justiceDora Moutot condamnée pour injure transphobe dans "Quelle époque !"

Par Romain Siraut le 23/05/2026
Dora Moutot dans "Quelle époque !" sur France 2.

La militante anti-trans Dora Moutot a été condamnée à la suite de propos tenus, face à Marie Cau, dans l'émission de Léa Salamé sur France 2.

Dora Moutot reconnue coupable d'"injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur identité de genre". Le tribunal judiciaire de Paris a condamné ce mercredi 20 mai la militante anti-trans pour des propos tenus en 2022 dans l’émission Quelle époque ! animée par Léa Salamé le samedi soir sur France 2. À la suite de la séquence diffusée à la télévision sur une chaîne du service public, les associations STOP homophobie, Mousse et Adheos avaient porté plainte au nom de la défense des personnes transgenres. Les juges leur ont donné raison, considérant que les propos dénoncés "assignent" les personnes trans à des stéréotypes portant atteinte à leur dignité.

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Dans son émission du 15 octobre 2022, Léa Salamé avait organisé un face-à-face entre Dora Moutot et Marie Cau, première maire trans de France, qui a depuis démissionné de son mandat. Le débat porte sur une affiche du Planning Familial représentant un homme enceint, et plus largement sur les questions de genre et de transidentié. Au cours de l’échange, Dora Moutot affirme que Marie Cau n’est pas une femme mais "une personne biologiquement mâle", ajoutant : "On est obligé de se méfier des personnes à pénis, en tant que femme." Marie Cau pointe immédiatement un discours issu de la "fachosphère" et l'humoriste Jérémy Ferrari, présent sur le plateau, menace de le quitter si de telles déclarations continuent d’être tenues. La séquence provoque de vives réactions sur les réseaux sociaux. Le tribunal a tranché : ces propos relèvent bien de l’injure publique en raison de leur caractère "outrageant", "généralisant" et "stigmatisant". La militante transphobe est condamnée à une amende de 1.000 euros.

Réaction de Marie Cau

Jointe par têtu·, Marie Cau revient sur cette séquence télévisée dont elle "garde un souvenir douloureux" : "J’ai eu l’impression qu’on cherchait le buzz. J’y ai vu une complicité passive dans l’organisation de ce face-à-face. Tout le monde sait que je ne recule jamais pour débattre. Mais cette fois-ci, il y avait une recherche de polémique et de haine." Et de souligner, après le jugement rendu dans cette affaire où elle était citée en tant que témoin : "Les attaques personnelles n’ont pas cessé, et la défense de Dora Moutot n’a démontré qu’une seule chose : ses propos ne relèvent que de la haine pure des trans."

Représentant les associations plaignantes, les avocats Claire Truffy et Etienne Deshoulières se "félicitent" d’un jugement qui "reconnaît clairement le caractère transphobe de ces propos". Annonçant qu’elle compte faire appel, Dora Moutot en a profité pour lancer un appel aux dons sur PayPal, afin de financer ses frais judiciaires. Elle est aussi poursuivie par SOS homophobie à la suite de la parution en 2024 de son livre Transmania, dont plusieurs extraits sont accusés d’incitation à la haine transphobe.

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Crédit photo : capture d'écran France 2