La nomination de Amy Coney-Barrett à la Cour suprême américaine fait hurler les assos LGBT+

Donald Trump a choisi Amy Coney-Barrett pour succéder à Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême. Cette juge catholique à la cour d'appel est tout le contraire de RBG. Les militants des droits des personnes LGBT+ sont terrifiés à l'idée de cette nomination à vie.

La fumée blanche est sortie du bureau ovale. Donald Trump a arrêté son choix pour remplacer la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre. À peine six semaines avant l'élection présidentielle, cette nomination à vie (qui doit encore être confirmée par le Sénat américain) peut remettre en cause l'avancée des droits des personnes LGBT+ aux Etats-Unis. En effet, Amy Coney Barrett, 48 ans est une professeure de droit connue pour ses positions (très) conservatrices. Cette fervente catholique représente l'exact négatif des positions de la progressiste RBG.

Amy Coney-Barret est juge à la Cour d'appel de l'Illinois, du Wisconsin et de l'Indiana. Lors de sa confirmation il y a trois ans, 27 associations de défense des droits des personnes LGBT+ ont publié une lettre ouverte pour s'y opposer. Elles regrettent ses positions sur l'avortement, l'Affordable Care Act ou contre l'instauration du mariage pour tous dans tous les Etats américains. Cette mère de sept enfants considère qu'étendre aux personnes transgenres un amendement qui protège des discriminations dans les programmes d'éducation serait "forcer le texte". Elle a également dit que "la Constitution ne donne pas expressément un droit à la protection de la vie privée", remarque The Advocate, qui juge que cette position est inquiétante pour les personnes LGBT+.

Une carrière juridique au service du "royaume de Dieu"

Selon elle, les juges catholiques (dont elle) ne devraient pas se prononcer sur certains dossiers, notamment s'agissant de l'avortement, de l'euthanasie et de la peine de mort. Elle et son mari sont membres d'un groupe oecuménique conservateur qui défend que les femmes doivent se soumettre à l'autorité de leur mari. À ses étudiants en droit à l'école Notre-Dame, elle dit "gardez à l'esprit que votre carrière juridique n'est qu'un moyen pour une fin (...) et cette fin est la construction du royaume de Dieu", rappelle Le Monde. Pendant son audition lors de sa confirmation elle a dit qu'elle suivra la loi plutôt que ses convictions religieuses, signe du malaise persistant.

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"Si elle est confirmée à la Cour suprême, Amy Coney-Barrett déchaînera une majorité à la Cour qui est hostile à nos droits civiques fondamentaux et cela aura des conséquences pour des décennies", s'est plaint Kevin Jennings le président de Lambda Legal, une association américaine de promotion des droits des personnes LGBT+. "L'opinion de la juge Barrett est que le mariage doit être célébré entre une femme et un homme et sa réticence à affirmer que le mariage pour tous est national devrait sonner l'alarme pour toute personne qui se soucie des personnes LGBT+ et leurs familles", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Détruire toutes les avancées de Ruth Bader Ginsburg

"Les quatre dernières années ont été un assaut contre les droits et la dignité des personnes LGBT+ partout dans le pays, encouragé par Donald Trump, Mike Pence et Mitch McConnell (le chef de la majorité au Sénat, ndlr). Alors que de nombreuses personnes souffrent dans le pays, au lieu d'offrir leur soutien, Trump et McConnell se pressent à choisir un nouveau juge à la Cour suprême, une nomination qui pourrait donner un coup fatal au maintien d'une sécurité sociale - primordiale au milieu d'une pandémie. (...) Si elle est officiellement nommée et confirmée, Amy Coney Barrett va travailler à détruire toutes les avancées que Ruth Bader Ginsburg a conquis pendant son extraordinaire carrière", réagit Alphonso David, le président de Humain Rights Campaign (qui a appelé pour voter pour Joe Biden). Il ajoute qu'une nomination de cette envergure doit être prise par le président qui sortira des élections pour qu'elle soit légitime.

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Pression

Le Centre LGBT+ de Los Angeles a également donné de la voix. "Nous appelons les sénateurs à rejeter le radicalisme du président Trump, que cette nomination illustre parfaitement. Une fois encore, Trump a nommé une candidate dont les vues juridiques la placent bien loin de l'opinion dominante. Ses avis devraient effrayer toutes les personnes qui se battent pour la justice sociale et notamment ceux qui croient en l'égalité pour les femmes et les personnes LGBT+".

"La juge Ginsburg a fait beaucoup plus que n'importe qui pour faire avancer l'égalité des genres à la Cour et cette nomination devrait être comprise comme un affront à l'égard des femmes et de tous nos alliés. Alors que l'élection présidentielle est dans six semaines, nous implorons tous les Américains d'appeler les sénateurs à rejeter cette nomination. Le poste devrait rester vacant jusqu'à la fin du processus électoral", insiste le Centre. Elle devrait être entendue par les sénateurs à partir du 12 octobre pour un vote aux alentours du 26 octobre.

 

Crédit photo : Wikimedia Commons, Office of the United States First Lady


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