Canal+Pierre Ménès à nouveau accusé d'homophobie, de racisme et de violences sexuelles

Par Florian Ques le 29/03/2021
pierre ménès

Depuis la sortie du docu édifiant Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, le commentateur sportif de 57 ans est sous le coup de nombreuses accusations de harcèlement moral, de violences sexistes et de propos homophobes.

Depuis le 21 mars dernier, les accusations à l'encontre de Pierre Ménès s'accumulent. Ce jour-là, Canal+ diffusait Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, le documentaire saisissant de Marie Portolano où de nombreuses femmes journalistes dénoncent le sexisme banalisé dans leur secteur professionnel. Un documentaire qui a été tronqué à la diffusion d'une séquence d'agression sexuelle de la part du journaliste sportif Pierre Ménès, ont révélé Les Jours.

Depuis, les langues se délient et de nombreux témoignages viennent accabler le consultant sportif. En effet, dans une longue enquête réalisée par Mediapart, de nouvelles paroles viennent s'ajouter et rapportent les différents cas de sexisme, de racisme et d'homophobie auxquels il serait associé.

Homophobie quotidienne

Selon plusieurs témoignages, des termes dénigrants comme "bougnoules" ou "pédés" feraient partie du vocabulaire courant de Pierre Ménès. Un grand nombre de sources font également état de stéréotypes véhiculés par l'animateur, à commencer par sa théorie récurrente concernant les Noirs qui ne pourraient pas tirer de penalties "parce qu'ils n'ont pas de mental".

Il aurait également tenu des propos violents à l'égard d'un collaborateur, disant notamment "il est à ma botte, je l'encule avec du gravier et du verre pilé". Les attouchements non consentis et remarques misogynes – "c'est pas le moment de demander à la maquilleuse de me sucer c'est ça ?" – auraient aussi été légion pour les femmes ayant travaillé avec lui.

Une plainte classée sans suite

Pour la piqûre de rappel, son ancien collaborateur Emmanuel Trumer avait déposé plainte contre lui en 2019, mais celle-ci a été classée sans suite à l'automne dernier. Déjà accusée d'avoir censuré deux passages impliquant Pierre Ménès dans le documentaire de Marie Portolano, Canal+ est pointée du doigt pour son laxisme vis-à-vis de son commentateur phare. Plus encore, la chaîne est suspectée de vouloir protéger coûte que coûte ce dernier, identifié comme "un atout pour faire le buzz" selon Mediapart. "Depuis que l'information de la censure de l'interview de Pierre Ménès est sortie, leur seul intérêt n'est pas de recenser les victimes, mais de trouver les 'taupes'", avance un·e salarié·e anonyme de Canal+.

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Face à ce torrent d'accusations, son avocat Arash Derambarsh vole à son secours. "Pierre Ménès a un langage fleuri, très populo, soutient-il. La malveillance n'est jamais dans ses propos. Il n'a jamais la volonté de porter atteinte à la considération et à la dignité de quelqu'un. Il n'a pas conscience que ce qu'il dit peut blesser ou humilier. Cette période lui a fait prendre conscience qu'il y a des choses à ne pas dire et à ne pas faire". Ce lundi 29 mars, le commentateur de 57 ans formule ses excuses via un post Twitter. "Je tenais à vous dire que je regrette sans aucune ambiguïté tous ces gestes du passé qui ne se justifiaient aucunement", énonce-t-il, notamment à destination de Marie Portolano, Isabelle Moreau et Francesca Antoniotti – trois de ses victimes apparues dans le docu Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste.

Crédit photo : Canal+ Football Club via capture d'écran YouTube