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Un livre qui apprend aux lycéens à « ne pas succomber » à l’homosexualité fait polémique

Un livre, qui serait disponible dans certains collèges et lycées, enseigne que l'Église invite les homosexuels "à ne pas succomber à leurs pulsions". Mais aussi que le mariage pour tous serait une loi injuste et que les couples homoparentaux n'existent pas.

Article mis à jour le 24/03/2021 à 9:07 

Encore un autre. Un livre relaie que "l'Église souffre de voir l'homosexualité banalisée et mise au même niveau que l'amour homme-femme". Selon le compte Le Coin des LGBT+ sur Twitter, l'ouvrage Questions de vie (édition Mame) : Le livre de la vie chrétienne des jeunes, de Sophie de Mullenheim, serait utilisé dans les classes de plusieurs lycées publics et privés. Il serait également à disposition des élèves dans plusieurs CDI, alors qu'il enseigne à des enfants de nombreuses leçons (très) problématiques. Mais quatre lycées cités par le compte ont démenti, dans Libération, mettre à disposition ce livre.

«On a demandé aux proviseurs des trois lycées de vérifier : ce n’est pas un ouvrage scolaire et ils ne l’ont pas dans les rayonnages de leur CDI. Pas plus qu’il n’a été diffusé en classe», indique à Libération  le ministère de l'Education nationale. Mais le détenteur  du compte Le Coin des LGBT persiste et signe : «Plusieurs élèves m’ont fait remonter sur Instagram que le manuel était soit laissé à disposition dans les CDI ou aumôneries, soit utilisé (en cours de philo, éducation morale et civique, pastorale), selon les établissements." 

"Ne pas succomber"

Dans le livre en question, on peut lire que "l'Église ne condamne pas les personnes homosexuelles, même si elle n'approuve pas l'homosexualité. Elle accueille tous les hommes, quelle que soit leur orientation sexuelle et elle les invite à ne pas succomber (sic) à leurs pulsions et à vivre dans la chasteté". L'ouvrage, "d'un grand succès", selon l'éditeur, veut apporter "90 réponses aux questions de jeunes chrétiens sur la foi, le monde, le bien et le mal, leur avenir..."

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Résultat, "une attirance homosexuelle peut être une étape passagère", selon le livre. L'orientation sexuelle est qualifiée "d'inclination sexuelle". Elle est comparée aux appétences pour un futur métier : "tu veux être pilote de chasse. Demain, tu auras peut-être la bosse du commerce... Tu as bien le temps de changer. Ce qui est vrai pour ton futur travail l'est aussi pour ton inclination sexuelle (sic)".

"Les lois ne sont pas toutes justes"

Mais le livre, à destination des enfants est également un pamphlet contre le mariage pour tous. "La loi autorise deux personnes de même sexe à se marier, mais les lois ne sont pas toutes justes et celle-ci ne l'est pas (sic)". Il assène aussi des contre-vérités : "deux hommes ou deux femmes ne pourront jamais avoir d'enfants ensemble", oubliant que le mariage pour tous permet l'adoption aux couples homoparentaux, et que la PMA pour les couples de femmes est sur le point d'être adoptée en France. "Tout enfant à le droit de grandir avec un papa et une maman", conclut l'encadré.

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Enfin, page 64, le livre nie l'existence de la transidentité. "Cette théorie amène à croire qu'un garçon n'est qu'un garçon parce qu'il est éduqué comme tel et qu'on peut en faire une fille (sic) seulement en l'éduquant comme une fille... ce qui est absurde". Contactées par TÊTU, les éditions Mame, spécialisées dans les "livres pour vivre, célébrer et transmettre la culture et la foi chrétienne" n'ont pas souhaité commenter.

De nombreux ouvrages problématiques

Dans sa feuille de route pour les années à venir, le gouvernement indique que "la lutte contre l'homophobie et la transphobie est inscrite dans les programmes scolaires". Que le but "est de lutter contre les LGBTphobies, mais également de promouvoir une éducation inclusive, où les personnels et les élèves LGBT+ sont pleinement pris en compte". Le cabinet de la ministre en charge de l'Égalité a annoncé se "rapprocher de l'Éducation nationale". Mais, ces livres qui ne devraient pas être lus par des enfants sont régulièrement pointés du doigts par les militants LGBTQI+.

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Début mars, un manuel d'histoire-géographie était aussi critiqué. Il indiquait que l'orientation sexuelle est "librement choisie". En décembre dernier, un autre écrivait que "l'homosexualité résulte souvent d'une évolution psychique marquée par l'influence excessive ou insuffisante du père ou de la mère dans l'enfance ; ou suite à des perversions d'adultes (sic) qui ont provoqué une attirance pour le même sexe, ou une peur de l'autre sexe (sic)". "La tendance homosexuelle (sic) n'est pas voulue, et ne rend pas spécialement heureux (sic)".

 

Mise à jour le 24 mars, à 9 heures : démenti des lycées dans Libération

 

Crédit photo : Unsplash / Eliott Reyna


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