20 films queers qui finissent bien à voir… et à revoir

Marre des histoires queers déprimantes ? Cette sélection de longs-métrages prouvent que les personnages LGBT+ peuvent, parfois, avoir droit à leur happy end.

Si l'on se fie au cinéma mainstream, les histoires d'amour LGBT+ sont vouées à l'échec. Elles doivent se terminer dans les larmes ou dans le sang. Et nous, chez TÊTU, ça nous embête. Pour joindre le geste à la parole, voici une vingtaine de films queers triés sur le volet. Certains sont plus légers que d'autres mais dont le dénominateur commun est le suivant : tous se terminent sur une note positive. Parce que sur grand écran comme IRL, les personnes queers méritent le bonheur.

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"Maurice", de James Ivory (1987)

Les amateurs d’amours impossibles devraient trouver leur compte avec Maurice, une adaptation du roman éponyme signé E. M. Forster. Dans l’Angleterre édouardienne, un jeune étudiant de Cambridge découvre sa sexualité tout en s’efforçant de faire profil bas – sans surprise, les mœurs de l’époque n’étaient pas très gay-friendly. Mais s’il met en avant les difficultés d’être homosexuel dans un monde réfractaire, Maurice est aussi un superbe film romantique où l’amour peut s’avérer triomphant. Et c’est aussi l’occasion de recroiser un jeune Hugh Grant plus pimpant que jamais.

Crédit photo : Cinecom Pictures

"Gazon maudit", de Josiane Balasko (1995)

Culte pour certains, ringard pour d’autres, Gazon maudit représente, qu’on le veuille ou non, l’un des piliers du cinéma queer à la française. Josiane Balasko se glisse ici dans la peau de Marie-Jo, une butch en puissance venue s’immiscer dans le couple pourtant très hétéro formé par Laurent (Alain Chabat) et Loli (Victoria Abril). Derrière ce triangle amoureux inattendu, une comédie plutôt potache mais surtout étonnamment progressiste dans son propos malgré les stéréotypes qu’elle invoque par moments. Mieux vaut rester jusqu’au petit twist gay-friendly de la dernière scène.

Crédit photo : AMLF

"Beautiful Thing", de Hettie MacDonald (1996)

Drôle et irrémédiablement british, Beautiful Thing fait partie de ces films oubliés qui méritent qu’on leur redonne de l’attention. Dans les quartiers sud de Londres où habite la classe ouvrière de la capitale, le jeune et innocent Jamie s’éprend d’un camarade de classe. Leur romance éclot sous nos yeux, et croise la trajectoire d’autres personnages aussi décalés qu’émouvants, de la mère de Jamie à sa voisine junkie. Dans l’ensemble, le film s’achève avec un message fort d’acceptation que peu de récits prônaient à l’époque de sa sortie.

Crédit photo : Diaphana Distribution

"But I'm a Cheerleader", de Jamie Babbit (1999)

Bien avant qu’on ne la connaisse pour ses rôles dans Orange Is the New Black et Russian Doll, la brillante Natasha Lyonne jouait les lesbiennes refoulées dans cette comédie piquante à l’esthétique hyper-colorée. Ici, l’actrice incarne une jeune pom-pom girl envoyée fissa en thérapie de conversion pour être replacée dans le droit chemin de l’hétérosexualité. Mais tout ne se passe comme prévu lorsqu’elle s’entiche d’une de ses camarades de galère. En plus de tourner en ridicule les normes de genre, But I’m a Cheerleader délivre un beau message d’empowerment.

Crédit photo : Lionsgate Films

"D.E.B.S.", d'Angela Robinson (2004)

Cultissime pour beaucoup de femmes lesbiennes, D.E.B.S. est la version longue d’un court-métrage à succès signé Angela Robinson. La scénariste américaine s’essaie au film d’espionnage bien kitsch à travers les missions de quatre agentes secrètes, chargées de capturer la criminelle toute-puissante Lucy Diamond. Les choses se corsent lorsqu’Amy, la leadeuse du groupe, commence à développer une attirance pour leur ennemie jurée. Un flop sans nom au box-office américain, qui est néanmoins devenu un rite de passage pour la communauté lesbienne.

Crédit photo : Sony Pictures Releasing France

"Shelter", de Jonah Markowitz (2007)

Dans ce long-métrage confidentiel distinguée lors des GLAAD Awards, Zach, un jeune artiste en herbe est contraint de mettre ses ambitions de côté pour subvenir aux besoins de sa famille et, surtout, s’occuper de son neveu dont la mère est irresponsable au possible. Tout change lorsque Shaun, un écrivain féru de surf, fait irruption dans sa vie. À mesure que les deux se rapprochent, un nouvel avenir plus radieux se dessine pour Zach. Entre la fresque familiale et le drame romantique, Shelter est de ces films qui mettent la larme à l’œil et le sourire aux lèvres.

