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personnages LGBTLes 20 personnages de série qui ont changé nos vies

Par tetu le 05/05/2019
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Les séries sont-elles prémonitoires, ou est-ce que ce sont elles qui font changer les mentalités ? Depuis les années 80, plusieurs personnages de série ont permis de visibiliser les personnes LGBT et leurs luttes. Tour d'horizon - non exhaustif - de celles et ceux qui ont changé nos vies.

Steven Carrington - "Dynastie"

"A partir de maintenant, je vais vivre ma vie à ma façon. Je suis un homosexuel papa. Je suis gay, et je veux que tu le dises." C'est ainsi que le personnage de Steven Carrington, fils mal-aimé de la série Dynasty, annonça, au début des années 80 - et en prime-time - son homosexualité devant des millions de téléspectateurs. Il fut le premier personnage gay d'une série grand public. En France, les traducteurs ont jugé bon de remplacer le terme "gay" par "malade", ce qui en dit long sur les différences de mentalités que l'on observe encore parfois entre l'Hexagone et les Etats-Unis...

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Shane - "The L Word"

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A-t-on encore besoin de présenter Shane ? Un personnage iconique de la série "The L Word", qui suit le quotidien de femmes lesbiennes à Hollywood. Cette androgyne à la voix grave incarne LA tombeuse de la série. Il n’y a qu’à regarder les trois premières minutes du pilote pour le comprendre. Impulsive, infidèle et fêtarde, elle peut aussi se révéler être un coeur d’artichaut. Un personnage qu’on aura grand plaisir à retrouver pour le reboot de la série mythique prévu pour fin 2019.

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Will - "Will and Grace"

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Il ressemble à un hétéro, il parle comme un hétéro... mais il n'est pas hétéro. Dans cette série devenue culte pour une majorité d'entre nous, Will incarne une certaine vision de l'homosexualité. Une vision qui peut aussi faire grincer des dents. C'était l'une des première fois que la télévision donnait à la fois le premier rôle, et la moitié de son nom, à un personnage ouvertement homosexuel. Will gagne bien sa vie, aime son boulot d'avocat, vit en coloc avec sa meilleure copine Grace, et bien sûr, il cherche l'amour. Contrairement à Jack, son ami truculent qui l'a aidé à s'assumer, Will est un homo plus rangé, et souhaite vivre une vie très "normale".  Il n'hésite pas à exprimer son désir de fonder une famille. Et plus que cela : un flashback dans le dernier épisode, diffusé en 2005, le montre avec un enfant. Et ça, c'était un grand pas.

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Jack McPhee - "Dawson"

La série pour ado culte de la fin des années 90 ne manquait pas de courage. Si le scénario reposait surtout sur les histoires d'amour de Dawson, Joey, Piercy et Jen, un des personnages secondaires a pris de plus en plus d'ampleur dans la série, au point de devenir une des icônes de toute une génération de gays. Viré de chez lui par des parents qui ne comprennent pas son homosexualité, il va trouver, auprès de ses amis, et notamment de Joey (Katie Holmes) un soutien bienveillant.  La série mettra en scène l'un des premiers baisers homosexuels dans une série populaire. Après son coming-out, à partir de la saison 3, lui aussi aura le droit - comme les autres - de vivre une relation amoureuse cucul à souhait. C'est aussi ça, l'égalité.

Willow Rosenberg - "Buffy contre les vampires"

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On peut dire qu’aujourd’hui Willow fait partie des meubles. Lycéenne nerd et meilleure amie de Buffy, elle va peu à peu se rendre compte qu’elle est dotée de pouvoirs hors normes. Jusqu’à devenir une vraie sorcière, totalement badass. Et surprise de taille : en parallèle, la jeune femme se rend compte de son homosexualité. Elle se mettra en couple avec Tara. Elles incarnent le tout premier couple lesbien dans une série TV américaine.

https://tetu.com/2018/07/06/productrice-de-buffy-contre-vampires-pense-a-ete-loin-tuant-personnage-lesbien/

