11 romans gays à emporter cet été par monts et par vaux
Culture

11 romans gays à emporter cet été par monts et par vaux


Chaque semaine, Les Mots à la bouche vous proposent leurs coups de cœur. Aujourd’hui, récap des romans LGBT à emporter cet été.

Les romans de l’été sont arrivés ! Ceux qu’on lit d’une traite, sous un parasol entre deux baignades, dans l’avion qui nous amène loin (ou chez les parents), et même dans le matin dans le métro pour tout ceux qui ne partent pas (pas d’inquiétude, en août il y aura enfin des sièges disponibles sur la ligne 13 à Paris). Grâce aux sélections hebdomadaires de la librairie LGBT Les Mots à la bouche, petit récap des romans parfaits pour cette été, entre polars, fantasmes et plongée dans l’Histoire.

 

Les Mots à la bouche

Le siècle des grandes aventures, saga de Jan Guillou, Actes Sud, 1344p, 29€

Synopsis : En 1901, trois fils de pêcheurs norvégiens sortent de l’université de Dresde avec un diplôme d’ingénieur en poche. Le XXe siècle vient tout juste de commencer, présageant quantité d’avancées technologiques, et les trois frères sont promis aux plus audacieux projets. Mais leurs chemins se séparent. Incapable d’avouer son homosexualité à ses frères, Sverre s’enfuit à Londres, où il s’immerge dans les cercles intimes d’Oscar Wilde et l’effervescence artistique et littéraire du groupe de Bloomsbury. Anéanti par une arnaque amoureuse, le deuxième frère, Oscar, rejoint l’Afrique de l’Est allemande dans le cadre d’un projet ferroviaire périlleux. Quant au dernier frère, Lauritz, il rentre au pays natal pour s’acquitter de la dette familiale. Or l’ombre de la Grande Guerre obscurcit déjà l’horizon.

Avis du librairie : Cette saga, tout autant enquête historique que récit d’aventures, de l’écrivain et journaliste suédois Jan Guillou, a déjà de nombreux adeptes, qui attendent le 4e tome impatiemment. Ce gros tome rassemble les trois premiers, dont le 2e, Les dandys de Manningham, est un magnifique portrait du groupe de Bloomsbury. A consommer sans modération.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

Les trois premiers tomes sont aussi disponibles en poche, ici.

 

polar gay

Le crime du palace, enquête de Florence Tamagne, Payot, 320p, 22€

Synopsis : Au début des années 1930, trois grandes affaires secouent la France : l’affaire Violette Nozières, l’affaire Stavisky et l’affaire Dufrenne. Le 25 septembre 1933, Oscar Dufrenne, président de la Fédération des spectacles, directeur du Casino de Paris et du music-hall Le Palace, ami de Jean Sablon et de Mistinguett, par ailleurs homme politique radical-socialiste proche de l’ancien ministre de l’Intérieur Louis-Jean Malvy, est retrouvé mort dans son bureau du Palace, les vêtements en désordre et le crâne fracassé. Le crime, qui va défrayer la chronique, ne sera jamais élucidé. L’historienne Florence Tamagne reprend l’enquête.

Avis du librairie : Florence Tamagne, l’une des encore trop rares historiennes spécialistes de l’histoire de l’homosexualité en France, rouvre l’enquête autour du meurtre d’Oscar Dufrenne, oiseau de nuit tout puissant du Paris des années 30. Passionnant.

Pour aller plus loin :  www.motsbouche.com

 

adolescence

La valeur de X, roman de Poppy Z. Brite, Au diable Vauvert, 287p, 20€

Synopsis : Les héros de la fameuse trilogie culinaire de Poppy Brite sont ici encore jeunes garçons, dans un quartier pauvre de la Nouvelle-Orléans. Amis d’enfance, Gary et Rickey deviennent amants à seize ans et sont alors confrontés à ce qu’est être gay au sein d’une famille catholique traditionnelle, et dans le milieu machiste de la restauration, où ils commencent à travailler. Ils construisent là leurs rêves, leur courage, leur créativité, leur lien. En racontant la formation de leurs gouts amoureux et culinaire, La Valeur de x explore ce moment où l’adolescent entre en lutte contre les modèles de la famille et de la société. S’éloignant du sensationnalisme de ses premières œuvres, Brite dresse un portrait de la Nouvelle Orléans plus lumineux et plus réaliste que jamais.

