USA: Pourquoi le départ à la retraite de ce juge de la Cour suprême est une mauvaise nouvelle pour les droits des personnes LGBT
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USA: Pourquoi le départ à la retraite de ce juge de la Cour suprême est une mauvaise nouvelle pour les droits des personnes LGBT


Il était considéré comme l’un des champions des droits LGBT à la Cour suprême des Etats-Unis. Le juge Anthony Kennedy va prendre sa retraite cet été. Et il risque d’être remplacé par un candidat bien moins friendly….

Une page se tourne. Le juge de la Cour suprême américaine Anthony Kennedy prendra sa retraite cet l’été. A 81 ans, le magistrat d’origine irlandaise estime avoir accompli sa mission. Souvent présenté comme l’un des « juges pivot » de la haute cour, gardienne de la Constitution américaine, l’homme a souvent départagé les camps progressistes et conservateurs lors des débats de la Cour suprême. Jugé conservateur sur des sujets comme les armes à feu ou le financement électoral, il lui arrive de virer progressiste sur des thèmes comme l’avortement ou la discrimination positive.

Au sein de la juridiction suprême américaine, c’est souvent le juge Kennedy qui a départagé les quatre juges progressistes des quatre juges conservateurs. Ses arbitrages se sont souvent révélés décisifs notamment dans le domaine des droits des homosexuels. En 2015, c’est lui qui fit pencher la Cour en faveur de la légalisation du « mariage equality » dans tous les Etats-Unis. Le magistrat en avait d’ailleurs rédigé l’arrêt historique.

Une mauvaise nouvelle pour les droits des personnes LGBT

C’est dans une lettre adressée au président Donald Trump que le juge a annoncé son intention de partir à la retraite, exprimant sa « gratitude » pour avoir siégé trente ans à la Cour suprême. Ce départ est une mauvaise nouvelle pour les droits des personnes LGBT, puisqu’il ouvre la possibilité pour Donald Trump de nommer un remplaçant d’Anthony Kennedy et ainsi d’ancrer dans le conservatisme cette institution clé.

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D’ailleurs le président a annoncé que le processus de remplacement du juge Kennedy allait débuter « immédiatement ». Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Trump a déjà eu l’occasion de nommer un juge très conservateur à la juridiction la plus élevée du pays.

Remplacé par un juge conservateur

La retraite de M. Kennedy était redoutée par les démocrates américains et toutes les organisations progressistes du pays, qui savent que M. Trump voudra lui nommer un remplaçant nettement plus à droite. Un candidat sûrement issu de la fameuse liste de 25 noms que Trump avait publiée lors de sa campagne présidentielle. Selon l’agence Associated Press, les juges Thomas Hardiman de Pennsylvanie et William Pryor d’Alabama et le juge Brett Kavanaugh, de la cour d’appel fédéral de Washington, auraient les faveurs de la Maison Blanche.

On peut donc s’attendre à une bataille politique épique autour de celui appelé à succéder à M. Kennedy, qui était doyen de la Cour suprême en durée d’exercice : il y avait été nommé par le président républicain Ronald Reagan en 1987. Bien qu’il fût nommé par un président républicain, ce vieux juge catholique pratiquant a su faire preuve d’une ouverture d’esprit déterminante en faveur des personnes LGBT. Notamment lors de trois décisions cruciales. Chacune constituant une étape vers la décision historique de juin 2015.

En 1996, d’abord, lorsqu’il écrit la décision « Romer contre Evans » sur la protection des droits civiques des gays et des lesbiennes. En 2003, quand il rédige la décision « Lawrence contre Texas » qui invalidera les lois anti-sodomie. En finalement en 2013, où il rédige l’arrêt « United States contre Windsor » qui octroiera finalement des droits fédéraux à tous les mariés qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels. Reste à savoir désormais qui va lui succéder. En attendant, les progressistes américains retiennent leur souffle…

 

Avec AFP

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