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En Colombie, une femme trans assassinée dans des circonstances atroces

Une jeune femme trans de 33 ans a été poignardée vingt fois, un œil arraché, à Barranquillo en Colombie. L'Amérique latine concentre trois quarts des meurtres transphobes.

C'est un meurtre sordide qui s'est produit jeudi 16 avril en Colombie. Vers midi, le corps sans vie de Paloma Salas Jiménez, jeune femme transgenre de 33 ans, a été retrouvé dans un fossé, au nord de Barranquilla, ville portuaire nichée à l'embouchure du fleuve Magdalena, comme le raconte le site d'information LGBT+ britannique PinkNews. Elle a été poignardée vingt fois et son œil a été arraché. Un crime qui se serait produit la veille au soir selon les autorités.

https://twitter.com/SebastienTULLER/status/1252610705993457664

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D'après des militants LGBT+, Paloma Salas Jiménez était fréquemment la cible des gangs qui tiennent le quartier de La Chinita, où elle était particulièrement visible. "Nous sommes ébranlés par la gravité du crime, car vingt coups de couteau dans son corps montrent une intention claire de la part de l'agresseur, non seulement de la tuer, mais aussi d'exercer un niveau élevé de violence pour envoyer un message de rejet de ce que la la victime représente", a estimé auprès du quotidien El Heraldo Wilson Castañeda, directeur de l'association LGBT+ Corporación Caribe Affirmativo à Barranquilla.

Trois quarts des meurtres transphobes en Amérique latine

À en croire le communiqué de l'association, il s'agit du troisième meurtre de personne LGBT+, rien que dans la ville de Barranquilla, depuis le début du confinement. "Les meurtres transphobes en Colombie se produisent souvent dans des circonstances horribles : les victimes sont tuées à coups de briques ou lapidées, détaille Sébastien Tüller, responsable de la commission LGBTI à Amnesty International France. Je pense qu'il y a une volonté de porter atteinte à la dignité des personnes trans, de nier leur humanité."

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Chaque année, l'association Transgender Europe recense les assassinats transphobes partout sur la planète, en s'appuyant sur les chiffres transmis par les associations locales. L'an dernier, sur les 331 victimes, plus des trois quarts se trouvaient en Amérique centrale et du Sud, dont 14 en Colombie, ce qui en fait le quatrième pays le plus meurtrier au monde derrière le Brésil, les États-Unis et le Mexique.

"En Amérique latine, les personnes LGBT+, surtout transgenres, sont particulièrement vulnérables et victimes de harcèlement au travail, dans l'espace public mais aussi vis-à-vis des gangs et des conflits armés qui peuvent exister notamment en Colombie", poursuit Sébastien Tüller. Amnesty International demande une enquête "exhaustive et transparente" sur le meurtre de Paloma Salas Jiménez, et qui prenne bien en compte sa motivation transphobe.

 

Crédit photo : Juan Pajaro Velasquez/Wikimedia Commons


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