Avis du librairie : Amis à 6 ans, amants à 16 ans, Gary et Rickey, prolos de la Nouvelle Orléans, vont écumer les cuisines de la ville avant d’ouvrir leur resto. Une histoire légère, sans pathos, et qui – chose plus rare – finit bien ! Voici leurs péripéties en 4 volumes. Vous reprendrez bien un petit verre !

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

voyage littéraire L.A.

Dans les westerns, roman de Gilles Leroy, Mercure de France, 312p, 21€

Synopsis : Été 1948, Arizona. Trois jeunes acteurs, Joan Ellis, Paul Young et Bob Lockhart, tournent un western. Sur la pellicule, Paul et Bob se disputent le coeur et le corps de Joan. Mais horschamp, les choses sont bien différentes… Les garçons se rapprochent inexorablement et Joan assiste, fascinée et impuissante, à la naissance d’une passion. Mais à l’époque, la pression des studios, les ligues de décence, les comités de censure et les attaques de la presse auront raison de leur histoire d’amour. Après des années de « colocation » et de rumeurs, les deux hommes se séparent… Automne 2004, Manhattan : le film de 1948 ressort colorisé et restauré. Les acteurs sont invités à la projection événement en avant-première. Plus de cinquante ans après, des retrouvailles – ou des réconciliations – peuvent-elles avoir lieu ?

Avis du librairie : Le nouveau roman de Gilles Leroy, auteur du très émouvant « Dormir avec ceux qu’on aime » et d’une formidable biographie romancée « Nina Simone », est une très belle histoire d’amour d’acteurs au placard, qui résiste au temps et à l’adversité.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

adolescence

Un garçon près de la rivière, roman de Gore Vidal, Rivages, 286p, 8,80€

Synopsis : Deux adolescents, Jim Willard et Bob Ford, découvrent l’amour physique avant de se séparer à la fin de l’été. Pendant les années qui suivent, au cours d’un périple américain qui le mènera à vivre sur un cargo au large de l’Alaska, puis chez une star d’Hollywood dans les années 30, et à New York parmi les écrivains du Village, Jim Willard tentera de retrouver le moment de grâce qui a marqué la fin de son enfance.

Avis du librairie : Oublions le parfum de scandale qui a entouré la publication de ce livre dans l’Amérique des années 40. Si certes cela demandait de l’audace que de publier cette rencontre entre deux garçons et ce qui va en découler, là n’est pas l’essentiel. Ce qu’on lit aujourd’hui, c’est une histoire d’amour sensible et profonde.Un classique absolu.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

 

romancières qui aiment les gays

L’exception, roman d’Audur Ava Olafsdottir, Points, 286p, 7.50€

Synopsis : Dans le vacarme d’un réveillon du nouvel an, Maria n’entend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos. Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire de Reykjavik, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée.

Avis du librairie : Délicieusement loufoque, à la manière islandaise, et parfait si vous devez faire votre coming-out auprès de votre femme.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

 

polar gay

Mon nom est N., polar de Robert Karjel, Folio policier, 482p, 8,20€

Synopsis : En plein océan Indien, sur une base militaire isolée, le FBI essaye de faire parler un prisonnier. Maos le détenu, suspecté d’avoir participé à une attaque terroriste aux Etats-Unis, refuse de parler. Ernst Grip, un agent de sécurité suédois, est envoyé sur cette base afin de déterminer si le prisonnier, connu seulement sous le nom de « N », est un citoyen suédois. En tentant de démasquer l’identité du mystérieux détenu, Grip découvre qu’il est lié à un autre groupe de personnes, aussi louches qu’hétéroclites : un impitoyable vendeur d’armes américain, un tueur à gages tchèque, une mystérieuse nurse du Kansas et un Pakistanais naïf à vous fendre le cœur. Leur seul point commun : tous sont des survivants du tsunami dévastateur qui a frappé la Thaïlande en 2004. Plus Grip s’approche de la vérité, plus la situation semble inextricable. Qui est sincère, et qui mène une double vie ?

