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Quand un conseiller de Trump suggérait à une ado lesbienne de faire une » thérapie de conversion »

Pasteur évangélique au Texas, Robert Jeffress s'annonce important dans la campagne présidentielle à venir. D'après l'enquête d'une ONG américaine, il a par le passé multiplié les propos homophobes et soutenu les "thérapies de conversion".

Robert Jeffress est pasteur à la First Baptist Dallas, une megachurch, ces immenses églises évangéliques américaines aux allures de concerts pop rock. Fervent républicain, il est aussi chroniqueur sur la chaîne Fox News, longtemps chaîne préférée de Donald Trump, jusqu'à quelques frictions récentes. Alors que des pasteurs évangéliques se mettent en ordre de bataille pour soutenir la réélection du président, Jeffress déclarait en décembre que celui-ci était "du bon côté de Dieu".

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Après avoir soutenu Trump en 2016, le pasteur a intégré son Evangelical Advisory Board, qui vise à galvaniser l'électorat évangélique conservateur en rassemblant des figures de la droite chrétienne. C'est parce qu'il s'annonce comme l'un des personnages-clés de la campagne présidentielle qu'un journaliste d'investigation de Media Matters, une ONG progressiste qui se donne pour mission de "surveiller, analyser et corriger de manière exhaustive les informations conservatrices dans les médias américains", a enquêté sur son passé. Et ce qu'il a déniché n'est pas glorieux.

"Thérapies de conversion"

Jeffress s'était déjà illustré pour des propos haineux envers d'autres religions. Mormons, catholiques, musulmans, hindous, juifs, bouddhistes : aucune n'est épargnée. Mais c'est surtout sur son rapport à la communauté LGBT+ que Media Matters a travaillé. D'après l'ONG, le pasteur a par le passé estimé que les personnes LGBT+ avaient un "mode de vie misérable" et "dégoûtant", que le soutien au mariage pour tous était un signe avant-coureur de l'Apocalypse.

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À propos des pratiques connues sous le nom de "thérapies de conversion" visant à "guérir" l'homosexualité, Robert Jeffress déclarait dans une interview en 2014 : "J'ai parlé à des gens qui ont suivi une thérapie comme celle-ci, et ils m'ont dit qu'en tant que chrétiens cela les avait aidés à gérer leurs tentations." Surtout, dix ans plus tôt, il raconte dans un de ses livres sa pratique dans son propre ministère sur les questions d'orientation sexuelle.

Dans cet ouvrage, il renvoie à plusieurs noms de promoteurs des "thérapies de conversion" et de groupes "ex-gays" tels qu'Exodus International - depuis dissout, en 2013. Il relate en particulier une anecdote dans laquelle "Susan", une lycéenne lesbienne, vient se confier à lui. Elle dit avoir "sérieusement envisagé le suicide après son coming out", mais avoir finalement réussi à s'accepter.

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Pourtant, le pasteur lui conseille de suivre une "thérapie de conversion" en lui donnant des références. Sans succès, écrit-il : "J'aimerais pouvoir dire qu'après avoir entendu ces informations, elle a renoncé à ses tendances homosexuelles, a avoué son péché à Dieu et a quitté mon bureau avec une toute nouvelle attirance pour le sexe opposé. Elle ne l'a pas fait." Alors que des militants LGBT+ américains tentent de faire interdire les "thérapies de conversion" à l'échelle nationale, le combat s'annonce long...

 

Crédit photo : Page Facebook de Robert Jeffresss


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