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Pologne : un ministre veut étendre les « zones sans LGBT » à tout le pays

Le vice-ministre des Biens d'État en Pologne a jugé les sanctions européennes "scandaleuses". Selon lui, ces zones défendent la "famille traditionnelle" protégée par la Constitution. Il souhaite les étendre à tout le pays.

Quelques jours après les sanctions infligées par l'Europe aux communes dites "sans LGBT", la réponse du pouvoir polonais ne s'est pas faites attendre. Le vice-ministre des Biens d'État Janusz Kawalski vient de déclarer : "C'est toute la Pologne qui devrait être une zone sans LGBT". Avant d'ajouter: "Nous devrions adopter une loi qui interdit le financement par des fonds publics, ou au niveau de l'État ou du gouvernement local, de toute activité d'organisations qui promeuvent explicitement les LGBT."

"Néo-bolchévisme"

Dans un entretien au journal Rzeczpospolita le ministre souligne que "notre constitution stipule explicitement que la famille est une union d'une femme et d'un homme". Et regrette "toutes les idéologies de gauche qui sapent la famille traditionnelle".

Il ajoute que le gouvernement "rejette cette idéologie extrême" qui veut que les personnes LGBT+ puissent fonder une famille. Avant de rappeler que le président Andrzej Duda a été réélu avec un programme nationaliste, conservateur et LGBTphobe, ce dont il est fier.

Pour le ministre, cette réélection encourage des politiques LGBTphobes. Pendant la campagne, le président avait notamment assimilé l'homosexualité à une "idéologie" comparable à du "néo-bolchévisme". Mais son vice-ministre oublie que Duda a été réélu sur le fil du rasoir (51% vs 49%), face au maire libéral de Varsovie Rafał Trzaskowski.

Les sanctions européennes jugées "scandaleuses"

La Commission européenne a décidé de ne pas accorder de subvention à six villes qui se sont déclarées comme "sans l'idéologie LGBT". Si les sanctions sont symboliques (entre 5.000 et 25.000 euros), c'est un premier pas vers la dénonciation d'atteintes aux droits des personnes LGBT+, de plus en plus nombreuses en Pologne.

Pour le vice-ministre les sanctions européennes sont un "scandale". "Vous ne pouvez pas permettre que de l'argent des gouvernements locaux soit retiré pour avoir respecté la loi polonaise et protégé la famille" tempète-t-il.

Encore une fois, il oublie que la justice polonaise a annulé de telles zones jugées inconstitutionnelles. Janusz Kawalski demande une réaction du responsable des affaires européennes au sein du gouvernement. "Nous ne devons pas permettre que ces pratiques (les sanctions européennes) deviennent la norme", poursuit-il auprès du journal polonais.

À LIRE AUSSI : Pologne, pour célébrer la lutte contre les nazis, des nationalistes polonais brûlent un drapeau LGBT

"Des procédures européennes longues"

En France, le tout nouveau secrétaire d'État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, a plaidé pour la création d'un système européen de sanctions. "On a des procédures européennes qui sont longues, compliquées, qui ne sont pas à la hauteur", a-t-il plaidé au micro de France Inter, après une question d'un militant d'Amnesty International. "On l'aura (le mécanisme de sanctions) dans les prochains mois", a-t-il ajouté. L'ancien conseiller d'Emmanuel Macron aux questions européenne a ensuite appelé à une "mobilisation politique".

Crédit photo : Piqsel


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