Alerte IST : la gonorrhée est en train de devenir intraitable...
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Alerte IST : la gonorrhée est en train de devenir intraitable...


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une alerte début juillet, selon laquelle la gonorrhée – infection sexuellement transmissible particulièrement présente chez les gays – serait en passe de devenir intraitable et se répandrait à toute vitesse.

 

Après la recrudescence de la syphilis et de l’hépatite A, une autre IST fait craindre une nouvelle épidémie incontrôlable. La situation a été qualifiée de «très sérieuse» par les experts de l’OMS, qui ont découvert que la bactérie à l’origine de la gonorrhée était capable de s’adapter pour résister aux antibiotiques. Aux Etats-Unis, environ un tiers des infections sont déjà résistantes à au moins un antibiotique selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américain.

L’OMS a déclaré avoir déjà recensé trois patients, dont un en France, présentant des gonorrhées résistantes à tout traitement (généralement l’azithromycine en association avec le ceftriaxone). Des cas similaires ont déjà été signalés dans une cinquantaine de pays…

Ils craignent que les antibiotiques utilisés actuellement ne soient plus efficaces dans un temps très court. Des laboratoires travaillent déjà sur de nouveaux antibiotiques, mais la mise sur le marché d’un nouveau produit peut prendre des années (en moyenne de dix à quinze ans de recherches pour une nouvelle molécule)…

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Egalement appelée blennorragie et «chaude-pisse», la gonorrhée touche environ 78 millions de personnes chaque année dans le monde. Elle peut affecter les organes génitaux, mais aussi le rectum, la gorge et les yeux. Chez les hommes, elle peut provoquer une sensation de brûlure dans le pénis, voire provoquer un écoulement blanchâtre. A terme, cela peut entraîner des maladies inflammatoires et même l’infertilité.

Cette maladie sexuellement transmissible se propage d’autant plus facilement qu’elle n’est pas toujours détectée chez les femmes, en l’absence de symptômes apparents.

La gonorrhée se transmet lors de relations sexuelles orales, anales ou vaginales non protégées avec un(e) partenaire infecté(e), par l’échange de liquides biologiques et le contact des muqueuses. La moitié des blennorragies seraient contractées par des rapports bucco-génitaux. Avoir un IST telle que la gonorrhée augmente le risque de contracter le VIH.

La prévention consiste à utiliser des préservatifs pour tout type de rapport sexuel. Il faut aussi se dépister dès les premiers symptômes anormaux de brûlures (ainsi que votre/vos partenaires qui auraient les même symptômes), ainsi que de solliciter les antibiotiques auprès de votre médecin, pour vous et votre/vos partenaires.

 

Une hausse inquiétante

Déjà il y a un an, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américain avait tiré la sonnette d’alarme. Aux Etats-Unis, le nombre de cas de gonorrhée résistant à cet antibiotique aurait augmenté de plus de 400 % en à peine un an, de 2013 à 2014.

Globalement, le nombre de cas de gonorrhées ne cesse d’augmenter partout dans le monde. En France, entre 2008 et 2009, le nombre annuel de cas dépistés a augmenté de 50%. Selon les chiffres 2012 de l’Institut de veille sanitaire (InVS), le nombre d’infections à gonocoques est en recrudescence depuis dix ans en France chez les hommes et les jeunes filles hétérosexuelles : 15 000 à 20 000 hommes dépistés en 2009. Entre 2013 et 2015, on note 100% d’augmentation de cas chez les hommes homosexuels.

 

Un nouvel espoir

Une étude publiée le mardi 11 juillet dans la revue médicale The Lancet annonce que des individus vaccinés contre le méningocoque B, bactérie responsable de méningites, sont moins susceptibles que les autres d’être infectés par la gonorrhée.
L’étude se base en effet sur une vaste campagne de vaccination contre le méningocoque B réalisée en Nouvelle-Zélande entre 2004 et 2006, qui concernait un million de personnes. En examinant les données de 14 000 sujets, les auteurs de la publication ont découvert que le fait d’avoir été vacciné contre le méningocoque B réduisait de 31% le nombre de cas de gonorrhée. Les deux bactéries auraient en effet un génotype assez semblable.
C’est donc une solution de pis-aller, néanmoins efficace et qui pourrait être privilégiée dans les prochaines années avant de trouver un vaccin sur la gonorrhée.

 

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