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Frédéric Oudéa : « À travers ce programme contre l’homophobie dans le rugby, la Société générale a pris des engagements »

TÊTU CONNECT. Partenaire historique de la Ligue nationale de rugby, la Société générale accompagne l'initiative "Plaquons l'homophobie". Pour Frédéric Oudéa, directeur de la banque, c'est un prolongement naturel à la politique interne de l'entreprise. Entretien.

TÊTU Connect : Pourquoi la Société générale a-t-elle décidé de s’engager auprès de la LNR pour lutter contre les LGBTphobies ?

Frédéric Oudéa : La Société générale est un partenaire historique de la LNR – en 1987, nous sommes officiellement devenus la “banque du rugby”. Lorsque le président de la LNR, Paul Goze, est venu nous solliciter en novembre 2019 pour participer à son programme de lutte contre l’homophobie dans le rugby, nous avons tout de suite accepté. C’était aussi l’occasion pour nous de prendre publiquement position en faveur de toutes les formes de diversité. J’espère que cette action aura un impact dans tous les clubs et centres de formation de rugby et encouragera, pourquoi pas, d’autres sports à prendre position.

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Pourquoi le rugby plutôt que d’autres sports ?

La richesse de ce sport passe avant tout par la diversité de ses profils. Pour qu’une équipe fonctionne, elle a besoin d’un petit qui court vite, d’un autre qui est prêt à encaisser les coups, ou d’un très grand capable de faire tenir une mêlée... Mais les paradoxes ne s’arrêtent pas là. Le rugby peut paraître violent. Les chocs y sont fréquents et pourtant, après avoir tout fait pour battre son adversaire pendant les quatre-vingts minutes du match, lorsque celui-ci s’achève, tout le monde se salue. Les équipes font une haie d’honneur et partagent un vrai moment de complicité. Plus que tout, le rugby prône le respect. C’est pour toutes ces raisons que ce sport peut participer à la lutte contre toutes les formes de discrimination.

"Ce que je souhaite, à terme, c’est que la lutte contre toutes formes de discrimination à l’égard des LGBT+ ne soit plus un sujet"

La Société générale s’était jusqu’à présent très peu exprimée sur son engagement en faveur des personnes LGBT+...

C’est un rendez-vous manqué, parce que nous sommes au quotidien très engagés sur la question. La Société générale est à l’image de ses clients. Nous sommes tous très différents. Nous avons des réseaux Pride & Allies très actifs, en particulier dans les pays anglo-saxons où nous sommes présents. En France, nous l’avons lancé en 2019. Son sponsor est Diony Lebot, directrice générale déléguée de la banque. En 2018, nous avons signé les Principes directeurs de l’ONU contre la discrimination des personnes LGBT+ dans le monde du travail.

Concrètement, nous avons mis en place des systèmes qui permettent à chaque collaborateur se sentant victime de discriminations d’alerter directement et anonymement un référent qui n’a aucun lien hiérarchique avec lui. Ce dispositif aide à libérer la parole, et lorsqu’un cas remonte en interne, nous sommes intransigeants. Notre banque est présente dans des pays qui n’ont pas forcément mis en place des lois en faveur des LGBT+. Pour cette raison, nous appliquons la même charte dans toutes nos implantations et défendons ainsi nos salariés partout dans le monde.

Pensez-vous que votre engagement puisse engendrer des réactions négatives ?

Je pense que les personnes qui pourraient mal réagir sont une minorité aujourd’hui en France. Les mentalités évoluent, et la lutte contre les LGBTphobies, comme celle contre toutes les discriminations, est maintenant intégrée. La société avance vite à ce sujet et c’est une bonne chose. À travers ce programme contre l’homophobie dans le rugby, la Société générale a pris des engagements et n’a pas peur de devoir faire face à des débats. Mais, au fond, j’espère qu’il suscitera plus d’adhésions que de polémiques. Ce que je souhaite, à terme, c’est que la lutte contre toutes formes de discrimination à l’égard des LGBT+ ne soit plus un sujet, parce qu’elles n’existeraient tout simplement plus. Il y a encore du travail.


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