Avis du librairie : Ernst Grip, agent de sécurité suédois est le premier surpris lorsque les Etats-Unis font nommément appel à lui afin d’identifier un suspect soupçonné de terrorisme. Commence alors une histoire complexe et passionnante, nous entraînant aux quatre coins du monde, durant laquelle Ernst va découvrir son homosexualité et tomber amoureux. Un roman étonnant, d’une construction subtile, à l’écriture soignée, efficace et captivant.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

 

 

Les Mots à la bouche romans gays anglais

La Piscine-Bibliothèque, roman d’Alan Hollinghurst , Le livre de poche, 573p, 8,60€

Synopsis : Londres, années 1980. William Beckwith est un jeune dandy extraverti, vivant librement son homosexualité. Autour de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, fréquentations et liaisons amoureuses se multiplient. Un jour, William rencontre Lord Nantwich, un homme âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d’écrire sa biographie. Premier roman d’Alan Hollinghurst, paru en 1988 en Angleterre, La Piscine-Bibliothèque dessine le portrait brillant d’une époque, celle de l’apogée d’une sexualité débridée, avant que le sida frappe la communauté homosexuelle. Cette œuvre majeure reparaît dans une nouvelle traduction, établie en collaboration avec l’auteur, qui a depuis signé La Ligne de beauté et L’Enfant de l’étranger. Il est considéré comme l’un des plus grands romanciers anglais contemporains.

« Hollinghurst est un esthète, tout est très élégant.» Libération

« Flamboyant et subtil. » Figaro Madame

Avis du librairie : Le premier roman anglais à mettre en scène la sexualité gay – qui plus est entre protagonistes de classes sociales différentes, et entre blancs et racisés – de façon aussi explicite. Une nouvelle traduction bienvenue. À découvrir ou redécouvrir.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

 

Les Mots à la bouche tête des fans fascination pour les stars

Styles, roman de Côme Martin-Karl, JC Lattès, 252p, 18€

Synopsis :  Angoissé, un peu asocial et ne tombant amoureux que dans ses rêves, le narrateur, étudiant en sociologie, nourrit un fantasme pour Harry Styles, l’ancien chanteur de One Direction, le plus grand boys band de tous les temps. Il décide de sublimer cette obsession adolescente dans un mémoire universitaire ; mais rapidement, son professeur se désintéresse de lui. C’est alors qu’il se tourne vers Jean-Philippe Costat, un sociologue pointu à la tête d’une revue prestigieuse à la rhétorique complexe. Désormais, son travail sur Harry Styles change d’ampleur et doit, à lui seul, révolutionner les sciences sociales. Au même moment, alors qu’il se croyait au moins original à défaut d’être brillant, il rencontre Julien, un étudiant qui rédige sa thèse de psychanalyse du droit sur ce même chanteur anglais. Celui-ci semble tout le contraire du narrateur : beau, profond, à l’intelligence virtuose. Surtout, grâce à des relations, il a accès à Harry Styles en personne… Mêlant ambition intellectuelle, pop culture et fantasmes érotiques, ce récit pose la seule question qui vaille : lorsque l’on est amoureux, l’est-on d’une vraie personne ?

Avis du libraire : Un roman vif et drôle sur la fascination, les idoles pop, l’amour et la solitude. Petit extrait d’une interview de l’auteur par Brain Magazine :

Brain Magazine : En lisant le livre, je me suis demandé si Harry Styles n’était qu’un prétexte à cette histoire. Qu’en est-il ?

