Toute une ville se lève pour condamner une agression homophobe
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Toute une ville se lève pour condamner une agression homophobe


Andy et Jorge ont été tabassés par une demi douzaine d’hommes parce qu’ils s’embrassaient à la sortie d’un bar. Ils ont reçu le soutien de centaines.

C’était censé être un week-end agréable en famille. Andy, 28 ans, qui vit et travaille à Barcelone, avait prévu de présenter son copain Jorge, âgé de 23 ans, à sa famille qui vit à proximité de Berga, une commune catalane située dans les terres. Samedi soir dernier, le couple sort dans un bar de la ville : La General. Ils partagent des verres et des baisers en toute quiétude, dansent jusqu’à 4 heures du matin. Alors qu’ils sortent fumer une cigarette, un homme s’approche d’eux et leur demande de partir parce qu’il réprouve leur attitude. « Si ça ne te plait pas t’as qu’à aller ailleurs » rétorquent Andy et Jorge qui s’embrassent à nouveau, mais l’homme en question les frappe, très vite rejoint par une demie douzaine de personnes. La bagarre est finalement stoppée grâce à l’intervention du videur et d’autres clients.

« On veut que ce soit visible pour alerter les gens » raconte Andy qui a porté plainte et posté des photos de son visage tuméfié sur Facebook.

Berga agression homophobe
©Facebook/Andy Aguilar Corominas

 

Unanimement condamnée

Depuis, l’un des agresseurs présumé, un homme de 19 ans, a été arrêté par la police. Sa famille plaide le trouble mental… D’après les jeunes de la ville, c’est surtout un bagarreur. Le propriétaire du bar a annoncé son exclusion à vie du General et le maire de Berga a immédiatement condamnée cette agression. Mais l’assemblée nationale de Catalogne – qui oeuvre pour l’indépendance de la communauté autonome – est allée encore plus loin. La première région d’Espagne à pénaliser les discriminations LGBTphobes en 2014 a appelé ses administrés à se réunir pour soutenir Andy et Jorge, grâce à une campagne officielle lancée par le collectif AJIB Berguedà et relayée depuis le compte Twitter de l’assemblée territoriale de Berga. Vous imaginez Valérie Pécresse inviter les Franciliens à un rassemblement contre l’homophobie ?

Berga agression homophobe
©Twitter/@ajibergueda

 

Des centaines d’anonymes envahissent une place en signe de soutien

Lundi 13 mars, moins de 48 heures après l’agression, ce sont ainsi des centaines de personnes qui se sont réunies sur la toute petite Plaça Sant Pere qui paraissait soudain démultipliée. Du haut des escaliers qui la jouxtent, ou serrés en son centre, ils étaient présents pour afficher leur soutien au couple, promettre une tolérance zéro contre l’homophobie et faire montre de solidarité. Un rassemblement inouïe pour soutenir un couple gay, majoritairement composé de jeunes selon le journal El Periódico, et qui aurait laissé désert le reste de la ville. Sur la Plaça Sant Pere où des journalistes s’étaient aussi fait une place, certains avaient apporté des drapeaux arc-en-ciel, d’autres des pancartes sur lesquels on pouvaient lire le slogan « Estíma com vulguís » (Aimes comme tu veux) devenu hashtag viral.

Berga agression homophobe
©Twitter/@Oriol_Pintos
Berga agression homophobe
©Twitter/@Oriol_Pintos
Berga agression homophobe
©El Periódico/Ferran Nadeu
Berga agression homophobe
©Instagram/@bakuberga
Berga agression homophobe
©Twitter/@Oriol_Pintos

À nouveau, Andy et Jorge se sont embrassé à la vue de tous, mais cette fois-ci, leur baiser a reçu un tonnerre d’applaudissements.

 

Couverture : ©El Periódico/Ferran Nadeu

  • Pierre Dubois

    Information pour la communauté homosexuelle :

    Plusieurs plaintes ont été déposées pour homophobie, torture physique et
    psychologique, contre la police brigade judiciaire section mœurs de Liège.

    Et contre Arc-en-ciel et UNIA pour discrimination

    Les associations homosexuelles de Liège et de Bruxelles préfèrent collaborer
    comme indic avec ces policiers plutôt que d’assurer ma sécurité physique et
    mentale.

    Réponse d’Arc-en-ciel de Liège :

    « Monsieur,

    Vos courriers m’ont bien été transmis par les collègues avec lesquels vous avez
    déjà été en contact.

    Vous faites référence à des faits de discrimination à votre encontre.

    Ces faits auraient été commis par les référents policiers avec lesquels notre
    association a collaboré dans le cadre de formations visant à sensibiliser aux
    problèmes de discriminations vécus par les personnes LGBT…

    … Dans l’intervalle, et notamment à cause de cette collaboration en cours, nous
    ne nous estimons pas compétents pour recevoir votre plainte. »

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