Andrew Van de Kamp - "Desperate Housewives"

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Nombreux sont les spectateurs à s'être identifiés à Andrew Van De Kamp. Sans être un personnage principal de la série, ce rôle d'ado banal va au fil des huit saisons gagner en épaisseur et prendre une part croissante dans l'intrigue de la série. Incarné par Shawn Pyfrom, Andrew va connaître des premières amours secrètes, un coming-out difficile et de fortes tensions avec sa mère, Bree Van De Kamp, archétype de la républicaine pieuse et conservatrice. La relation mère-fils s'apaisera progressivement, passant du rejet brutal à l'acceptation. Un signe d'espoir et une trajectoire dans laquelle beaucoup d'homos (et de parents) se sont retrouvés.

 

Callie - "Grey's Anatomy"

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« Calliope » alias « Callie » est la titulaire en chirurgie orthopédique de l’hôpital Seattle Grace. Pas très sexy dit comme ça. Mais comme tous les médecins de cet hôpital, elle a une vie pleine de perpétuels rebondissements, surtout amoureux. Après avoir fréquenté des hommes (et même s’être mariée avec l’un d’entre eux) elle se rend compte de sa bisexualité. Son histoire avec Arizona, avec qui elle aura une fille, nous fera tout autant rire que pleurer. Fait rare, ce personnage bisexuel est joué par une actrice elle-même bisexuelle : Sara Ramirez (on l’adore).

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Kurt Hummel - "Glee"

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Kurt Hummel est l’un des personnages les plus attachants de la série musicale de Ryan Murphy. Joué par Chris Colfer, ce lycéen, d’abord dans le placard, parle rapidement de son homosexualité à ses amis et sa famille. Son coming-out à son père restera d’ailleurs l’une des plus belles scènes de la série. Mais être fier et out lui vaudra aussi de se faire harceler et brutaliser par plusieurs de ses camarades, au point de devoir quitter son lycée dans la saison 2. C’est à ce moment-là qu’il rencontre Blaine, élève dans sa nouvelle école, avec qui il vivra une magnifique histoire d’amour.

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Emmett Honeycutt - "Queer As Folk"

Pourtant personnage secondaire, Emmett Honeycutt a marqué de son empreinte la première série gay de l'histoire. Au point qu'il est encore régulièrement cité parmi les personnages préférés de "Queer As Folk". A une époque où l'une des rares représentation homo à la télévision française était Alain Bouzigues de "Caméra Café", Emmett a imposé la figure de la folle assumée et politique. Une libération et une source de fierté pour tous ceux qui sont harcelés car jugés trop "efféminés" par une société obsédée par la virilité. Emmett, un symbole toujours d'actualité.

Cameron et Mitchell - "Modern Family"

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Jamais, dans une série populaire, on avait suivi aussi longtemps le quotidien banal (et drôle) d'un couple de gays. Mitchell est un avocat discret, Cameron, un coach de football extravagant, et leur différence de personnalité n'a d'égal que leur amour. A travers leur histoire, et celle de leur famille (et belle-famille), ils ont donné au grand public (près de 15 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis) un aperçu non fantasmé de la vie d'un couple homo, et bousculé tous les codes. Cameron est aussi viril que folle, et Mitchell aussi froid que précieux. L'arrivée de leur fille, Lily, adoptée en Asie, va aussi permettre à la série d'aborder l'homoparentalité d'une manière rarement égalée.

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Thomas Marci - "Plus belle la vie"

C'est peut-être l'un des personnages qui aura le plus fait changer les mentalités en France. Thomas Marci est l'emblématique tenancier du "Mistral", le café de la série à succès "Plus Belle La Vie". Diffusée en access prime-time sur France 3, elle est, à ses pics d'audience, regardée  par près de six millions de personnes. Thomas Marci est un ami, voisin et patron bienveillant et attentionné. S'il a connu, au fil des 14 saisons, plusieurs déceptions amoureuses, il a finalement trouvé son prince charmant, et l'a épousé. L'interprète de Thomas Marci, Laurent Kérusoré, s'est d'ailleurs lui-même engagé en faveur du mariage pour tous. Son exposition et son rôle de personnage homosexuel lui ont toutefois valu plusieurs agressions à Marseille, la ville où est tournée la série.

