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Chemsex : prison ferme pour l’homicide involontaire du mari de Jean-Luc Romero

Le tribunal de Créteil a jugé coupable d'homicide involontaire le partenaire de chemsex de Christophe Romero-Michel, décédé d'un mélange de drogue (GBL) et d'alcool.

C'était une audience attendue pour Jean-Luc Romero-Michel. L'homme accusé de l'homicide involontaire de Christophe, conjoint de l'élu parisien, à la suite d'une séance de chemsex (sexe sous drogue), a été condamné jeudi à deux ans de prison dont un an avec sursis par le tribunal de Créteil. La peine ferme s'effectuera sous la forme de bracelet électronique. Tuan N. devra également verser 25.000 euros à la partie civile au titre du préjudice moral.

Mélange alcool et drogue

En mai 2018, Christophe Michel est décédé alors qu'il était chez Tuan N., un homme qu'il avait rencontré sur une application de rencontres. A son arrivée dans l'appartement de Tuan N., Christophe avait déjà bu de l'alcool, selon les éléments de l'enquête. Cela n'a pas empêché Tuan N. de proposer à son partenaire de la MDMA et du GBL. Associé avec l'alcool, le GBL peut s'avérer extrêmement dangereux. Il peut entraîner des pertes de conscience qui peuvent mener à des comas ou à la mort. Ce fut probablement le cas pour Christophe Michel, dont l'expertise toxicologique réalisée post-mortem a conclu que l'association de MDMA, GBL et alcool "a pu être à l'origine d'une intoxication aigüe".

Devant le tribunal, Tuan N. a déclaré avoir surpris Christophe en train d'ingérer du GBL à la bouteille. "J'ai hurlé, j'ai paniqué, je lui ai dit: Ce n'est pas de l'eau !", a sangloté le prévenu, "visiblement bouleversé" selon l'AFP. Selon le prévenu, Christophe se serait ensuite assoupi. Pour Tuan M., un simple "G-Hole", un malaise créé par l'absorption de GBL dont on se réveille "quelques heures plus tard", selon lui. Mais lorsqu'un autre partenaire contacté sur une application de rencontres cette même nuit arrive au domicile de Tuan N., il trouve le corps de Christophe M. "déjà froid" et appelle immédiatement les pompiers, selon l'instruction. Pour l'avocat de la défense, M. Tuan n'avait "pas conscience de la gravité de la situation." 

Le chemsex "très sous-estimé"

La défense avait plaidé la relaxe arguant que c'est "le mélange (d'alcool et de stupéfiants) qui est à l'origine du décès" et que c'est l'alcool "consommé à l'extérieur du domicile" de Tuan N. qui s'est révélé "dangereux avec le GBL". Jean-Luc Romero-Michel, qui s'est longuement exprimé sur son deuil dans un livre dénonce "des faits incohérents". Pour l'élu au Conseil de Paris, "il ne s'agissait pas seulement d'une séance de chemsex qui a mal tourné", et son mari connaissait très bien les risques associés au mélange d'alcool et de GBL, notamment pour avoir travaillé au sein d'associations de prévention contre les produits stupéfiants.

La pratique du chemsex a de nombreux adeptes dans la communauté gay, mais les risques sont encore trop souvent méconnus, malgré le travail de prévention des associations. Dans une interview que nous avait accordé Jean-Luc Romero à l'occasion de la parution de Plus vivant que jamais, le militant déplorait que "pas un seul ministre de la Santé n'a quelque chose a dire là-dessus, alors qu'il est urgent d'informer les gens sur le chemsex, et plus largement sur les drogues de synthèses." "Le phénomène général de prise de drogues de synthèse est très sous-estimée, et, comme le sida, met mal à l’aise les autorités. On préfère rester dans la clandestinité, laisser les assos faire leur tambouille, informer tant qu’elles peuvent... Mais on va vers quelque chose de très grave."

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Recommandations pour réduire les risques

Pour réduire les risques, plusieurs conseils sont à appliquer. Il est notamment conseillé de surveiller sa consommation et d'inscrire l’heure et la dose de chaque prise pour être sûr de bien les espacer et éviter ainsi une surconsommation. Il est également conseiller de faire tester les produits que l'on consomme. Pour connaître la composition exacte d’un produit, il est possible d’analyser un échantillon dans un centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) ou auprès de l’association Aides. Des sites spécialisés (psychoactif.org ou technoplus.org) contiennent de nombreuses informations sur les différents produits (dosage, effets, risques, etc.). Dans le feu de l'action, Aides recommande de commencer par une très petite quantité et d’attendre 45 minutes minimum avant toute nouvelle prise.

Et évidemment, il est essentiel de faire attention à nos partenaires. En veillant au consentement de chacun, mais aussi en étant vigilant de leur consommation et de leur état. Au moindre doute, prévenez les urgences (112), le Samu (15), ou les pompiers (18). Ne mettez pas votre vie en danger, et protégez celle des autres. Toutes les recommandations sont disponibles ici. 

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