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Le pape François n’est décidément pas à une contradiction près sur l’homosexualité

Le pape François a récemment déclaré que "le coeur de ceux qui rejettent" les homosexuels n'est "pas humain". Pour autant, le pontife souffle régulièrement le chaud et le froid sur la question de l'homosexualité. Retour sur ses déclarations les plus emblématiques.

C'est une déclaration encourageante. Dans une vidéo diffusée sur BBC le vendredi 19 avril, le pape François a tenu un discours d'ouverture et de tolérance face au comédien britannique ouvertement homosexuel Stephen K. Amos. "Peu importe qui vous êtes ou comment vous vivez, vous ne perdez pas votre dignité, lui a-t-il dit. Certaines personnes préfèrent rejeter des personnes à cause de l'adjectif (gay, NDLR) : elles n'ont pas de cœur humain".

 

Un message dans le sillage des propos du pape au moment de son élection, en 2013 , où il avait lancé son désormais célèbre : "Qui suis-je pour juger ?", en recevant plusieurs couples gays au Vatican. Mais si le pontife est souvent décrit comme plus ouvert que son prédécesseur Benoît XVI, sa position sur l'homosexualité reste celle de l'Eglise : une vive opposition au mariage pour tous et à l'adoption pour les couples de même sexe.

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Dans un livre d'entretiens paru en novembre 2018, le pape François s'était dit "inquiet" du nombre de prêtres et de religieux gays, estimant que l'Eglise catholique risquait d'être gagnée par la "mode" de l'homosexualité. "L'homosexualité est une question très grave qui doit faire l'objet d'un discernement adéquat des candidats" à la prêtrise et à la vie religieuse.

Polémique sur un recours à la "psychiatrie"

Une autre déclaration avait provoqué une polémique partout dans le monde. En août 2018, dans l'avion qui le ramenait d'Irlande après une visite dominée par les abus de pédophilie dans le clergé, le pape François avait déclaré à propos de l'homosexualité : "Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses".

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Le mot "psychiatrie" avait été retiré du verbatim publié quelques jours plus tard par le service de presse du Vatican. Pas de quoi éteindre la polémique pour autant. La secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa avait notamment jugé ces propos "incompréhensibles et indéfendables", rappelant que l'OMS avait retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990.

Enseignement de la "théorie du genre"

En octobre 2016, le pontife argentin s'était attiré les foudres de plusieurs ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine, en affirmant que la "théorie du genre" était enseignée dans les manuels scolaires français. Pour le chef de l'Eglise catholique, "avoir des tendances homosexuelles ou changer de sexe est une chose", mais "faire un enseignement dans les écoles sur cette ligne" en est une autre, affirmant que c'était là une volonté de "changer les mentalités", d'une "colonisation idéologique", a-t-il estimé.

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Le pape François avait également fait parler de lui en octobre 2015 en s'entretenant avec l'égérie des opposants au mariage pour tous aux Etats-Unis, Kim Davis. Il avait en revanche, la veille, reçu un couple homosexuel à Washington. Une vidéo de cette rencontre, diffusée notamment sur le site du New York Times, montre le pape François accueillant un ami argentin de longue date, Yayo Grassi, et son compagnon, Iwan, qui vivent en couple depuis 19 ans.

Oui, mais...

Il y a quelques semaines, le pape avait fait des déclarations résumant globalement son opinion. Il avait affirmé à la télé espagnole que les "tendances homosexuelles" n'étaient pas un pêché en soit, à condition de respecter l'abstinence. "Les tendances ne sont pas des pêchés. Si vous avez une tendance à la colère, ça n'est pas un pêché. Mais si vous êtes en colère et faites du mal aux autres, le pêché est là."

(Avec AFP)

Crédit photo : Crédit photo : ANDREAS SOLARO / AFP.


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