8 personnages trans de séries qui font du bien à la télévision

Dans le cadre de la Journée internationale de la visibilité trans, on a décidé de mettre en lumière une sélection de personnages qui rayonnent sur le petit écran. Ils sont trans et, en prime, sont interprétés par des comédien·ne·s concerné·e·s.

Être visible dans les œuvres de fiction que l'on consomme, c'est bien. Avoir une représentation digne de ce nom, c'est mieux. Depuis plusieurs années maintenant, une flopée de séries passent la seconde et s'efforcent d'incorporer des personnages et thématiques trans dans leur narration. Une avancée notable et primordiale pour faciliter une meilleure acceptation de la communauté concernée au sein de la société. C'est pour cette raison que TÊTU s'est dit qu'il fallait distinguer ces héros et héroïnes de fiction.

À noter que sont seulement inclus dans cette sélection les personnages joués par des interprètes trans et présents dans des séries actuellement en production – qui sont, pour la plupart, disponibles en France.

Crédit photos : Showtime / HBO / FX

Paul dans "9-1-1: Lone Star"

Dans 9-1-1: Lone Star, Paul Strickland envoie valser les idées préconçues sur les pompiers : ce combattant du feu noir est noir, baraqué… et trans ! Au fil des saisons, la série – cocréée par Brad Falchuk, Tim Minear et un certain Ryan Murphy – banalise cette partie de son identité en le considérant comme un personnage parmi tant d’autres. Mais elle ne l’efface pas pour autant. En témoigne un récent épisode où Paul est confronté à la transphobie supposée de sa sœur cadette, ouvrant ainsi un dialogue qu’on voit assez peu à la télévision. De par son existence et son traitement subtil, Paul challenge les représentations habituelles de genre.

Paul est joué par l’acteur trans Brian Michael Smith.

Crédit photo : Fox

Jules dans "Euphoria"

Impossible de parler de personnages trans sans évoquer la rayonnante Jules dans Euphoria. Depuis le lancement de la série sur HBO à l’été 2019, cette adolescente au style très coloré s’est imposée comme une néo-icône de la pop culture – mais, aussi, comme l’une des représentantes d’une nouvelle approche de la transidentité à la télévision. En effet, cette facette de Jules fait partie intégrante de son intrigue et prend de plus en plus d’ampleur. Notamment dans « Fuck Anyone Who’s Not a Sea Blob », l’épisode spécial diffusé en janvier et focalisé sur elle. À travers ce dernier, Euphoria parvient à parler brillamment et avec nuance du vécu trans.

Jules est jouée par l’actrice trans Hunter Schafer.

Crédit photo : HBO

Max dans "Skam France"

Ce n’est pas nouveau, notre Hexagone a un sacré train de retard lorsqu’il s’agit de visibilité LGBTQI+. Pour autant, certaines fictions sortent du lot, à l’instar de Skam France qui met en avant le personnage transmasculin de Max. Un temps secondaire dans la saison 6 de la série ado, il gagne en importance au fil de la septième fournée d’épisodes dont la diffusion vient à peine de s’achever. Au gré de celle-ci, la transidentité de Max est abordée sans qu’elle soit présentée comme un obstacle. Au contraire, cela ne l’empêche pas de nouer une relation forte avec Tiffany, une fille cis, offrant une représentation de couple plutôt rare dans les séries.

Max est joué par l’acteur trans Sohan Pague.

Crédit photo : France TV Slash

Chris dans "Work in Progress"

Lors qu’il s’agit de petites séries confidentielles mais ô combien sous-estimées, Work in Progress se hisse en haut du panier. Cette comédie caustique dépeint les tribulations d’Abby, une lesbienne de 45 ans qui doit composer avec une dépression et des troubles obsessionnels compulsifs. Elle est tirée de son célibat par Chris, un barista pimpant à l’aube de sa vingtaine. Qui s’avère être, accessoirement, un homme trans. La série réussit à trouver un juste équilibre entre banaliser l’identité trans du personnage tout en n’oubliant pas que celle-ci influe sur ses interactions avec le monde. On se souviendra d’un moment bouleversant où la notion de deadname – le prénom d’une personne trans assigné à sa naissance – est abordée avec brio.

