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Il se vante de reverser ses bénéfices liés aux Gay Games à la Manif pour tous : retour sur la polémique

Vendredi 3 août, le patron d'une entreprise francilienne s'est vanté d'avoir reversé les bénéfices d'une vente aux Gay Games à... la Manif pour tous. Et si l'on exhume ses vieux tweets, on se rend compte que le PDG est un habitué des sorties homophobes.

Emmanuel de Préval n'a visiblement honte de rien. Le PDG de l'entreprise francilienne Barnum, qui propose des services de boissons pour les professionnels, s’est enorgueillit vendredi 3 août sur Twitter d’avoir reversé les bénéfices d’une commande faite par l’organisation des Gay Games à… la Manif pour tous. « Comme ça nous posait un vrai problème moral de bosser pour des communautaristes, on a décidé de reverser tous les bénéfices à @LaManifPourTous. Merci au lobby LBGT pour sa générosité pour de si belles causes », s'est-il vanté sur son compte anonyme.

Joint par TÊTU, le service presse des Gay Games assure n'avoir jamais consulté directement ce fournisseur. La société Barnum a en fait été sollicitée par « une association sportive LGBT qui a des athlètes aux Gay Games, pour organiser une soirée privée ». Soirée qui, de surcroît, « n'a rien à voir, de près ou de loin, avec les Gay Games ou la ville de Paris ». Pour se justifier, le service presse des Gay Games indique par ailleurs ne « jamais dire aux sportifs LGBT qui participent à la compétition avec quels prestataires ils doivent ou non traiter ».


Le tweet, depuis supprimé par son auteur - qui a d'ailleurs passé son compte en privé -, n'a pas manqué de faire réagir les internautes. Plusieurs d'entre eux ont appelé les Gay Games à rayer l'entreprise de leur liste de prestataires. D'autres ont exhumé des vieux tweets du patron d'entreprise, où ce dernier tenait des propos plus que douteux.
Parmi les sorties homophobes les plus 'savoureuses', on retrouve : « Dans le cerveau malade de ces LGBT, un père ne sert à rien et son absence ne pose aucun problème. Pas envie que leurs délires rentrent dans la loi », posté en janvier dernier, ou encore : « La Kommandantur LGBT a donc installé son Quartier Général rue du faubourg Saint Honoré #Gaystapo », écrit en juin 2013.

Des suites judiciaires ?

Plusieurs soutiens à Emmanuel de Préval ont appelé ses détracteurs à la prudence, faisant planer des menaces de plaintes. « Il ne faudrait pas oublier que la diffamation, le dénigrement commercial ou le harcèlement sont des infractions pénales », a tweeté l'avocat Jean-Baptiste Chevalier. Interrogé à ce sujet, Thierry Vallat, avocat au barreau de Paris, estime que de telles plaintes ont peu de chance d'aboutir lorsqu'elles visent un particulier.
De son côté, l'organisation des Gay Games peut-elle porter plainte ? « Cela semble difficile, selon Thierry Vallat. Ce qu'il dit est borderline et provocateur, mais cela ne constitue pas une injure ou une provocation en raisons de l'orientation sexuelle. » Mais un autre point fait débat. En théorie, une entreprise n'a aucunement le droit de faire un don à un parti politique. Car oui, la Manif pour tous n'est pas une simple association, mais s'est constituée en parti politique en 2015, notamment pour permettre à ses donateurs de bénéficier d'une déduction fiscale.


Le directeur de la communication des Gay Games, Jérémy Goupille, nous a indiqué ne pas avoir fait de démarches judiciaires. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un avis bien tranché sur Emmanuel de Préval : « Il s'est vanté de ne pas vouloir financer un événement qu'il pense communautariste, en finançant une association qui prône l'intolérance et une vision de pensée unique. Notre événement prône l'inclusion et le vivre ensemble, ce qui semble être tout le contraire de cet homme ».

Un manifestant anti-mariage pour tous

Emmanuel de Préval s'était déjà fait connaître en octobre 2014 en défilant parmi les anti-mariage pour tous avec sa femme et ses enfants. On peut d'ailleurs le voir dans un article du Figaro, déguisé en loup et brandissant une pancarte bien malaisante « Dis-moi jolie gauche, pourquoi es-tu si méchante avec les enfants ? ». Il y disait notamment sa peur de voir le « mariage des couples homosexuels ouvrir l'accès à la filiation ». Quatre ans plus tard, le discours n'a pas changé.
 
Crédit : compte Twitter de @Prevalito.


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