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Matthieu Delormeau sort du bois et révèle sur qui il fantasme…


Après avoir longtemps louvoyé quant à sa vie privée – et c’était son droit -, puis été outé par les sous-entendus lourdingues de l’animonstreur Cyril Hanouna, puis moins subtilement par le reste de la bande de « Touche pas à mon poste » ces derniers mois, l’animateur Matthieu Delormeau a enfin lâché la bride et s’est confié sur ses fantasmes. Surprenant et, enfin, positif, qu’il assume sans rires moqueurs.

Dans une émission souvent taxée (à raison) de discriminations sexistes et homophobes, dénoncée par des nombreuses personnes et associations, entendre un homme – adulé par les jeunes qui le suivent depuis l’époque NRJ 12 et ses programmes « temps de cerveau disponibles » (1,8 millions de followers sur Twitter, 380 000 sur Instagram) – se livrer sans détours sur ses fantasmes masculins devant près de 1,8 million de téléspectateurs, ça fait aussi du bien. ENFIN !

S’il faut à juste titre blâmer son maître d’œuvre Cyril Hanouna, histrion du PAF sans limite, pour son bullying incessant et sa bien trop grande propension à excuser l’inacceptable quand c’est jugé « drôle » (« Ohhh, ça vaaaa, c’est de l’humouuuur » – Oui mais c’est drôle pour qui ? Les victimes ? ), s’il faut regretter qu’une fois qu’il assume quoi que ce soit une personnalité soit en permanence catégorisée et ramenée à ce seul trait de sa personnalité, s’il faut dénoncer sans cesse les caricatures et les clichés faciles qui servent à faire des personnages bien identifiables par la ménagère qui est en chacun.e de nous, il faut aussi se réjouir lorsqu’une tête de proue contemporaine parle ouvertement de ses expériences et/ou de ses fantasmes gays. Il ne faut pas bouder son plaisir lorsqu’Hanouna rappelle, à peine opportuniste, qu’à TPMP on est « open » et qu’on « aime tout le monde ».

Soit. Encore qu’aimer ne veuille pas toujours dire respecter et valoriser.

Pour une nuit ou pour la vie ?

Invité par Cyril Hanouna à révéler l’identité des stars de la télé avec lesquelles il souhai­te­rait passer du bon temps, Matthieu Delor­meau a donc opté pour deux animateurs du service public. « Pour la vie, ou pour une nuit, qui choisiriez vous ? » demande le roi de D8.

Pour la vie, j’ai choisi Olivier Minne, Il habite Los Angeles, j’aime beau­coup les Améri­cains, il fait de la muscu­la­tion, on pour­rait faire de la muscu ensemble . Il est sympa­thique, cultivé, très beau gosse.

Matthieu Delor­meau révèle d’ailleurs qu’il a déjà eu l’occa­sion de parta­ger un dîner avec l’anima­teur bodybuildé, qui a d’ailleurs lui même longtemps tardé à parler de sa bisexualité (il se disait « hétéromo » en 2015).

Il est drôle. J’ai déjeuné avec, on ne s’ennuie pas, on ne s’ennuie jamais. Ça mélan­ge­rait plein de choses: le sexe, le sport, l’humour, Los Angeles, que j’adore…

En atten­dant une réponse du présen­ta­teur de Fort Boyard, Delor­meau a ensuite révélé avec quelle star de télévision il aimerait passer une nuit. Il déclame tout de go que c’est sur Laurent Dela­housse, le présen­ta­teur des JT du week-end sur France 2, qu’il jetterait son dévolu.

Il dégage quelque chose de très sexuel, mais à mon avis on va un peu moins rigo­ler le reste de l’année. Donc juste une nuit, il dégage un truc très sexuel.

Comme dirait le site de Gala.fr : « Pour une fois, Matthieu Delor­meau n’a pas déclen­ché de polé­mique ». Peut-être parce qu’il a assumé simplement ses envies et qu’enfin il l’aura fait sans y être poussé par ses collègues ?

Delormeau assume ses fantasmes mais ne dit pas « je suis hétéro, gay ou bi », malheureusement. On aurait pu passer à autre chose. Mais l’ambiguïté est un droit, aussi. Reste à ne pas accepter les agressions que cela suscite.

Libérés, délivrés ?

Et voyez, même quand on a plus peur d’être ce que l’on est – même dans cet environnement pas toujours safe – les événements s’enchaînent. Qui eut cru voir un jour Benjamin Castaldi se confier sur les doutes qu’il a eu de son hétérosexualité inflexible ? Dans la même émission, poussé par un élan de tolérance aussi soudain que salvateur sur ce genre de questions (et pas de bons mots malplacés – ce qui en soi aurait pu mériter une dépêche AFP ou une alerte BFM), l’animateur de feu « Loft Story » a révélé simplement avoir déjà testé son excitation devant un film porno gay, et même demandé à un de ses amis une petite gâterie. Homo certainement pas, mais un témoignage qui montre qu’on peut se poser des questions sans en avoir honte, même quand on incarne la virilité hétéronormée.

Et devant 1,8 millions de téléspectateurs, ça compte. De mémoire de téléphage, ça n’était pas arrivé si souvent que ça depuis la grande époque « Nulle part ailleurs », trendy et cool. Ici c’est populaire et massif.

Disons qu’entre les saillies vulgaires et les légèretés oratoires, on se réjouit d’un peu de sincérité et de tolérance. Espérons que c’est, in fine, ce que garderons la majorité des téléspectateurs, de tous âges et de toutes orientations…

Rien n’est moins sûr…

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