Crédit photo : Optimale

"Le Fil", de Mehdi Ben Attia (2009)

Rares sont les œuvres cinématographiques à aborder l’homosexualité avec le Maghreb en toile de fond. Dans Le Fil, Mehdi Ben Attia narre le retour au bercail de Malik, contraint de quitter la France pour venir aider sa mère en terres tunisiennes. Une fois sur place, il commence à être attiré par Bilal (Salim Kechiouche, magnétique), le jeune homme qui s’occupe du jardinage et d’autres petits boulots pour la maison familiale. Malgré des normes et une société homophobes, la relation entre ces deux-là va fleurir. Un film sincère qui redonne espoir en l’amour.

Crédit photo : Pyramide Distribution

"The Kids Are All Right", de Lisa Cholodenko (2010)

Érigée meilleure comédie aux Golden Globes l’année de sa sortie, The Kids Are All Right jongle entre humour et drame pour conter les tribulations d’une famille homoparentale dans l’Amérique moderne. Nic (Annette Benning) et Jules (Julianne Moore) mènent une vie paisible avec leurs deux enfants biologiques. Mais lorsque ces derniers décident de retrouver le donneur de sperme qui a permis leur naissance, Paul (Mark Ruffalo) s’impose dans leur quotidien et menace de tout chambouler. Un portrait contemporain d’une famille qui l’est tout autant, encore aujourd’hui.

Crédit photo : Focus Features

"G.B.F.", de Darren Stein (2013)

Poussif et déjanté, ce film méconnu explore le quotidien jusqu’alors apaisant de Tanner, un jeune homosexuel encore dans le placard qui se complaît dans son anonymat. Mais lorsque sa préférence pour la gent masculine est dévoilée devant toute l’école, les trois meneuses de cliques les plus populaires de l’établissement le veulent pour elles. Comme un accessoire à avoir sous peine d’être has been. Comparable à un Mean Girls encore plus gay (oui, c’est possible), cette comédie ado s’empare du phénomène du gay best friend pour le tourner en dérision.

Crédit photo : ACE Entertainment

"Pride", de Matthew Warchus (2014)

Des pleurs, des rires, et du militantisme. Tel est le programme qui vous attend avec Pride, cette comédie britannique basée sur une histoire vraie. Au cœur des années 80, un groupe d’activistes LGBT+ décident de quitter leur QG londonien pour venir prêter main forte aux foyers touchés par la grève des mineurs dans un village du Pays de Galles. Malgré leurs valeurs un temps opposées, les deux camps apprennent à se connaître et à se soutenir. Une vraie ode à la solidarité et à l’empathie, prouvant qu’un meilleur vivre-ensemble est à portée de main. Vos zygomatiques ne s’en sortiront pas indemnes, et vos glandes lacrymales non plus.

Crédit photo : Pathé

"Mademoiselle", de Park Chan-wook (2016)

De loin l’un des films les plus acclamés cette année-là, Mademoiselle s’est révélé être une œuvre immanquable pour le public lesbien. Dans ce thriller psychologique sud-coréen, un malfrat réputé enrôle Sook-hee, une jeune arnaqueuse, pour se rapprocher de Hideko, une riche héritière japonaise dont il veut voler la fortune. Mais les deux jeunes femmes tissent un lien à part, entre dévotion ardente et passion dévorante. Cru et soigné, Mademoiselle se pare d’un dénouement qui en ravira plus d’unes.

Crédit photo : BAC Films

"Moonlight", de Barry Jenkins (2016)

Au risque de prêcher des convertis, Moonlight est un must-see pour de nombreuses raisons. Mémorable pour son exploration sensible de la masculinité noire, ce film oscarisé met en lumière Chiron, un jeune afro-américain résidant à Miami, jonglant entre des camarades de classe abusifs et une mère droguée. Alors qu’il essaie d’accepter tant bien que mal son homosexualité, il fait la rencontre de Kevin, un garçon de son âge qui va lui ouvrir de nouvelles portes. Conçu comme un triptyque doux-amer, Moonlight ne devrait laisser personne indifférent.

Crédit photo : A24 Films

"Seule la Terre", de Francis Lee (2017)

Connu sous le nom de God’s Own Country en version originale, ce film britannique pourrait être défini comme le Brokeback Mountain d’une autre génération. Ici, son réalisateur décortique la vie morose de Johnny, un jeune fermier qui, après l’accident cardio-vasculaire de son père, n’a pas d’autre choix que d’embaucher de l’aide pour s’occuper des bêtes et du terrain familial. C’est ainsi qu’apparaît Gheorghe, un saisonnier roumain, avec qui une relation tumultueuse et complexe va démarrer. Contemplatif, sensible, le film offre un portrait de l’homosexualité en milieu rural comme on en a rarement vu. Mais rassurez-vous, ces deux-là ont un destin tout autre que celui d’Ennis et Jack.

Crédit photo : Pyramide Distribution

"Love, Simon", de Greg Berlanti (2018)

Vendu comme le premier gros film hollywoodien à avoir une romance entre deux ados gays au cœur de son intrigue, Love, Simon est basé sur le roman éponyme de Becky Albertalli. On y suit évidemment Simon, un lycéen encore dans le placard qui s’engage dans une relation épistolaire via mails avec un élève anonyme de son bahut. Mais alors que leur idylle virtuelle prend de plus en plus d’ampleur, le secret de Simon est menacé et pourrait très bien bouleverser son équilibre de vie qu’il tient tant à conserver. Drôle et sincère, ce teen movie queer mérite d’être vu.

