Abo

pop culture"Heartstopper" le film, ou le triomphe retrouvé de l'amour guimauve

Par Florian Ques le 17/07/2026
heartstopper,films,séries,romantiques,sentiments,queer,gay,LGBT,guimauve,forever,selection,fleur bleue

[Article à retrouver dans le magazine de l'été, chez votre marchand de journaux ou sur abonnement.] Sur Netflix ce 17 juillet, le film Heartstopper Forever vient mettre un point final à l'une des séries les plus tendres de sa génération. Derrière cette romance adolescente au goût forcené pour les grands élans sentimentaux, un retour en force de l'amour cul-cul se fait à cœur ouvert. Cyniques, passez votre chemin.

Par Florian Ques, Maurine Charrier & Laure Dasinieres

Heartstopper où le triomphe du cul-cul

Adaptée des BD d’Alice Oseman, Heartstopper raconte depuis quatre ans, sur Netflix, l’histoire de Charlie, lycéen gay harcelé, et de Nick, rugbyman populaire qui découvre sa bisexualité. Tout y est d’une douceur presque absurde : les garçons communiquent, les amis se soutiennent, les adultes sont bienveillants et personne ne finit alcoolique sous la pluie après une rupture… Tendresse partout, sarcasme nulle part, on n’avait plus vu de personnages aussi attachants depuis la fin de Lassie.

À lire aussi : "Heartstopper", la série qui normalise enfin le fait d'être ado et gay

My Dear F***ing Prince, OTAN en emporte le vent

Que se passerait-il si le fils de la présidente des États-Unis couchait avec le prince d’Angleterre ? Absolument rien de crédible, mais beaucoup de beaux garçons en pulls de luxe et une tension sexuelle à faire suinter les dorures de Windsor qui, pourtant, en ont vu d’autres. Entre sextos diplomatiques, disputes théâtrales et déclarations d’amour sous éclairage royal, le scénario avance avec la subtilité d’une fanfiction Wattpad. Romantique à vous filer des caries, le film (à voir sur Prime Video) assume tellement son délire qu’on finit par céder. C’est comme entrer dans l’univers de Philippe Katerine : il suffit d’accepter que le ridicule fait partie de l’expérience.

À lire aussi : "My Dear F***ing Prince" sur Prime Video : un royal plaisir coupable gay

Le Club des cœurs brisés, rom-com pionnière

Avant Queer as Folk, la communauté gay américaine avait déjà trouvé ici sa bande de copains névrosés, attachants et perpétuellement en galère sentimentale. Sorti en 2000, le premier film de Greg Berlanti (disponible sur Apple TV), futur spécialiste des séries où des gens très beaux ont des problèmes émotionnels compliqués (You, Riverdale…), tranche alors avec les représentations tragiques de l’homosexualité qui dominent encore le cinéma grand public. Ici, les gays flirtent, se larguent, dramatisent à volonté et tombent amoureux, comme tout le monde.

XO, Kitty, le pensionnat des cœurs en PLS

Dans le sillage d’À tous les garçons que j’ai aimés, Netflix expédie cette fois les tourments adolescents à Séoul. Entre pensionnat chic, triangles amoureux et avalanche de papillons dans le ventre, la série suit Kitty Song-Covey à la Korean Independent School of Seoul. "Kiss" évidemment, parce qu’à ce stade, le scénario cligne carrément de l’œil au spectateur. Avec ses crises sentimentales XXL dans des couloirs pastel, vous reprendrez bien du bubble tea ?

Que Souffle la romance, bukkake de cannelle

Peter, célibataire fatigué des remarques de ses parents, décide d’embarquer son meilleur pote au Noël familial en le faisant passer pour son petit ami. Évidemment, sa mère a déjà prévu de le caser avec un autre garçon beau comme un catalogue de pulls en laine recyclée. Si les téléfilms de Noël constituent désormais une industrie capable de produire quatorze romances au pain d’épices par semaine, les gays ont longtemps été priés de rester à la porte du chalet. Anomalie civilisationnelle corrigée. Tout est cousu de fil blanc et personne ne semble avoir de vie loin du sapin, c’est exactement ce qu’on attend du genre. Sur Netflix.

À lire aussi : "Que souffle la romance" : le film de Noël gay de Netflix tient sa promesse

Love, Simon, le mail et les abeilles

Après le succès surprise du Club des cœurs brisés, Greg Berlanti a profité d’une pause entre quinze séries américaines pour adapter le best-seller de Becky Albertalli. Cette rom-com adolescente suit un lycéen dans le placard qui tombe amoureux d’un camarade avec qui il échange, anonymement par mail. Tout y est calibré pour arracher de petits soupirs : la bande-son indie pop, les amis un peu trop parfaits, les grandes tirades sur l’amour et ces adolescents qui évoluent dans des cuisines plus grandes qu’un appartement parisien. On fond quand même, parce que c’est bon. Disponible sur Disney+.

À lire aussi : "Love, Simon" : 5 garçons racontent comment le film les a aidés à faire leur coming out

The Boyfriend, télé-réalité doudou

Dix hommes dans une immense maison, un camion-café à gérer dans l’espoir de trouver l’amour… On pourrait croire au début d’une catastrophe Netflix avec jacuzzi et beaucoup de cris. Heureusement, le format est japonais. Ici, les silences durent longtemps, les regards comptent et un simple frôlement de main prend des proportions d’événement national. À mille lieues de la télé-réalité tapageuse, l’émission avance à la vitesse d’un thé qui infuse. À savourer avec une personne qu’on aime.

À lire aussi : "The Boyfriend" : une télé-réalité doudou contre la dépression hivernale

"We fell in love in october", de Girl in red

Le cliché de la lesbienne qui emménage après deux rendez-vous a peut-être la vie dure, mais cet album n’aide franchement pas à le faire disparaître. Avec sa guitare douce, sa voix traînante et ses paroles baignées de feuilles mortes, Girl in Red transforme l’automne en fantasme saphique. Tout donne envie d’envoyer un "Tu me manques" beaucoup trop tôt, d’acheter un plaid en commun et de regarder la pluie tomber avec une fille en hoodie trop grand. Excessivement sentimental ? Évidemment. Donc parfaitement efficace.

"Goo Goo Eyes", de Lycinaïs Jean

Avec ses slows zouk en créole et ses déclarations d’amour chantées comme des évidences absolues, Lycinaïs Jean ferait presque passer Céline Dion pour une cynique. De "Goo Goo Eyes" à "Danje" en passant par "Tonbé ajounou", la chanteuse aux origines antillaises transforme chaque morceau en bande-son de mariage. Impossible de résister très longtemps à cette avalanche de romantisme chaloupé.

À lire aussi : De Freddie Mercury à "Pillion" : le cuir, matière fétiche queer

Crédit photo d'illustration : Netflix