Les affiches AIDES ne sont ni
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Les affiches AIDES ne sont ni "violentes" ni "pornographiques" a tranché la Justice


En janvier, des habitants de Laval avaient porté plainte contre AIDES pour « diffusion d’un message violent ou pornographique contraire à la dignité, accessible à un mineur ».

Les affiches visées composent la campagne « Révélation » lancée par l’association au mois de janvier. Élégantes et poétiques, celles-ci montrent des couples homos et hétéros dénudés, photographiés en noir et blanc, s’enlaçant en faisant de la plongée sous-marine, de la danse, du saut en parachute, du piano.

Rappelant que « les séropositifs sous traitement ont beaucoup de choses à nous transmettre. Mais pas le virus du sida », cette campagne entend lutter contre les discriminations dont sont encore victimes les personnes séropositives. Néanmoins, elle n’avait pu être déployée dans l’espace public à cause d’une censure partielle de l’ARPP régulant la publicité. Qu’à cela ne tienne, l’association s’était résolue à l’afficher sur les murs et les vitrines de ses locaux. Mais c’était encore trop pour une poignée de réactionnaires résidant à Laval; trois citoyens y ont constitué un collectif pour lutter contre ce message de prévention.

« On est face à une remontée du puritanisme dans la mouvance de la Manif pour tous »

Ils déposent trois plaintes pour « diffusion d’un message violent ou pornographique contraire à la dignité, accessible à un mineur », un délit passible de de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Le procureur ouvre une enquête et deux salariés AIDES sont convoqués au commissariat pour s’expliquer. Au même moment, les locaux de Laval, Nantes et Versailles qui ont exposés les affiches « Révélation » voient leurs vitrines peinturlurées ou même brisées, les militant.e.s AIDES recevant également des messages et des courriers d’insultes…

Philippe Rossignol, de l’association AIDES en Mayenne, est alors stupéfait. Selon lui, « on fait face à une remontée du puritanisme dans la mouvance de la Manif pour tous. Pour certains, voir des couples enlacés c’est absolument insupportable ».

Une campagne tout simplement canon

Contre la demande du Procureur de Laval, Gaël Gourmelen – responsable de la région Pays de la Loire à AIDES – avait toutefois refusé de retirer les affiches AIDES visées par les plaintes, et la suite des événement lui a donné raison. France Bleu confirme que le Parquet a prononcé un classement sans suite.

« Pour la justice, la campagne « Révélation » n’est ni violente, ni pornographique. Non, elle est juste CANON ! » se réjouissait vendredi l’association AIDES.

 

Couverture : © AIDES

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