate depuis 1988, ou le Kansas, depuis 1932. À la Chambre des représentants, les démocrates gagnent au moins 25 circonscriptions. Une vague bleue qui se fait arc-en-ciel dans plusieurs États…

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Plusieurs de ces victoires portent en effet des élu·es LGBT au Congrès fédéral. Dans l'Indiana, J.D. Ford devient le premier homme ouvertement gay de l'État à siéger à la Chambre des représentants. Même première dans le Michigan pour Jeremy Moss. En Géorgie, où se tenaient également des élections locales, Bentley Hudgins devient la première personne ouvertement transgenre et non binaire élue au Parlement de cet État du Sud. Dans un entretien accordé au magazine The Advocate en mai, iel expliquait vouloir "faire écho aux expériences des Américains sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien".

"Je suis marié à l’homme que j’aime"

En Arizona, la démocrate Joanna Mendoza, bisexuelle, l'emporte face au républicain sortant Juan Ciscomani. Ancienne militaire, elle a servi dans les Marines à l'époque du "Don't Ask, Don't Tell", une politique homophobe qui contraignait les militaires homosexuels à dissimuler leur orientation sexuelle sous peine d'exclusion. Enfin, malgré les attaques personnelles du camp républicain, Sarah McBride, devenue en 2024 la première femme ouvertement transgenre à siéger au Congrès fédéral, conserve son siège.

Mais la victoire la plus symbolique s'est jouée dans le New Hampshire, dans le nord-est des États-Unis. Avec 56% des voix, le démocrate Chris Pappas l'emporte face au républicain John E. Sununu. Succédant à la démocrate Jeanne Shaheen, qui ne se représentait pas, il devient à 46 ans le premier homme ouvertement gay élu au Sénat américain. En 2012, Tammy Baldwin avait déjà marqué l'histoire en devenant la première lesbienne élue au Sénat, dans le Wisconsin. En 2021, Pete Buttigieg était quant à lui devenu le premier homme ouvertement gay confirmé à un poste ministériel par le Sénat, comme secrétaire aux Transports de Joe Biden.

Issu d'une famille grecque orthodoxe pratiquante, Chris Pappas n'est pas un novice en politique. Depuis 2019, il représente le New Hampshire à la Chambre des représentants, où il s'est notamment engagé pour les droits LGBT. Devant ses partisans réunis dans sa ville natale, il n'a pas caché son émotion. "Je veux remercier l'homme à mes côtés, mon merveilleux mari Vann", a-t-il déclaré. Chris Pappas a également tenu à répondre aux attaques personnelles dont il a été la cible pendant la campagne, notamment celles visant sa vie privée : "C'est agréable de savoir que l'amour et la vérité ont triomphé ce soir. Je suis l'homme le plus chanceux, parce que je suis marié à l'homme que j'aime."

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