Plus de trois ans après la mort du collégien de 13 ans, quatre adolescents ont été reconnus coupables par la cour d'appel de Paris. Il s'agit de la première condamnation pour le délit de harcèlement scolaire, créé en 2022.
C'est la fin d'un long parcours judiciaire pour la famille de Lucas. Depuis le suicide du collégien de 13 ans, le 7 janvier 2023 dans les Vosges, sa mère se bat pour faire reconnaître le harcèlement scolaire dont l'adolescent a été victime. In fine, la cour d'appel de Paris a condamné quatre élèves pour ce motif, dans une décision prononcée le 10 juin mais qui vient seulement d'être rendue publique. C'est la première fois qu'une condamnation est prononcée pour harcèlement scolaire, ce délit spécifique ayant été créé en 2022.
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L'arrêt de la cour d'appel casse une précédente décision, prononcée en 2023 par la cour d'appel de Nancy, laquelle avait relaxé les quatre élèves condamnés en première instance. La décision reconnaissait bien le caractère "odieux" des insultes reçues par le jeune Lucas, mais concluait à leur "absence d'effet démontré (…) sur la santé mentale de Lucas", le garçon n'ayant pas laissé d'explication de son geste. Le parquet général et la mère de Lucas s'étaient alors pourvus en cassation, qui a annulé en octobre 2025 la première décision d'appel.
Un harcèlement scolaire homophobe
S'il n'est toujours pas démontré que le harcèlement est la cause du suicide du collégien, la cour d'appel de Paris retient "une dégradation de ses conditions de vie" ainsi que le caractère homophobe du harcèlement, déjà constaté par une enquête administrative de l'Éducation nationale. Les injures visaient bien, soulignent à leur tour les magistrats, "à stigmatiser Lucas en raison de son orientation sexuelle, qu'il assumait et qui était connue de tous". Les quatre adolescents reconnus coupables, âgés de 13 ans ou moins au moment des faits, devront désormais retourner devant la justice des mineurs, à Épinal, qui déterminera leurs sanctions.
"La mère de Lucas est profondément soulagée de cette décision qui rend justice à son fils", réagit l'avocate de la famille, Me Catherine Faivre, auprès de têtu·. "Je souhaite que la justice tranche que le harcèlement a bien eu lieu, comme l'indique d’ailleurs l’enquête administrative. On n'est pas là pour pointer du doigt les harceleurs mais pour les éduquer", nous confiait l'intéressée, Séverine Vermard, en 2024 lors de la publication de son livre en hommage à son fils. Elle entend aujourd'hui poursuivre son combat en faisant de la prévention auprès des établissements scolaires à travers son association Lunah, fondée avec son avocate. Et celle-ci d'insister : "Le contexte de la rentrée scolaire rappelle que la lutte contre le harcèlement scolaire doit demeurer une préoccupation majeure."
Crédit photo : Jean-Christophe Verhaegen / AFP