Grâce à des paroissiens gays, un évêque s'engage pour le mariage pour tous
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Grâce à des paroissiens gays, un évêque s'engage pour le mariage pour tous


Soutenu dans sa maladie par des paroissiens gays, un évêque anglican a changé de position sur le mariage pour tous et demande à l’Église d’Angleterre de le reconnaître.

John Wraw est évêque de Bradwell dans le diocèse de Chelmsford, à l’ouest de l’Angleterre. Ce dernier est atteint d’un cancer incurable. De nombreux paroissiens lui ont témoigné leur sympathie et lui ont apporté leur soutien, notamment au sein de la communauté LGBT. Cette entraide de tous les membres de la paroisse l’a « fait profondément réfléchir » et changer d’avis sur la question du mariage pour tous.

Dans une lettre adressée à ses paroissiens, John Wraw explique être atteint d’un myélome multiple – diagnostiqué en 2014 – aujourd’hui incurable. Il en profite pour exprimer son opinion sur le mariage entre personnes de même sexe.

C’est reconnaître ces qualités relationnelles que je rencontre chez tant de personnes – hétérosexuelles, gays, bis. Des gens qui ne cherchent pas à trouver leur identité dans le genre mais dans ce qu’ils sont en tant qu’êtres humains. Ce sont des enfants de Dieu, que Dieu aime.

Ce n’est pas une nouvelle théologie chrétienne, mais je l’ai moi-même vécu très intensément et très personnellement ces trois dernières années et cela m’a profondément changé en tant que personne.

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John Wraw, évêque de Bradwell

Un synode encourageant

Dans cette lettre, l’évêque anglican écorne également l’attitude de l’institution religieuse vis-à vis des questions LGBT. Il lui reproche de s’être « totalement focalisée » sur le mariage entre personnes de même sexe en oubliant « les valeurs fondamentales et essentielles d’engagement, de fidélité, d’ouverture, de confiance, d’intimité et, bien sûr, de fidélité ».

John Wraw fait notamment référence à un rapport controversé soumis au vote de l’instance dirigeante de l’Église d’Angleterre par plusieurs évêques lors d’un récent synode. Ledit rapport prétendait mieux lutter contre l’homophobie au sein de l’Église anglicane tout en recommandant que cette dernière continue de considérer le mariage comme « l’union permanente et de toute une vie, d’un homme et d’une femme ». Nombreux ont été les membres du synode a jugé ce rapport « hésitant et condescendant » envers la communauté LGBT, voire homophobe, tant il était contradictoire dans ses recommandations.

Bien que l’Église d’Angleterre ne reconnaisse pas encore le mariage pour tous, le décision du synode de rejeter un texte considéré comme « déconnecté des réalités » sonne comme une victoire pour les défenseurs des droits LGBT – au sein de l’Église elle-même – qui se félicitent de cette prise de conscience de l’institution sur le quotidien des LGBT. Et d’aucuns d’y voir les prémisses d’une reconnaissance prochaine du mariage entre personnes de même sexe.

Au Groënland, l’Eglise luthérienne a autorisé les couples homosexuels à se marier religieusement, tout comme l’Église protestante en Norvège. En France, l’Église Protestante Unie (EPUdF) autorise les pasteurs qui y sont favorables à bénir les unions des couples homosexuels préalablement mariés civilement (comme c’était déjà le cas pour les couples hétérosexuels) depuis mai 2015.

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