La répression anti-LGBT se poursuit au Sénégal, où 32 personnes ont été renvoyées devant un tribunal pour "actes contre nature". Ces nouvelles poursuites interviennent alors que Dakar accueille les Jeux olympiques de la jeunesse 2026.
La traque anti-LGBT+ se poursuit au Sénégal. Dans le nord du pays, le procureur de la région de Louga a annoncé ce vendredi 30 octobre le renvoi devant le tribunal correctionnel de 32 personnes accusées notamment d'"actes contre nature" et de "transmission volontaire du VIH". Elles sont également poursuivies pour "association de malfaiteurs", "mise en danger de la vie d'autrui", "collecte illicite de données à caractère personnel" et "harcèlement sexuel". Selon le média sénégalais Seneweb, leur procès doit se tenir lors d'une audience spéciale le 12 novembre.
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Ces nouvelles poursuites s'ajoutent à celles visant 71 hommes renvoyés en août devant un tribunal de Dakar, après une vague d'arrestations pour homosexualité présumée. Dans cette précédente affaire, la justice avait abandonné, faute de preuves, les accusations de transmission volontaire du VIH, sans pour autant renoncer aux poursuites pour "actes contre nature". Depuis le début de l'année, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées dans ce pays d'Afrique de l'Ouest où la répression de l'homosexualité s'est considérablement durcie depuis l'adoption, en mars, d'une nouvelle loi doublant les peines encourues pour relations homosexuelles.
Vitrine olympique pour Dakar
Ces nouvelles inculpations ont été annoncées à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 à Dakar, premier événement olympique organisé sur le continent africain et qui accueille, pendant deux semaines, quelque 2.700 jeunes athlètes doivent s'affronter dans 25 disciplines. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a célébré avec fierté l'accueil de cette compétition historique, vantant sur X l'"hospitalité" du Sénégal et se félicitant après la cérémonie d'ouverture : "Sénégal authentique ! Quel peuple ! Quelle culture ! Ce soir, nous avons montré au monde la beauté de ce que nous sommes." La veille, l'acteur français Omar Sy a participé au relais de la flamme olympique dans la capitale sénégalaise.
À l'approche de ces Jeux, Human Rights Watch (HRW) avait appelé les autorités sénégalaises à mettre fin aux persécutions, rappelant que la Charte olympique interdit toute discrimination et engage les pays hôtes au respect des droits humains. Dans un rapport publié le 12 octobre, l'ONG dénonce notamment les dépistages forcés du VIH, les entraves aux droits de la défense et le renoncement aux soins provoqué par la répression. Un contraste dénoncé par Jean-Luc Romero-Michel, président d'Élus locaux contre le sida. Dans une réaction publiée sur X, le militant a rappelé que "la fête olympique ne saurait servir de vitrine d'impunité", appelant à ne pas fermer les yeux sur la répression : "L'esprit olympique ne se négocie pas. La dignité humaine non plus."
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Crédit photo : Patrick Meinhardt / AFP