Côme Martin-Karl : Oui, il aurait pu n’être qu’un prétexte. J’aurais pu faire Pomme+F et remplacer toutes les occurrences d’Harry par Troye Sivan.

Ça n’aurait pas exactement donné la même chose, non ?

En fait non, parce qu’Harry est quand même quelqu’un de cultivé, et frustré d’avoir quitté l’école un peu trop tôt à son goût. Mais oui, ça aurait aussi bien pu être quelqu’un qui n’existe pas. Il s’agit avant tout d’une obsession amoureuse. Or, une obsession amoureuse, c’est toujours quelqu’un qui n’existe pas vraiment.

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Les Mots à la bouche romans gays anglais

Soleils brillants de la jeunesse, roman de Denton Welch, Viviane Hamy, 212p, 9,20€

Synopsis : L’été, les bords de la Tamise, Orvil Pym a quinze ans. C’est l’Aventure, la découverte des correspondances entre une croupe et une pêche Melba, la révélation de la beauté devant Aphra, qui « profitait de chaque seconde pour se métamorphoser »… Ce sont les derniers jeux de l’enfance, le trouble qui s’immisce, le plaisir, la peur délicieuse. Comparer Soleils brillants de la jeunesse à L’attrape-cœurs ? Ce serait desservir deux très grands livres. Curieusement, il s’agit là de la première traduction française du roman-culte d’un écrivain anglais mort en 1948 à l’âge de trente-trois ans.

« Welch est un écrivain dont la modernité du style résonne aujourd’hui étrangement quand on le compare à Hervé Guibert, avec qui il partage, à un demi-siècle de distance, la fougue, les dons, la maladie et le destin, comme lui violemment attentif aux éclats intimes d’une vie tronquée qui s’accroche à l’essentiel : le sexe et l’amour transfigurés par l’onirisme.» Hugo Marsan, Le Monde

Avis du librairie : Un trésor méconnu qu’on se partage entre initiés. D’une écriture limpide et douce. À la question « Quel est l’écrivain qui vous a le plus influencé ? » William S. Burroughs répondit sans hésitation : « Denton Welch. S’il y a un écrivain injustement ignoré, c’est bien lui. »

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coups de cœur littéraires prisons

Meilleur ami/Meilleur ennemi, roman de James Kirkwood, Joelle Losfeld, 380p, 25€

Synopsis : Peter Kilburn est un adolescent dont la mère est morte et dont le père, un comédien devenu star du cinéma mais éprouvé par la crise de 1929 et la fin du muet, vit désormais d’expédients, insolvable et alcoolique. Quand il arrive en pensionnat à la Gilford Academy, dans le New Hampshire, sa principale préoccupation est de se faire un meilleur ami. Mais le directeur, Franklyn Hoyt, un protestant puritain à la personnalité ombrageuse, prend aussitôt en haine cet adolescent californien, aux parents « catholiques et divorcés », en qui il voit un symbole de la « décadence de Hollywood ». Quand Peter trouve enfin son meilleur ami en la personne de Jordan Legier, un jeune homme élégant arrivé de la Nouvelle-Orléans en cours d’année, M. Hoyt ne sait pas qu’en essayant de les éloigner l’un de l’autre, il met en place un engrenage mortel.

Avis du librairie : Ce roman intimiste écrit dans les années 60 allie avec brio les deux principaux combats de la vie de son auteur, James Kirkwood, fils de deux stars d’Hollywood : son homosexualité et la difficulté de vivre avec les attentes de quelqu’un. James Kirkwood aura toute sa vie vécu dans la peur de la découverte par le public de son homosexualité, ne pouvant s’exprimer librement que dans ses romans où figurent certains personnages gays. Celui-ci commence en prison par la confession de Peter à son avocat. Il se dévore comme un polar.

Pour aller plus loin : www.motsbouche.com

 

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« Make America Gay Again » : au sommaire du magazine TÊTU n°214

 

 

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