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Dustin Lance Black : « Si les thérapies de conversion visaient les hétéros, ce serait interdit en 24h »

Le scénariste - et mari de Tom Daley - Dustin Lance Black s'en est pris au gouvernement britannique, qui tarde à agir contre les "thérapies de conversion". Un triste constat, qui s'applique aussi en France.

Le scénariste et mari du plongeur olympique Tom Daley, Dustin Lance Black est en colère. Dans une interview accordée à Reuters et publiée vendredi 8 avril dernier, le jeune papa s'est indigné qu'une loi sur les "thérapies de conversions" - pourtant promise depuis trois ans - ne soit toujours pas votée au Royaume-Uni.

"Ce gouvernement ignore la vie des personnes queers" a dénoncé le scénariste oscarisé de "Milk", le biopic acclamé sur l'activiste et conseiller municipal ouvertement gay de la ville de San Francisco. "Il n'y a aucune urgence de ce gouvernement à protéger les personnes LGBTQ. On entend constamment 'bientôt, bientôt, bientôt'. Et bien je suis désolé d'apprendre à ce gouvernement que 'bientôt' est passé depuis des années maintenant."

Promesse non tenue

Au Royaume-Uni, l'ex-Première ministre Theresa May avait promis, en juillet 2018, de bannir les "thérapies de conversion" après la parution d'un sondage qui démontrait que 5% des personnes LGBTQI+ avaient déjà été approchées par des organisations religieuses ou de santé pour ce genre de "thérapies". 2% des personnes interrogées, soit tout de même plus de 2.000 personnes, témoignaient avoir subi ce type de "traitements".

"Je suis à peu près certain que s'il y avait des 'thérapies' au Royaume-Uni qui visaient les hétérosexuels pour changer chez eux quelque chose de fondamental, et dont les conséquences principales seraient la dépression, les pensées suicidaires et le suicide, ce serait interdit en 24h" a-t-il insisté. Marquant, il faut le reconnaître, un point.

La France à la traîne

Force est de constater que sur les pseudo "thérapies de conversion", certains gouvernements européens se montrent plus velléitaires que d'autres. Si l'Allemagne a voté l'interdiction des "thérapies de conversion" en mai 2020, le cas du Royaume-Uni, comme le dénonce Dustin Lance-Black, ou la France sont encore à la traîne. Depuis trois ans, la députée LREM Laurence Vanceunebrock-Mialon travaille sur le sujet. Après une "mission flash", la député a déposé une proposition de loi en juin 2020.

A LIRE AUSSI : Pour lutter réellement contre les « thérapies de conversion » : oui à un projet de loi exhaustif

Mais Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur de France, chargée de la Citoyenneté, avait annoncé en octobre que l'interdiction des "thérapies de conversion"  trouverait sa place dans le décrié projet de loi contre les séparatismes. Un collectif de victimes avait alors pris la parole dans Le Monde pour demander un projet de loi dédié, et à ne pas s'arrêter à des amendements qui laisseraient "des trous dans la raquette". Une nouvelle proposition de loi a finalement été déposée le 24 mars dernier par Laurence Vanceunebrock-Mialon, appuyée par une grande partie de la majorité. Mais l'examen de cette proposition de loi n'est toujours pas inscrite à l'agenda parlementaire.

 

Crédit photo : Instagram Dustin Lance Black


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