 

Sophia Burset - "Orange is the new black"

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C’est l’une des premières fois que l’on a vu un personnage trans’ joué par une actrice transgenre, qui plus est afro-américaine, dans une série à succès. Et c’est suffisamment rare pour le souligner. Dans "Orange is the new black", Laverne Cox incarne Sophia Burset, détenue incarcérée dans la prison pour femmes de Litchfield. Elle y tient le salon de coiffure, ce qui lui permet d’être respectée par les autres détenues. Jusqu’à un certain point. Là-bas, elle subit des violences, de la transphobie, inhérentes à la société et démultipliées en prison, où on la prive de son traitement hormonal. Un personnage avec un passé douloureux - Sophia a un fils qui refuse au début de la voir -, mais au courage qui force l’admiration.

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Dom - "Looking"

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Dom, c'est le grand sage de la bande de "Looking". Mais sage, il l'est surtout pour les autres. A presque 40 ans, il vit encore comme un mec de 20 ans. Célibataire, il vit avec sa meilleure copine, travaille comme serveur et sommelier dans un restaurant de San Francisco, et ça ne lui convient plus. Tout comme le sexe sans lendemain, qu'il pratique pourtant à haute dose. Sa crise existentielle, à la fois sur le plan professionnel et sur le plan intime, est peut-être une des rares fois où la télé s'est interrogé sur le vieillir gay. Et son dénouement, à la fin de la deuxième saison, pourrait inspirer plus d'un quadra déprimé...

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Nomi Marks - "Sense 8"

Comment parler de "Sense8" sans parler de Nomi Marks ? Un personnage trans', joué par une personne trans', c'est une double dose de visibilité. Hackeuse émérite, blogueuse politique, Nomi forme un couple de choc avec sa femme Amanita, qui la sauvera même d’une lobotomie ordonnée par sa mère, incapable d’accepter sa transidentité. Le parcours chaotique de Nomi vers l’acceptation de sa famille et de la société révèle sans filtres les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes transgenres.

 

Andrea Martell  - "Dix pour Cent" 

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Andrea Martel (Crédits photo : France Télévisions)

Andréa a réussi l’impossible. Réunir la communauté lesbienne (oui, oui rien que ça), pourtant diverse et variée. Mais elle s’est littéralement entichée d’elle. Martel (Marteau pour les intimes), jouée par Camille Cottin, est une passionnée, doublée d’une grande gueule. Impresario de stars à l’agence ASK, cinéphile, elle n’accepte pas l’échec et suit toujours son instinct. Ce qui fait d’elle un personnage profondément drôle et attachant. Don Juan (coucou Shane !), elle a ce petit je-ne-sais-quoi qui nous a toutes fait craquer. Mention spéciale pour ce personnage, qui a permis de visibiliser les sujets centrés autour de la parentalité des couples homosexuels, le tout sur France 2, en prime-time.

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Eric - "Sex Education"

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Il est l’un des personnages gays afro-américains les plus étincelants que nous ont offert les séries dernièrement. Avec, sans aucun doute, l’incroyable Pray Tell, incarné par Billy Porter dans “Pose”. Eric Effiong, joué par Ncuti Gatwa, donne à voir dans “Sex Education” un personnage complexe, drôle, à la fois fragile et d’une force inouïe. Issu d’une famille très traditionnelle - tout l’inverse de celle de son meilleur ami Otis et de sa mère sexothérapeute, incarnée par Gillian Anderson -, Eric s’affranchit peu à peu des codes pour assumer pleinement son identité. Et le résultat est jouissif, parce qu’il devient un modèle pour nous toutes et tous, y compris pour les plus réfractaires de son lycée. Une icône queer comme on en voit rarement, dans une série qui aborde la sexualité et l’adolescence avec une grande intelligence.