 

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Crédit photo : 20th Century Fox

"Just Friends", d'Ellen Smit (2018)

De son titre original Gewoon Vrienden, ce long-métrage néerlandais est tristement passé sous le radar de beaucoup. Toujours tourmenté par la mort de son père une dizaine d’années plus tôt, le discret Joris mène une vie peu enviable aux côtés de sa mère conservatrice. Alors qu’il rend visite à sa grand-mère, il fait la rencontre de Yad, un jeune réfugié syrien qu’elle a embauché pour faire quelques tâches ménagères. Ils ne pourraient être plus différents l’un de l’autre, aussi bien mentalement que physiquement. Mais, de fil en aiguille, les deux nouent une solide amitié… qui devient rapidement plus que ça. Et oui, malgré les rebondissements, leur histoire finit bien.

Crédit photo : CTM Films

"The Miseducation of Cameron Post", de Desiree Akhavan (2018)

Tiré du livre éponyme d’Emily M. Danforth, The Miseducation of Cameron Post (ou Come as You Are en VF) se frotte au sujet épineux des thérapies de conversion au début des années 90. C’est là-bas qu’est envoyée de force Cameron (Chloë Moretz), une adolescente surprise en plein ébat avec sa petite amie secrète. Dans cet enfer sur Terre, la jeune fille trouve refuge auprès de nouveaux amis qui rejettent l’idée d’être internés ici. Troublant et déchirant, The Miseducation of Cameron Post brille par le jeu de son interprète principale, épatante, et par plusieurs scènes lumineuses et pleines d’espoir.

Crédit photo : Vertigo Releasing

"Booksmart", d'Olivia Wilde (2019)

Après des années devant la caméra, Olivia Wilde signe avec Booksmart son tout premier film en tant que réalisatrice… et n’oublie pas d’y ajouter une touche queer. Ce teen movie carabiné dépeint le périple nocturne complètement fou d’Amy et Molly. Après avoir pris conscience qu’elles ont trop privilégié les études aux réels plaisirs de la jeunesse, ces deux lycéennes studieuses sont déterminées à passer la meilleure soirée de leur vie. S’ensuit un Very Bad Trip féminin délirant, grâce auquel Amy (Kaitlyn Dever) espère se rapprocher de son crush, la très hipster Ryan. Mais tout ne se passe pas comme prévu dans ce film pour ados inclusif et drôlissime à souhait.

Crédit photo : Annapurna Pictures

"The Thing About Harry", de Peter Paige (2020)

Bien qu’il soit techniquement un téléfilm, The Thing About Harry mérite amplement de figurer dans cette sélection. Réalisé par Peter Paige que beaucoup ont connu à l’écran dans le remake US de Queer as Folk, il expose les retrouvailles inattendues de Sam, un étudiant modèle, et Harry, son ancien harceleur lors de leurs années lycée. Mais en faisant doucement table rase du passé, les deux commencent à se reconnaître des similitudes… avant que les problèmes n’arrivent. Touchant et positif, The Thing About Harry est la rom-com saisonnière que les gays méritent. Enfin.

Crédit photo : Freeform

"The Half of It", d'Alice Wu (2020)

De longues années après Saving Face, la cinéaste Alice Wu rempile avec un film pour ados intimiste qui a  mis son public lesbien en émois. Il est ici question d’Ellie Chu, une lycéenne exemplaire qui se met de l’argent de poche en rédigeant des devoirs pour ses camarades de classe. Un jour, Paul, un des athlètes de l’école, lui demande un service : l’aider à écrire des textos à Aster, la fille populaire de leur bahut, dans l’espoir de la conquérir. Mais les échanges épistolaires qu’Ellie et Aster vont avoir sèmeront le trouble, voire remettront en question leur propre sexualité. Doux et singulier, The Half of It est avant tout un film sur l’amour, qu’importe sa forme.

Crédit photo : Netflix

"Dating Amber", de David Freyne (2020)

Sans trop cerner pourquoi, on prête souvent une rivalité aux gays et aux lesbiennes. Pas dans Dating Amber, bien au contraire. Ce teen movie s’intéresse à deux adolescents irlandais au beau milieu des années 90 : Eddie, réservé et maladroit, et Amber, réputée pour son tempérament de feu. Il est gay, elle est lesbienne. Lassés d’être perçus comme différents par leurs pairs, ils s’inventent une relation et font mine d’être ensemble pour qu’on les laisse tranquilles. Ensemble, ils vont explorer la scène queer loin de leur petite ville étroite d’esprit… et peut-être rêver d’une vie meilleure ? Tantôt hilarant, tantôt un crève-cœur, Dating Amber est un beau film queer sur l’amitié.

Crédit photo : Amazon Prime Video

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