Récits queers, romances lesbiennes, drames gays... Voici les films préférés de la rédaction de têtu· en 2025.
- LE CHOIX DE NICOLAS : Alpha, de Julie Ducourneau
Peut-on encore faire un grand film sur le sida après Plaire, aimer et courir vite ou 120 battements par minutes ? Julia Ducournau a relevé le défi dans Alpha, décrivant l’atmosphère des années 1980 par la transformation de ses personnages en statues de marbre, victimes d’une maladie dont le nom est tabou. Le personnage gay interprété par Finnegan Oldfield, instituteur dont le conjoint est contaminé, nous renvoie tendrement à la fidélité qui dépasse l’épreuve.
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- LE CHOIX DE TESSA : La Petite Dernière, de Hafzia Herzi
La Petite Dernière suit Fatima, une jeune femme issue d’une famille musulmane de banlieue, prise entre sa foi, sa vie familiale et la découverte d’un désir lesbien qu’elle peine encore à nommer. Ce que réussit le film de Hafsia Herzi, c’est de ne jamais écraser le roman éponyme de Fatima Daas sous le poids de l’explication. Refusant le procédé du récit édifiant, l’adaptation respecte les conflits internes du texte original : Fatima avance au carrefour de plusieurs identités qui apprennent à coexister, sans hiérarchie ni résolution. Le film travaille ainsi les marges et les interstices, là où l’identité se vit plutôt qu’elle ne se proclame.
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- LE CHOIX DE FLORIAN : Love Me Tender, de Anna Cazenave-Cambet
Dans Love Me Tender, Clémence confie à son ex-mari avoir des aventures avec des femmes. Peu après, il engage des poursuites pour lui retirer la garde de leur fils. En adaptant au cinéma l’auto-fiction de Constance Debré, la réalisatrice Anna Cazenave Cambet (De l’or pour les chiens) offre une représentation simplement inédite : celle d’une héroïne qui est à la fois femme, mère et lesbienne, conjuguant ces identités sans jamais qu’elles n’engendrent de conflit interne. Et puis il y a cette scène finale, qui reste avec nous longtemps après le visionnage.
- LE CHOIX DE LAURE : La "Trilogie d’Oslo", de Dag Johan Haugerud (Rêves, Amour, Désir)
Dans cette fresque sensible, le réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud sonde avec finesse le sentiment amoureux, le couple et les fantasmes avec l’intelligence d’un homme gay qui pose un regard queer sur le monde émotionnel et sensuel de ses congénères. En mêlant hyperréalisme et onirisme, il offre une trilogie magnétique et brillante. Mention spéciale pour Amour, qui montre combien les hétéros ont à apprendre de la sexualité et des modes relationnels queers.
- LE CHOIX DE MAURINE : Des preuves d’amour, d'Alice Douard
À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, Alice Douard pense la question de la maternité sous l’angle lesbien. Avec tendresse et humour, on y rencontre Céline et Nadia campées respectivement par Ella Rumpf et Monia Chokri. Le temps d’une grossesse, elles se préparent à être parents à la fois intimement mais ausi aux yeux des autres et de la loi. Même si la réalité des combats administratifs et des drama intrafamiliaux sèment quelques embûches, c’est surtout une romance lesbienne drôle qui finit bien !
LE CHOIX DE DAVID : Les enfants vont bien, de Nathan Ambrosioni
Voilà déjà trois films que Nathan Ambrosioni, 26 ans seulement, creuse le thème de la famille, avec une justesse et une délicatesse impressionnantes. Avec Les enfants vont bien, le jeune prodige du cinéma français réunit un casting irrésistible (dont Camille Cottin, en couverture du têtu· de l’hiver, dans un nouveau rôle lesbien) et aborde un thème rare, celui des disparitions volontaires.
- LE CHOIX D’IVAN : Queer, de Luca Guadagnino
Drew Starkey, Omar Apollo et Daniel Craig dans le même film : merci Luca Guadagnino ! Tiré d'’un texte de William S. Burroughs, son film Queer est une folle histoire d’amour et de rejet de soi-même. Et les costumes sont signés par Jonathan W. Anderson, qui est même allé chercher des caleçons des années 1950 pour rester fidèle à l’époque.
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