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"God is a woman" : le nouveau clip très féministe d'Ariana Grande


La chanteuse américaine Ariana Grande a dévoilé, vendredi 13 juillet, le clip très féministe de sa nouvelle chanson « God is a woman ». Dans cette ode adressée à toutes les femmes, la diva pop emprunte de nombreuses références religieuses pour dépeindre un monde où le pouvoir est exclusivement féminin.

Dieu est une femme. C’est ce qu’affirme la diva du R’n’B Ariana Grande dans sa dernière chanson « God is a Woman », sortie vendredi 13 juillet. Cette hymne au female empowerment annonce un virage plus politique et engagé pour la jeune chanteuse américaine, marquée par l’attentat qui avait eu lieu à Manchester, le 22 mai 2017, lors d’un de ses concerts. Elle avait organisé, quelques semaines après, un événement caritatif, le « One Love Manchester », pour aider les familles et les victimes touchées par l’acte terroriste.

Dans le troisième extrait de son prochain album « Sweetener », attendu pour le 17 août, la native de Floride dépeint une relation, amoureuse et sexuelle, dans laquelle la femme a le rôle actif et l’homme celui de passif. Dans le refrain, on l’entend ainsi dire : « Toi, tu aimes la manière dont je te bouge » (« You, you love it how I move you »), ou encore : « Tu aimes la manière dont je te touche » (« You love it how I touch you »).

Ce changement de perspective, où la femme est au centre des décisions, est encore plus explicite lorsque Grande balance à son mec : « Je vois que tu as compris que je sais comment je veux que ça se passe / Je te dis ce que j’aime faire et ce que j’ai envie de faire» (« And I can tell that you know I know how I want it / I’m tellin’ you the way I like it, how I want it »).

Mais le clip revête surtout une forte dimension politique, en dénonçant les violences, notamment verbales, des hommes à l’égard des femmes.

Like a prayer

Le clip, diffusé le même jour que la chanson, ajoute une dimension supplémentaire au titre, reprenant de nombreuses références religieuses. Dès les premières images, Ariana Grande apparaît en train de danser au centre de la voie lactée, comme pour signifier que la femme est au centre de tout et agit sur tout. Une idée reprise un peu plus loin dans la vidéo, lorsque l’ex-star de « Nickelodeon » est assise sur un globe terrestre et crée des tornades avec ses doigts.

L’imagerie religieuse ne s’arrête pas là. Au milieu du clip, la chanteuse brandit le marteau de la justice, dans une salle baignée d’une lumière divine, et déclame le verset 10 du texte 25 du « Livre d’Ezéchiel ». Et ce n’est autre que la queen of pop herself, la chanteuse Madonna, qui lit le texte :

« J’abattrai le bras d’une terrible colère et d’une vengeance furieuse sur ceux qui essayeront d’empoisonner et de détruire mes sœurs. Et tu sauras pourquoi mon nom est l’Éternel quand sur toi s’abattra la vengeance du Tout-Puissant. »

Après avoir récité ce texte, Ariana Grande lance le marteau dans les airs et détruit le plafond de verre de la salle divine dans laquelle elle se trouve. Une référence subtile à l’expression « plafond de verre » (« glass ceiling ») utilisée pour décrire les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder aux postes de pouvoir.

La vidéo se termine, enfin, sur la reproduction de la célèbre fresque « La Création d’Adam » de Michel-Ange, qui devient plutôt la création d’Eve. La boucle est bouclée.

Une maturité et une profondeur décuplées

Mais plus que les références religieuses, le clip de « God is a Woman » offre une autre perception des femmes dans l’imagerie musicale actuelle. Comme Janelle Monáe, qui, dans son clip « Pynk », montre le vagin sous toutes ses formes, Ariana Grande ne se prive pas. Que ce soit allongée, nue, dans une eau colorée ou assise sur un lit dans une salle dont l’intérieur ressemble à celui d’une huître, les images sont subtiles mais bien présentes.

Avec « God is a Woman », la jeune américaine de 25 ans entre dans la cour des grands et dévoile une maturité et une profondeur décuplées par l’attentat de Manchester. Dans une interview au magazine Time, elle déclarait ainsi :

« La musique est censée être l’espace le plus sûr au monde. Je pense que c’est pour ça que cet événement pèse lourd sur mon coeur tous les jours. J’aimerais pouvoir arranger plus de choses. Tu penses qu’avec le temps cela devient plus facile d’en parler. Ou que tu vas enfin être en paix avec toi-même. Mais tous les jours, j’attends que cette paix vienne et c’est toujours aussi douloureux. »

Gageons que « Sweetener » sera sans aucun doute le « Ray of Light » d’Ariana Grande, soit l’entrée de la jeune diva dans le panthéon de la pop, où Madonna l’attend les bras ouverts.

 

Crédit photo : capture d’écran YouTube.

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