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Après 35 ans de fermeture, les saunas gay peuvent officiellement rouvrir à San Francisco

Fermés au milieu des années 1980 à cause de l'épidémie de VIH/sida, les saunas peuvent officiellement rouvrir leurs portes. La ville les considérait jusqu'alors comme une "nuisance pour la santé publique".

L'interdiction devait prévenir la propagation du VIH/sida. Les services de santé de la ville de San Francisco ont officiellement supprimé des restrictions qui concernent les saunas après un vote en août. Ces mesures, prises au milieu des années 1980, interdisaient les cabines individuelles fermées et obligeaient les patrons d'établissements à surveiller ce qu'il s'y passait. La ville a décidé de lever ces limites qui revenaient à interdire les saunas dédiés au cruising.

"Nuisance pour la santé publique"

À l'époque, les autorités avaient qualifié les saunas de "nuisance pour la santé publique". Elles avaient même poursuivi en justice certains propriétaires d'établissements. Une chasse qui a porté ses fruits puisqu'il ne reste plus qu'un seul sauna dans la baie (fermé à cause des contraintes sanitaires). Il existe bien des sex clubs gay à San Francisco mais techniquement, ce ne sont pas des saunas.

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Aujourd'hui, changement de discours, la règlementation permet désormais à de nouveaux établissements d'ouvrir avec des cabines privées. "C'est symboliquement important que ça se passe en ce moment. Après la pandémie, cela dépendra de la capacité des entrepreneurs à investir et à se lancer dans des projets", indique auprès de The Bay Aera Reporter Rafael Mandelman, superviseur du 8ème district qui a œuvré pour la levée de ces restrictions.

Une obligation de prévention

L'élu indique que les établissements devront s'engager à faire de la prévention et mettre à disposition des préservatifs et du lubrifiant. Ils devront donner des informations en plusieurs langues sur les pratiques à risque. Avant d'entrer, les clients devront s'engager sur papier à ne pas avoir de pratiques à risque. Le travail du sexe sera également interdit dans le sauna tout comme l'alcool.

"Ces règles minimales ont pour but que les établissements proposent un environnement serein à leurs clients et ne participent pas à propager le VIH et d'autres IST à San Francisco", indique un document listant les obligations pour ouvrir.

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"À l'heure de la PrEP, du U = U (indétectable = non transmissible) et d'autres progrès en matière de santé sexuelle, les restrictions des bains sont désuètes et stigmatisantes", regrettait cet été Joe Hollendoner, PDG de la San Francisco AIDS Foundation.

Des lieux importants post-pandémie

Selon Advocate, les lieux communautaires sont décimés par la pandémie de coronavirus. La possibilité d'ouvrir des saunas est perçue par la San Francisco comme un moyen de préserver le caractère LGBT friendly de la ville et du quartier du Castro.

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"Notre communauté, comme d'autres, a une longue histoire de rassemblements physiques. La pandémie a touché considérablement les commerces du quartier. Si quelqu'un veut se lancer maintenant, ce serait le parfait timing pour inaugurer un établissement pile à lorsque la pandémie refluera", indique Robert Goldfarb, le président du centre culturel LGBT+.

 

Crédit photo : Lindner WTC Hotel & City Lounge Antwerp / Flickr


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