Chris est joué par l’acteur trans Theo Germaine.

Crédit photo : Showtime

Nia dans "Supergirl"

Dans le genre historique, difficile de faire plus mémorable que Nia Nal, soit le tout premier personnage de super-héroïne ouvertement trans de la télévision. Présentée au fil de la quatrième saison de Supergirl, elle s’est très vite imposée comme une alliée de poids aux côtés de Kara. Le personnage révèle sa transidentité dans un contexte particulier : touchée par une montée de la haine raciale envers les aliens, Nia fait le parallèle avec les préjugés dont elle est fréquemment victime en tant que personne trans, ce qui la pousse à se positionner comme militante. Son alter ego super-héroïque, Dreamer, symbolise également une première pour DC Comics en matière de représentation trans. Elle aura d’ailleurs droit à un comics lui étant entièrement dédié, attendu pour le Mois des Fiertés et écrit par son interprète dans la série.

Nia est jouée par l’actrice trans Nicole Maines.

Crédit photo : The CW

Micah dans "The L Word: Generation Q"

Lors de sa diffusion originelle dans les années 2000, The L Word avait été sujette à controverse pour son traitement de personnage de Max. Incarné par l’actrice cis Daniela Sea, celui-ci écopait d’un développement scénaristique tragique : rejeté par ses amies, il vrille totalement et la série nous pousse à croire que c’est lié à sa prise de testostérone. Une perception biaisée de l’aspect médical de la transition. Mais depuis 2019, Generation Q – le revival de la série mère – s’efforce de rectifier le tir à travers le personnage de Micah. Bien que secondaire en comparaison aux héroïnes lesbiennes du programme, Micah se présente comme un homme trans d’origine asiatique éminemment positif, avec une storyline amoureuse touchante qui n’est pas vraiment associée à sa transidentité. Comme quoi, apprendre de ses erreurs peut avoir du bon.

Micah est joué par l’acteur trans Leo Sheng.

Crédit photo : Showtime

Gray dans "Star Trek: Discovery"

Historiquement, la science-fiction a souvent été un genre avant-gardiste, incluant notamment des personnages qui n’étaient pas définis par leur origine ou par leur genre. La franchise Star Trek faisait déjà un boulot efficace sur ce point-là, mais elle a sorti l’artillerie lourde avec la troisième saison de Discovery. En effet, celle-ci accueille Adira, un être humain non-binaire (d’ailleurs interprété par un talent qui l’est tout autant, Blu del Barrio). La spécificité d’Adira, c’est qu’iel peut communiquer avec son bien-aimé, Gray, après avoir « absorbé » son âme suite à sa mort. Présentée de façon aussi succincte, leur histoire peut décontenancer mais elle prend tout de suite plus de sens lors du visionnage. Pour autant, l’inclusion de Gray marque une première pour l’univers Star Trek puisqu’il s’agit d’un personnage transmasculin encore jamais vu jusqu’ici.

Gray est joué par l’acteur trans Ian Alexander.

Crédit photo : CBS All Access

Blanca dans "Pose"

S’il fallait n’ériger qu’un seul personnage de Pose en tant qu’héroïne de la série, ce serait inévitablement Blanca. Depuis le premier épisode, la « maman poule » de la House of Evangelista rencontre des hauts et beaucoup de bas. Dans le New York des années 80, Blanca fait évidemment face au racisme, au sexisme, à la transphobie. Mais malgré les obstacles qui entravent sa route, elle finit toujours par les contourner et s’impose comme une représentation positive et bienveillante de la petite lucarne. Mais si Blanca brille de par son émotion et son sens inné du vivre-ensemble, il faut tout de même mentionner les nombreux personnages trans solaires et complexes de Pose à l’instar d’Angel, Elektra ou encore Candy. Tant de femmes trans incarnées par des femmes trans qui ont grandement métamorphosé le paysage télévisuel.

Blanca est jouée par l’actrice trans Mj Rodriguez.

Crédit photo : FX

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