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Grindr pourrait être racheté par la famille Berlusconi

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Une startup milanaise, en partie détenue par trois des enfants de Silvio Berlusconi, pourrait devenir le prochain propriétaire de Grindr. Le gouvernement américain avait demandé à la société chinoise Kunlun de revendre l'application, pour des raisons de craintes sur la sécurité nationale des États-Unis.

La nouvelle, pour le moins étonnante, a fait grand bruit dans la presse italienne. Après avoir passé près de quatre ans sous pavillon chinois, l'appli star des rencontres gays pourrait se retrouver entre les mains de la famille du Cavaliere, ex-président du Conseil italien. En effet, le quotidien italien Il Messaggero rapportait mardi 21 janvier que Bending Spoons, une startup milanaise qui développe principalement des applications mobiles, s'apprêtait à faire une grosse offre pour racheter l'app californienne aux 27 millions d'utilisateurs revendiqués. Or, le groupe Bending Spoons compte parmi ses actionnaires H14, le fonds d'investissement de Barbara, Eleonora et Luigi Berlusconi, trois des cinq enfants de l'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

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D'après le journal, la société a préparé un contrat proposant un rachat de l'application à hauteur de 260 millions de dollars, soit 234,5 millions d'euros. Une somme qui permettrait à la société chinoise Kunlun, actionnaire majoritaire de Grindr depuis 2016, de faire d'importants bénéfices sur l'opération. La famille Berlusconi est donc en bonne passe de devenir, en partie, le prochain propriétaire du réseau social au succès mondial dans la communauté gay.

Jeux de pouvoir

Par-delà les Alpes, Silvio Berlusconi ne s'est pas franchement faire connaître, sous sa présidence du moins, comme un ami des droits LGBT+. "Il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu'être gay", déclarait-il en 2010 alors qu'il était aux prises avec un scandale sexuel impliquant une mineure. Longtemps opposé à l'ouverture de l'union civile aux couples de même sexe, dans un pays conservateur sous l'influence du Vatican, le Cavaliere a, semble-t-il, opéré une conversion tardive à l'égalité des droits. En juillet 2014, à l'occasion de la Marche des fiertés, il affirmait dans La Repubblica : "Le [combat] pour les droits civils des homosexuels est un combat qui devrait être de la responsabilité de tous dans un pays profondément moderne et démocratique." Luigi Berlusconi avait lui-même fait l'objet de rumeurs sur sa prétendue homosexualité, ce qui avait passablement déplu à son père.

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Les jeux de pouvoir qui entourent Grindr sont décidément fascinants. Pour rappel, Beijing Kunlun Tech Co était devenu en janvier 2016 actionnaire majoritaire de l'application en en rachetant 60 % des parts au multimillionnaire gay Joel Simkhai, avant de passer en 2018 à 100 % du capital. Mais l'année dernière, le gouvernement américain a exprimé des craintes sur une possible utilisation par la Chine des données des fonctionnaires américains dans une optique de "chantage". Une menace, d'après Washington, pour la sécurité nationale. Risque véritable ou fantasme ? Quoi qu'il en soit, Kunlun a fini par céder, en mai 2019, à la demande du Comité d'investissement étranger, et a mis l'entreprise à vendre. Reste à savoir si le prochain propriétaire de l'appli prendra enfin à bras le corps le problème de l'utilisation des données privées.

 

Crédit photo : Shutterstock


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