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Elena Alvarez - "One day at a time"

https://www.youtube.com/watch?v=fcgLCi9nlm0

Vous serez peut-être rebutés par les rires pré-enregistrés de cette sitcom. Vous vous direz que c’est une série comique de plus, somme toute assez banale. “One day at a time” est bien plus que ça. Et le tollé provoqué par son annulation sur Netflix l’a prouvé. “Un jour à la fois” - sa traduction française - raconte l’histoire d’une famille américaine d’origine cubaine, qui vit à Los Angeles. Penelope Alvarez élève seule ses deux enfants, Elena et Alex, depuis qu’elle est divorcée de son mari. Avec une aide précieuse, bien qu’elle soit tentée à plusieurs reprises de la mettre à la porte : celle de sa mère, Lydia, un rôle haut en couleur interprété par Rita Moreno, qui ne cesse de nous faire rire et de nous émouvoir au fil des épisodes. Une grand-mère très traditionnelle, mais pleine de surprises, notamment lorsqu’elle réagit au coming-out de sa petite fille, Elena. Cette dernière, très militante et féministe, ne va cesser de vouloir éduquer son aînée, ainsi que son frère. A travers elle, la série aborde avec intelligence, humour et finesse, une masse importante de problématiques : le féminisme intersectionnel, le racisme, les questions de genre, l’homosexualité, la masculinité toxique, la dépression, la religion, l’alcoolisme, la politique LGBTphobe de Donald Trump… A regarder et diffuser autour de vous sans modération.

Alec Lightwood - "Shadowhunters"

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Non seulement il est canon, mais c’est aussi l’un des meilleurs chasseurs d’ombre qui existe. Alexander (alias Alec) Lightwood, interprété par Matthew Daddario, est un des personnages clés de la série Netflix Shadowhunters. C’est au gré de quelques crises de jalousie avec son parabatai Jace, et surtout quand il rencontre le sorcier Magnus Bane, que l’on comprend qu’il est homosexuel. Sous la pression familiale, il passera quand même à deux doigts d’épouser une femme. Si la présence d'un personnage homosexuel n’a rien de révolutionnaire dans une série en 2019, on se réjouit de la place que l’histoire d’amour entre Alec et Magnus a pris dans le show.

La Hyène - "Vernon Subutex"

https://www.youtube.com/watch?v=sWGVwfY754o

Si vous n’avez pas encore regardé “Vernon Subutex”, diffusée depuis le 8 avril sur Canal+, ne tardez plus. Car bien que les avis sur cette série adaptée des romans de Virginie Despentes soient partagés, un personnage porte à lui seul les neuf épisodes. Non, ce n’est pas Vernon, incarné par le néanmoins talentueux Romain Duris. Mais celui de La Hyène, détective lesbienne aussi détraquée, charmeuse, que redoutable. Un peu notre équivalent de “Shane” à la française - héroïne iconique de la série “The L Word” qui a fait fantasmer plus d’une femme. Céline Sallette, qui l’incarne, semble avoir ce personnage dans la peau, des tatouages qui recouvrent son corps à son allure intrépide dès lors qu’elle chevauche sa moto. Très vite, elle a un crush sur Anaïs, jouée par la chanteuse Fishbach. Et nous aussi. Mais par La Hyène, notre coeur était déjà pris.

Et un bonus sexy...

Lito Rodriguez - "Sense 8"

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Un acteur de telenovela adulé par toutes les mexicaines... et dans le placard. C'est la vie difficile de Lito Rodriguez, qui se bat pour tenter de conserver son secret. Jusqu'à ce qu'on le fasse chanter, et qu'on rende publique une vidéo de ses ébats avec son amoureux, Hernando. Au-delà de pointer du doigt la difficulté pour les acteurs, et les personnalités en général, de faire leur coming-out, la série a aussi réussi à caster le couple gay le plus sexy qui ait existé à l'écran. Et les nombreuses scènes de sexe entre eux (et parfois avec des ami.e.s) n'ont fait que nous le confirmer.