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entreprisePaul Goze, président de la LNR : "Dans le sport, tout le monde doit se sentir accepté"

Par Romane Ganneval le 18/03/2020
Rugby

TÊTU Connect. Pour 2020, la Ligue nationale de rugby s’engage pour la diversité et contre l’homophobie. Son président, Paul Goze, nous en détaille les enjeux.

La Ligue nationale de rugby(LNR), qui rassemble les clubs de Top  14 et les seize  clubs de Pro D2, s’engage cette année dans un programme de quatre ans pour l’inclusion de toutes les diversités dans le sport et en faveur de la lutte contre l’homophobie. Des ateliers pédagogiques de sensibilisation à destination des présidents de clubs, des joueurs et des jeunes en centre de formation vont être dispensés pour ne plus exclure les LGBT+ des terrains. Une première pour ce sport, se félicite le président de la LNR, Paul Goze.

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La LNR a pris des engagements forts pour promouvoir la diversité...

Depuis deux  ans, nous avons amorcé un mouvement pour discuter des sujets sociétaux dans le rugby parce que notre sport, par la variété de ses gabarits et de ses profils, incarne déjà une forme de diversité. Cette année, nous avons choisi de faire de la lutte contre l’homophobie notre priorité. Le vivre-ensemble fait partie de l’ADN du rugby, et donc c’est tout naturel pour nous d’aller dans ce sens. Il s’agit du deuxième sport en France après le football. Pour cette raison, nous souhaitons que nos actions menées en interne et avec notre public puissent avoir un impact réel sur la société française. Le respect et l’acceptation de l’autre portés par le rugby doivent irradier.

Les LGBT+ sont-ils encore exclus du monde du rugby ? Est-ce que les joueurs homosexuels se sentent stigmatisés au rugby? Est-ce qu’ils se sentent à l’aise?

Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse, et justement c’est tout l’intérêt de ce programme  : établir un état des lieux via une enquête. Pour l’instant, l’homosexualité est un non-sujet, parce que personne ne prend la parole. Le rugby est d’ailleurs souvent présenté à tort comme un sport macho parce qu’il y a une tradition de chansons paillardes et une culture masculiniste. Si certains mots peuvent blesser, je n’ai jamais vu dans ma carrière une intention de faire du mal à ce sujet. Mais c’est important d’aborder la question de l’homophobie et de le faire au sein de la LNR. Cela va permettre d’ouvrir des discussions dans les clubs et dans les centres de formation. Pour l’instant, il n’y a pas eu d’actes homophobes recensés au sein des clubs pros, mais il ne faut pas attendre qu’il y ait des difficultés pour en parler.

Ce que nous souhaitons, à terme, c’est que tous les joueurs en activité et qui en ressentent le besoin se sentent libres de parler de leur homosexualité. Je ne peux accepter que de jeunes joueurs ne viennent pas au rugby ou arrêtent de jouer par peur d’être stigmatisés ou d’être rejetés par le groupe parce qu’ils seraient LGBT+. Dans le sport, tout le monde doit se sentir accepté, quelles que soient son origine ethnique, sa religion ou son orientation sexuelle.

Comment votre programme va-t-il agir pour plus d’inclusion ?

La demande est aussi venue des clubs. Ils nous ont sollicités pour faire une action d’envergure nationale, parce que c’est difficile de mener des débats dans un seul club. Ils n’ont pas forcément les moyens de le faire ni les personnes compétentes pour les aider dans ces démarches. La force de frappe de la LNR est plus im-portante. Et puis les clubs que nous portons ont des rôles modèles auxquels les jeunes sont attachés et s’identifient.Nous allons organiser des ateliers avec un spécialiste sur ces sujets : tous les participants pourront poser les questions libre-ment. Les présidents de club vont être sensibilisés pour qu’ils puissent déceler les mauvais comportements.

En plus de ce travail en interne, des événements à destination du public sont prévus. Pour la Journée internationale de la lutte contre l’homophobie, le 17 mai, qui correspond à la 24e journée de Top 14 dans le calendrier du rugby, il y aura des événements un peu partout en France. Ce programme, intitulé #PlaquonsLhomophobie, est soutenu par notre partenaire historique la Société générale, pour qui la promotion de la diversité est également un sujet prioritaire.