Bonheur, vie de couple et peur du jugement : les parents de même sexe face à l’arrivée d’un enfant

Aussi désirée soit-elle, l’arrivée d’un nouveau-né rebat les cartes au sein d’un foyer. Des homoparents racontent la façon dont ils ont traversé cette période où tous les sentiments s’expriment en mode XXL.

« J’ai des cernes jusqu’aux chaussettes ! ». Depuis Toulon où il vit, Jean-Yves nous répond en riant quand nous sondons son état de forme. Avec deux petits gars de 17 et 3 mois, ses journées (et ses nuits) sont plus que sportives… Ce jour-là, pour la première fois, Théo et Noah sont tous les deux à la crèche, offrant à ce « jeune père » de 51 ans, sa première respiration depuis la naissance du bambin.

Sa gaieté en témoigne : Jean-Yves est crevé, mais heureux de l’harmonie créée avec son mari Gabriel, 37 ans. « Nos gamins sont chouettes, marrants, cools », se réjouit-il. Pour autant, il refuse d’idéaliser la parentalité et ironise sur ces mises en scène de bonheurs parfaits qui s’affichent sur Instagram : « Si tu t’attends à vivre dans La Petite Maison dans la Prairie, à ce que tout se fasse tout seul et à ce que ce soit la même chose qu’avant, tu te trompes. » 

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Laisser de la place à l'autre

Entre papas-mamans aux anges et mômes modèles, les clichés véhiculés sur les réseaux sociaux méritent une légère retouche. L’arrivée d’un bébé fait entrer le couple dans une zone de turbulences où les grands bonheurs le disputent aux grosses tempêtes. Un maelström d’émotions où les pleurs désarmants font oublier les risettes craquantes (et inversement), où chacun va devoir se repositionner chahuté par la fatigue ou les hormones, le manque de temps pour soi, les doutes, les angoisses - voire la nostalgie d’un paradis perdu - et la culpabilité qui leur fait escorte.

Ces enjeux, tous les parents ne les ont pas intégrés lorsque se produit l’heureux évènement. Mariée à Aude, Constance en sait quelque chose. Avant d’accoucher de leur fille de huit ans, elle avait réfléchi aux moyens d’établir une relation à trois la plus équilibrée possible. Mais l’amour « viscéral, animal » qu’elle éprouve le jour J devient si fusionnel qu’elle ne conçoit même plus d’y intégrer sa conjointe. « J’ai éprouvé des difficultés à laisser de la place ; Aude à prendre la sienne. Je n’avais pas suffisamment de hauteur pour comprendre que j’avais clairement besoin d’aide, comme toutes les jeunes mamansNous avions voulu Juliette et, en dehors de sa nounou, je m’interdisais de la faire garder pour prendre du temps pour nous. » ...


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