Roumanie : des députés européens dénoncent l’interdiction des études de genre

64 députés européens dénoncent une loi roumaine qui vise à interdire les études de genre. Ils menacent de faire adopter une résolution contre la politique LGBTphobe du gouvernement.

« Dans tous les espaces à vocation éducative, sont prohibées les activités qui visent à diffuser les théories ou opinions sur l’identité de genre« . Une loi roumaine, votée le 16 juin, vise à interdire les études de genre dans les écoles, les universités ainsi que les lieux extra-scolaires. Les sociaux-démocrates majoritaires ont voté l’amendement. Mais pour être appliqué, le texte doit encore être promulgué par le président, Klaus Iohannis. Les élus ont par ailleurs rejeté un texte qui autorisait les écoles à introduire des cours d’éducation sexuelle. Les parlementaires nationaux ont avancé vouloir « préserver l’innocence des enfants« .

Une violation de l’autonomie des universités

Des militants féministes et académiques ont dénoncé une dérive « illibérale ». « Nous sommes stupéfaits qu’une théorie académique puisse être interdite par la loi« , dénonce dans un communiqué l’université de Babes-Bolyai, la deuxième plus grande université du pays cité par l’AFP. « Les cours sur l’identité de genre et l’égalité de chance sont interdit, en violation de l’autonomie université« , dénonce le sénateur Vlad Alexandrescu par ailleurs professeur à l’université de Bucarest. « La Roumanie s’aligne sur des positions promues par la Hongrie et la Pologne, devenant un régime qui introduit une police de la pensée« , poursuit-il.

À LIRE AUSSI : La Hongrie se retire de l’Eurovision car le concours serait « trop gay »

64 députés européens ont rejoint le combat des universitaires. Dans une lettre adressé à Klaus Iohannis, le président roumain, les parlementaires critiquent une telle loi. Ils appellent le président à ne pas mettre en application la réforme. « La promulgation de cette loi mettrait en danger la vie d’hommes, de femmes et de jeunes filles, de personnes transgenres ou non-binaire, car dénier de reconnaître la réalité du genre, c’est ne pas parvenir à admettre la réalité sociale que vivent des personnes différentes« , écrivent-ils avant d’ajouter « ignorer ces différences ne les supprime pas« .

En Roumanie, une personne trans sur deux harcelée

La lettre dénonce la LGBTphobie qui mine le pays. Selon les députés, avec la Pologne, la Roumanie est l’État qui a enregistré le plus de violences physiques et sexuelles contre des personnes LGBT+ en Europe. C’est aussi l’un des cinq pays d’Europe où les personnes craignent de dire publiquement leur appartenance à la communauté LGBT+. Une personne trans sur deux a déjà été harcelée en raison de sa transidentité. Budapest a interdit l’inscription du changement de sexe à l’état civil.

À LIRE AUSSI : La Hongrie profite du coronavirus pour s’attaquer aux droits des trans

Si ces chiffres glacent le sang, les parlementaires craignent que l’interdiction des études de genre empêche encore plus l’acceptation des personnes trans. Les députés menacent de faire adopter une résolution par le Parlement européen condamnant cette politique, comme ils l’ont déjà fait vis-à-vis de la Hongrie. Ils dénonçaient alors une atteinte au « principe fondamental de la liberté d’enseigner« . En 2018, la Hongrie et la Roumanie ont déjà interdit de telles études. Une pétition en ligne a recueilli plus de 16.000 signatures en quelques heures pour faire abandonner le projet.

Crédit photo : Flickr Stefan Jurcā


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail